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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 14:30
En cherchant sur internet des informations sur les fêtes tibétaines pour essayer de comprendre celle à laquelle j'ai assistée à Jiaju, je suis tombée sur cet extrait de reportage de CCTV F, la chaîne française en Chine (câblée) que vous pouvez voir en cliquant sur ce lien . La première partie (Danba) donne une idée de ce que j'ai visité puisque je suis allée dans les villages que le reportage montre.

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 07:55
Le lendemain, nous avons fait un tour dans le village.

Le tour fut vite fait car le village ne comporte qu'une vingtaine de maisons.





































































Alors que nous traversions le village, une famille nous a fait signe d'entrer et nous a invités à déjeuner. En fait, la maison était pleine de gens, je pense que plusieurs familles étaient réunies. Ils nous ont installés dans une salle mais eux sont restés sur le toit (ils sont plats) : les femmes et les jeunes enfants d'un côté, les enfants moins jeunes ensemble et les hommes rassemblés un peu plus loin.









Je ne pense pas que les plats étaient typiquement tibétains; en tout cas, ils ressemblaient aux plats chinois habituels. Par contre, comme partout dans ces villages, ils nous ont servi leur infernale mixture : le thé au lait. J'ai oublié d'en parler jusqu'à maintenant mais je le trouve imbuvable. Il peut être léger mais parfois il est vraiment très fort et, alors, cela devient un calvaire pour finir son bol. Le goût est difficilement descriptible, c'est juste ... pas très bon. Mais c'est plein de vitamines et complète bien l'alimentation assez pauvre de ces régions éloignées, m'a-t-on expliqué. Certes,...

L'après-midi, nous sommes allés dans une autre maison chez qui étaient rassemblées plusieurs familles également. Nous y avons retrouvé notre hôte et sa famille.













Les hommes étaient à l'intérieur (à boire ? dans la région, les distractions sont limitées....) tandis que les femmes et les enfants étaient dehors. Les femmes ont commencé à danser (pour nous ?). C'était très agréable.





























Jolis vêtements encore une fois.


















C'est sur ces très beaux souvenirs que s'est achevé mon voyage dans le Sichuan. Le lendemain, nous avons repris le bus pour Chengdu. Mes compagnons sont rentrés chez eux dans le Yunnan et, moi, j'ai pris le train de nuit pour Guiyang la capitale du Guizhou, province voisine du Sichuan. Mais ceci est une autre histoire ...
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 07:05
Après deux merveilleux jours à Jiaju et dans les environs, nous avons repris un véhicule pour nous enfoncer encore plus loin dans les montagnes. Nous nous sommes rendus à Dangling, un minuscule village à une soixantaine de kilomètres de Danba.

Mais, il nous a fallu pas moins de 5h pour l'atteindre ! Il faut dire que la piste qui servait de route ne permettait guère de dépasser les 10km/h... Elle semble plutôt lisse sur la photo mais croyez-moi ce n'était pas le cas du tout.












Nous sommes arrivés vers 18h. Nous étions hébergés chez le chef du village dont voici une partie de la maison.



















Voici la salle principale (bien équipée comme vous voyez avec télé et enceintes) qui sert à la fois de salon, salle à manger et cuisine.













Les meubles sont très colorés.
















La partie cuisine




















Ne cherchez pas les toilettes : il n'y en avait pas. Lorsque j'ai voulu savoir où elles se trouvaient, on m'a répondu : "Tu vas où tu veux". Ah, euh... très bien. Finalement, ce n'est pas plus mal car au moins pas d'odeurs ni de visions d'horreur à supporter. Cependant lorsqu'il fait nuit noire, ce n'est pas très pratique. Je devais avoir l'air fine en train d'enjamber poules, porcs et autres animaux pour traverser la cour à la lumière de mon téléphone portable pour trouver un coin tranquille et un peu abrité...

A peine arrivés, nous avons pris un sentier pour nous rendre à une source d'eau chaude dont notre hôte avait parlé. Nous sommes partis au crépuscule et lorsque nous l'avons enfin atteinte, il faisait complètement nuit. Mais 4 villageois s'y baignaient. Gentiment, ils nous ont laissé la place rapidement. J'ai un peu hésité à y aller mais comme il faisait nuit et que nous n'y voyions rien et que les autres filles ne semblaient pas gênées par le fait que garçons et filles partagent le même bassin, j'ai plongé moi-aussi dans l'eau. Et c'était incroyable : autant l'air était glacial, autant l'eau était réellement chaude voire brûlante. Evidemment, il fallait s'allonger jusqu'au cou car si on laissait un bras à l'air, on sentait immédiatement le froid nous saisir. Nous avons passé au moins une heure dedans dans une ambiance très bon enfant et surtout magique. Imaginez un peu : il fait nuit, vous êtes allongé confortablement dans une eau brûlante sous un ciel scintillant de milliers d'étoiles, à plus de 3000m d'altitude, entouré de montagnes aux sommets enneigés et dans un silence total que ne vient troubler que le bruit des cascades environnantes. Encore un merveilleux souvenir !

Cependant, la sortie du bain fut terrible : pendant que nous étions bien au chaud, nos vêtements eux étaient glacés. Heureusement, la marche de retour nous a rapidement re-réchauffés. Lorsque nous sommes entrés dans la maison, mes compagnons ont éclaté de rire en me voyant : je ne m'étais pas rendue compte que des glaçons s'étaient formés au bout de mes cheveux (ceux qui avaient touché l'eau) ! C'est pour vous dire à quel point la température n'était pas très élevée !

