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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 19:39

Mardi 28 août : arrivée à Pingyao vers 8h du matin par le train de nuit, à nouveau sous la pluie. Première chose : trouver "Harmony guesthouse" pour récupérer mon billet de train pour Xi'an pour le soir même. En effet, j'avais demandé au CITS de Datong de réserver mon billet de train Pingyao-Xi'an; il l'a fait mais il ne me l'a pas donné. Il m'a dit que je devais aller le chercher à la guesthouse Harmony. Je n'étais pas vraiment surprise car je savais qu'il y a des "magouilles" au niveau des billets de train à Pingyao. En fait, le système est très spécial  : il paraît qu'il est impossible d'acheter directement à la gare un billet Pingyao-XI'an : il faut nécessairement passer par un intermédiaire; par exemple, l'une des nombreuses auberges de la ville. J'ai donc payé 10 yuans au CITS de Datong et 140 yuans à la guesthouse à Pingyao alors que le billet coûtait, en réalité, 99 yuans ! Ils s'offrent donc de belles commissions. Malheureusement, tous autant que nous sommes, pauvres petits étrangers, devons passer par là. Tout le monde sait que ça fonctionne de cette façon et, pourtant, nous ne pouvons rien y faire ! Se plaindre ? à qui ? il n'y a pas d'office de tourisme. Nous n'avons pas le choix ! 
Donc, alors que je commence à chercher mon chemin, un employé de la guesthouse, présent à la sortie de la gare, m'aborde. Voilà qui tombe bien : avec deux Italiens qui sont dans la même situation que moi, nous prenons une sorte de pousse-pousse motorisé qui nous amène à la guesthouse. La-bas, oh ! surprise ! je retrouve mes deux Anglaises (qui sont arrivées la veille à Pingyao alors que moi j'étais toujours à Datong). Elles ont logé à la guesthouse car elles aussi doivent récupérer leur billet de train pour Xi'an. Je retrouve également d'autres étrangers que j'ai déjà croisés : le monde est petit ! C'est surtout que l'organisation touristique en Chine laisse parfois à désirer et que tous les étrangers sont obligés de passer par les mêmes filières, les mêmes organisations,... là où il existe un minimum de possibilités pour voyager lorsqu'on ne parle pas chinois. C'est pourquoi au cours de mes 15 jours de voyage, je n'ai pas cessé de voir et revoir des étrangers avec qui j'avais voyagé ou fait un bout de chemin. 

Malgré la pluie, je décide de commencer la visite de la ville toute seule car les autres n'ont pas l'air très pressés de sortir par ce temps. Mais, je n'ai qu'une journée pour voir Pingyao; je ne vais pas me payer le luxe de faire la délicate !

P8280742.JPG Je débute ma visite par le tour de la muraille d'enceinte. Les murs de la ville d'une hauteur de 6 à 10m courent sur une longueur de 6km. De la muraille, on peut avoir un aperçu sur l'organisation spatiale de la ville et, surtout, voir qu'à l'exception des artères principales, le reste de la ville est dénué d'intérêt ! 









P8280747.JPGSi dans les grandes rues, de belles maisons sont intéressantes à visiter, dans le reste de la ville, les maisons sont pauvres, - certaines sont de véritables taudis - et les rues sales. En me promenant sur la muraille, la première impression que j'ai eu de la ville peut être résumée par 2 adjectifs : "grise" et "triste". Je sais que mes deux amies anglaises ont, contrairement à moi, trouvé que Pingyao est l'un des plus jolis sites qu'elles aient vus. Je pense que s'il n'avait pas plu, j'aurais peut-être trouvé la ville plus agréable mais j'en doute car il manquait un élément essentiel : aucun arbre, aucune rivière, aucun étang, aucune fleur... A Pingyao, il n'y a que des rues, des maisons et des murailles, mais il n'y a aucun espace vert. Et, vous savez que si j'ai adoré le palais d'été à Beijing ou le parc impérial à Chengde, c'est que, justement, la nature y jouait le premier rôle.! Dès lors, pas étonnant que je n'ai guère apprécié Pingyao.

P8280710.JPGCela dit, les artères principales valent le coup d'oeil : la ville conserve de nombreux bâtiments civils d'une jolie architecture des 18è et 19è siècle, avec des rues entières bordées de maisons en bois aux fenêtres à croisées en papier sous de larges auvents. Pingyao compte, en outre, plusieurs monuments intéressants : un temple de Confucius, un temple taoïste, la tour du Marché et une banque qui rappelle que Pingyao fut le plus grand centre bancaire de toute la Chine au XIXe siècle et au début du XXe siècle




P8280810.JPG













Je crois que j'ai été trop sévère avec Pingyao. Après tout, la ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1997 ! Je suis sûre que si on la visite sous le soleil ou qu'on la voit le soir, illuminée par tous les lampions rouges, elle doit être très jolie. Il est évident que si vous avez l'occasion, vous devez y aller car c'est l'une des rares villes fortifiées intactes de Chine et que les demeures sur les rues principales sont magnifiques même s'il ne s'agit plus maintenant que d'auberges, de musées ou de magasions de souvenirs.

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 16:40

Lundi 27 août : improvisation totale. A vrai dire, j'ai hésité jusqu'au dernier moment : rester à Datong 2 jours ou aller à Taiyuan (il y a des choses à visiter mais cela me ferait faire un détour alors que je peux aller directement en train de Datong à Pingyao) ou encore au mont Wutaishan (l'une des 4 montagnes sacrées du bouddhisme en Chine mais pas évident en une journée sachant qu'il faut composer avec les horaires de train). Je choisis le plus simple : rester une deuxième journée à Datong. 

Alors que je m'apprête à chercher quel bus pourrait bien m'amener jusqu'à la pagode Yingxian, je me fais aborder par un chauffeur de taxi qui me propose différents circuits dont ceux que j'ai fait la veille. Puisque c'est lui qui m'a abordé le premier, je le laisse parler pour voir quels tarifs il propose. Finalement, je finis par négocier un tarif pour la journée : 140 yuans pour aller à la pagode Yingxian et au mont Hengshan (l'une des 5 montagnes sacrées en Chine)
 où j'avais vu le monastère suspendu la veille.

P8270652.JPGLa pagode Yingxian est la seule pagode entièrement construite en bois qui subsiste en Chine. Bâtie sous la dynastie des Liao en 1056, cette pagode en bois de sapin et de plan octogonal fait plus de 67m de hauteur. Ce qui est décevant avec les pagodes, c'est qu'on ne peut généralement pas les visiter. Ici, on peut voir une statue de bouddha au rez-de-chaussée et l'on peut également accéder au premier étage. Mais c'est un peu creux : 60 yuans uniquement pour cela.... Je trouve que cela fait cher (vous allez me dire que 6€, ce n'est rien; mais désormais, je pense à la chinoise !) même si je veux bien croire qu'il s'agit d'un des plus célèbres monuments en bois de la Chine ancienne.

Je remonte dans le taxi. Nous repassons devant le monastère suspendu et traversons un col pour nous arrêter dans une autre partie du Hengshan. Ici, il y a beaucoup moins de touristes mais le cadre est très agréable : je suis entourée de montagnes et, en cadeau, le soleil est revenu ! Rien n'est indiqué en anglais : je ne sais même pas le nom du temple que je suis allée voir (je n'ai que le nom en caractères chinois). 

P8270696.JPGCe n'est pas grave, j'ai beaucoup apprécié ma visite : un temple niché au creux de la montagne dont les bâtiments sont dispersés partout au pied des rochers et au milieu des arbres. Une agréable montée y conduit.






P8270673.JPGLa preuve que le lieu n'était guère fréquenté : alors que je marchais sur l'un des sentiers, un serpent (une vipère ?) est passé juste devant moi; j'ai bien failli l'écraser, d'autant que l'on ne le distinguait guère avec sa couleur qui se confondait avec celle du sol...




Ah, mais j'allais oublier.

P8270677.JPGAlors que j'observais l'un de bâtiments, un vieux monsieur - j'ignore s'il s'agit d'un pélerin, d'un gardien ou d'un moine - qui était à l'intérieur, m'a fait signe d'entrer. C'est donc ce que j'ai fait : à ce moment-là, l'homme m'a mis dans les mains 3 bâtons d'encens qu'il fallait que j'allume et que je pose auprès de ceux qui brûlaient déjà. Ensuite, il m'a fait prier (3 prosternations, heureusement que j'avais déjà observé comment les Chinois faisaient !). Et, pour finir, il m'a fait tirer au sort un papier : c'est un bon présage et je dois le garder avec moi , m'a-t-il dit, (en réalité, tout s'est déroulé en chinois, donc je ne suis pas certaine que ce soit vraiment ce qu'il ait affirmé... ). Il faudra, à l'occasion, que je fasse traduire le papier par une amie chinoise, histoire de voir ! C'était la première fois que je priais "pour de vrai" dans un temple. Et même si je ne suis pas bouddhiste, cela fait partie des très bons souvenirs, des petites surprises agréablement inattendues de mon voyage !

Je n'avais pas du tout prévu d'aller voir ce temple, à l'origine. Je ne me suis décidée que parce que le chauffeur de taxi ne voulait pas m'emmener seulement à la pagode (cela faisait beaucoup de trajet; il voulait négocier une somme plus importante quitte à rajouter quelque chose); mais je n'avais rien lu à son sujet dans mes guides. Finalement, je suis ravie de m'être laissée convaincre. J'ai préféré de loin ce temple à la pagode car il est, notamment, situé dans un très beau cadre naturel: tranquillité, fragrances de l'encens, reflets du soleil sur les tuiles, musique de la nature qui chante et enchante...

A la réflexion, ce n'est pas si facile de raconter mon voyage : j'ai un problème avec les adjectifs laudatifs ! Tout m'a plu, tout m'a paru splendide, fanstastique, magnifique, merveilleux, époustouflant, grandiose et impressionnant.... Avant d'arriver en Chine, je pensais qu'après avoir vu la Cité Interdite, le Palais d'Eté, la Grande Muraille et l'armée de terre de Xi'an, le reste me semblerait un peu fade... Mais il n'en est rien, au contraire !

Hélas, je n'ai pas pu en profiter très longtemps car nous avions de la route pour rentrer à Datong avant 18h (pour récupérer au CITS mon billet de train pour Pingyao dont le départ était prévu le soir même). Le retour en taxi fut, d'ailleurs, assez homérique. Mon chauffeur voulant augmenter se recette de la journée a tenté tout au long de la route qui nous ramenait à Datong de prendre des clients supplémentaires. Autrement dit, freinages brusques et coups de klaxons toutes les 30 secondes, pendant tout le trajet de retour, pour prévenir les éventuels clients qu'il était prêt à les faire monter. Accélérations, coups de frein, klaxons, doublement par la droite ou la gauche, parfois en empruntant la voie inverse alors que des véhicules étaient juste devant nous.... Bref, la conduite à la chinoise ! Ouf, en sortant du taxi, j'avais les jambes flageolantes mais j'étais en un seul morceau....

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 19:01

Dimanche 26 août : arrivée à la gare de Datong. Je tends mon billet de train une dernière fois à une employée à la sortie du quai (je me demande bien pour quelle raison sachant que nos billets ont été contrôlés avant d'aller sur le quai et avant de monter dans le wagon...). A la sortie de la gare, je retrouve avec soulagement mes deux Anglaises. Il y a quelques autres étrangers également rassemblés là. Nous attendons, en fait, l'employé du CITS (China international Travel Service). N'allez pas croire qu'il s'agit d'un office de tourisme. Excepté Beijing où l'on peut trouver de "vrais" centres d'informations touristiques (et encore ! quand ils parlent anglais....); dans les autres villes : soit on se débrouille, soit on accepte les propositions (payantes) du CITS. Pour Datong, j'ai peu d'informations dans mon guide et comme tous les étrangers semblent recourir aux services du CITS, je suis donc le mouvement. En réalité, après avoir discuté avec d'autres étrangers au cours de mon voyage, il semble bien que le CITS de Datong ait la main mise sur toute l'organisation touristique : impossible de faire la moindre chose sans passer par lui qui se finance grâce aux petites commissions dont il bénéficie pour chaque "service" rendu (réserver un billet de train, une chambre d'hôtel...). C'est ennuyeux de se sentir manipulé et dépendant mais, en l'occurrence, nous n'avons guère le choix. Je fais donc réserver mon billet de train Datong- Pingyao pour le lendemain et apprenant qu'il peut également réserver le billet Pingyao-Xi'an, je m'empresse de lui demander de le faire. Pas la peine non plus de chercher une chambre d'hôtel, l'employé nous indique un hôtel en face de la gare. Il nous fait payer directement (35 yuans = 3,5 €; c'est plus que raisonnable !) et nous donne un papier à remettre à l'hôtel en échange. Entre temps, j'ai également réservé un circuit pour la journée puisque, bien évidemment, le CITS en propose. Nous avons tous choisi le même. Toutes ces transactions ont été menées d'une main de maître : on voit que tout ceci procède d'une pratique très courante.

9h : départ pour le monastère suspendu dans le district de Hunyuan (environ 70km de Datong). Malheureusement, il pleut à verse; le paysage est donc assombri
 et les photos ne sont donc pas très jolies.

P8260520.JPGIci, il ne s'agit ni de l'immensité de la Cité Interdite, du cadre naturel magnifique du parc impérial de Chengde ou de l'extravagance de ses temples. 
Non, la beauté de ce monastère suspendu réside dans la prouesse technique qu'il a fallu pour le bâtir : plaqué à une cinquantaine de mètres au-dessus d'un torrent, au flanc d'une falaise abrupte de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Il donne une image irréelle d’un temple infranchissable pour le commun des mortels,  un temple qui contemple les fonds des ravins qu’il surplombe.



P8260515.JPGEntre terre et ciel, sa situation est véritablement fantastique !


Les quelques 1400 ans d’histoires de ce lieux n’ont pas réussi à endommager le prestige du temple qui aurait du s’écrouler depuis longtemps en raison du climat défavorable – vents violents et tempêtes de sable – et de l’érosion mais surtout parce que le temple a été bâti avec du bois. Irrésistible au temps, le monastère suspendu, Xuankong si, est un endroit à visiter. L’intérieur est tout aussi impressionnant que l’extérieur du temple ; il regroupe 40 salles reliées entre elles par des passerelles d’une autre époque.







Nous avons déjeuné dans un restaurant à côté du monastère avant de reprendre la route en direction des grottes Yungang. Le trajet est assez long car si les grottes sont proches de Datong, le monastère est à 70km environ. Et c'était sans compter les avaries techniques : notre mini-bus est tombé en panne (il faut dire qu'il faisait un bruit terrible) ! Heureusement, nous n'étions pas très loin de Datong et nous avons rapidement pu prendre un autre mini-bus. Toujours est-il que nous ne sommes arrivés aux grottes Yungang qu'à 16h !

P8260624.JPGIl existe en Chine plusieurs sites de grottes où l'on peut admirer des sculptures bouddhiques mais je pense que celles de Datong, les grottes de Yungang, sont probablement les plus belles de part la taille des statues, leurs couleurs et leur conservation. Que l'on s'y connaisse ou non en bouddhisme, on ne peut qu'être admiratif devant la splendeur de leurs 252 grottes (dont seules une cinquantaine sont ouvertes au public)et leurs 51 000 statues qui représentent une réussite excepetionnelle de l'art rupestre bouddhique en Chine au 5è et 6è siècles.










Chaque grotte a ses particularités : les unes, ce sont leurs magnifiques couleurs 

P8260582.JPG













P8260611.JPGles autres, ce sont leurs statues colossales,
telles que ce bouddha assis, la plus grande statue de Yungang avec ses 17m de hauteur et ses 15,80m de largeur à la base.


















Ces grottes permettent également  de voir l'évolution de la sculpture bouddhique au cours des années : d'un style indien avec des motifs et des modèles empruntés au panthéon hindou, on passe progressivement à une sculpture sinisée.

Difficile, après cette plongée dans l'histoire et dans un univers si excpetionnel, de revenir à la réalité. Le soir, je me suis couchée tôt puisque la pluie s'était remise à tomber et que Datong est une des villes les moins jolies que j'ai vues. D'autant plus qu'il faut préciser que Datong est située dans le plus important bassin houillier de la Chine; d'où beaucoup de camions transportant du charbon, beaucoup de poussière, les routes sont recouvertes d'une pellicule noire. Cela plus le temps pluvieux n'ont malgré tout pas douché mon enthousiasme : s'il n'y a rien à voir à Datong (mis à part quelques beaux temples que je n'ai pas eu le temps de visiter), les alentours sont remarquables.

 

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