Mais, les Tibétains ont une recette "traditionnelle" contre le rhume : le .... coca-cola chaud au gingembre .... Non, non, je n'ai pas fait d'erreur de frappe. A notre retour, j'ai vu la maîtresse de maison verser plusieurs bouteilles de pepsi (ça ne marche peut-être pas avec le coca-cola ?) dans un récipient qu'elle a posé sur la "cuisinière" et dans lequel elle a ajouté quelques morceaux de gingembre. Apparemment, cela fonctionne avec du thé aussi, si cela peut vous rassurer.... Alors, comment était-ce ? Bah, j'étais déjà enrhumée donc je ne ressentais guère le goût, mais c'était buvable. J'ai testé la version avec le thé : c'est quand même meilleur !


Le reste de la soirée fut très sympa. Le chef du village avait convié toute sa famille et des amis avec qui nous avons dû trinquer (je n'aime pas l'alcool, donc c'est plutôt une punition pour moi, d'autant qu'à la manière chinoise, c'est horrible : il faut le faire plusieurs fois et avec chacun ! A chaque fois je ne trempais que les lèvres dans mon verre mais les hommes, eux, vidaient leur verre d'un seul coup ! Ils étaient bien joyeux à la fin....).

La partie la plus intéressante à mon goût, fut celle où les femmes se sont rassemblées pour danser ensemble. Les danses tibétaines ne sont pas très compliquées : ce sont surtout des danses en cercle et les mouvements des bras sont toujours un peu les mêmes. Certaines ressemblent même à des danses bretonnes, je trouve. Si, si, sans rire. Evidemment, je n'ai pas pu y échapper, il a fallu que je participe aux danses aussi mais, au moins, pendant ce temps-là, je n'avais pas besoin de trinquer ! Ouf !






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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 06:18
Nous avons eu une chance incroyable car nous avons pu assister à une fête organisée dans le village de Jiaju. Je n'ai pas bien compris en quel honneur (mes compagnons de voyage m'ont dit qu'il s'agissait du 4ème jour après la fête du Printemps, mais je doute que les Tibétains se réfèrent aux fêtes chinoises... Enfin, soit, et alors ? Mais mes compagnons m'ont avoué de ne pas en savoir plus que moi). En tout cas, tous les villageois, en habits d'apparat, étaient présents ou presque et c'était absolument fascinant. Par contre, désolée pour le manque d'explications : j'ai vu plein de choses mais je suis incapable d'en comprendre la signification et mes amis chinois n'étaient pas plus informés que moi. Donc, je vais décrire ce que j'ai observé mais je ne puis en expliquer le sens.

Les messieurs

































Les dames





























L'une des activités consistait à faire le tour (au moins 3 fois) d'un ensemble de chortens pour avoir une année heureuse. C'est ce que sont en train de faire les femmes que vous voyez sur la photo.











Admirez les jolies coiffes brodées de fleurs qui sont plus belles vues de derrière que de devant.














Pendant ce temps, un groupe d'hommes dans un bâtiment (un temple ?) très simple étaient en train de jouer de divers instruments et de réciter ou chanter des mélopées.
Je n'ai vu aucun moine ou, en tout cas, personne vêtu comme un moine. J'ignore si leur façon de s'habiller est différente ou s'il s'agissait juste d'hommes dont le statut dans le village est différent et que c'est pour cette raison qu'ils peuvent diriger cette cérémonie (car vous allez voir qu'elle a plusieurs étapes).






Pendant ce temps-là également, des hommes et des femmes s'accroupissaient devant ces pots que vous voyez. En fait, ils contiennent de l'alcool et chacun se penchait pour en boire un peu à l'aide de sortes de pailles.
Que serait une fête sans alcool....

























Au bout d'un certain temps, hommes et femmes se sont rassemblés face à la cabane (le temple ?). Ils semblaient attendre quelque chose. Soudain, l'un des hommes à l'intérieur est apparu à l'une des fenêtres et a commencé à jeter à la foule des graines de quelque chose (un peu comme du blé). Les gens s'empressaient de les saisir au vol car, apparemment, plus on en a, plus l'année sera heureuse.

J'ai réussi à en attraper 4....






Un peu plus tard, 4 hommes sont sortis du mystérieux bâtiment en tenant dans leurs mains des offrandes (je suppose). Je ne saurais dire ce qu'elles représentaient. Toujours est-il que cela semblait être le moment le plus important de la fête car tous les habitants se sont précipités et se bousculaient pour pouvoir approcher ces offrandes et les toucher de la tête.








J'imagine qu'il s'agit d'une sorte de bénédiction.














Ensuite, une fois que tous les habitants ont reçu cette "bénédiction", tous les hommes de la cabane sont sortis et se sont alignés devant une sorte de cheminée où brûlait un feu. Ils ont commencé à jouer de nouveau de la musique et à se prosterner  et à lever les bras au ciel en criant certaines phrases de temps à autre. C'était un très étrange spectacle.









Alors que les festivités s'achevaient déjà et que les habitants prenaient le chemin du retour,













des hommes et des femmes se sont rassemblés et ont commencé à chanter en marchant lentement puis de plus en plus vite en faisant quelques mouvements avec les bras.












Cette fête reste un des plus beaux souvenirs de ce voyage et de tous mes autres, d'ailleurs, tellement c'était à la fois étrange, splendide (magnifiques costumes) et surtout fort (complètement authentique : ce n'était pas du tout fait pour les touristes, c'était une vraie fête. Nous nous trouvions juste là le bon jour au bon moment.)
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:06
Je suis définitivement tombée sous le charme de ce village.

Le cadre est somptueux : nous nous trouvons entourés de montagnes avec au fond de la vallée une rivière à l'eau turquoise dans laquelle se reflètent les miroitements du soleil. Les maisons en pierre toutes construites sur le même modèle architectural tibétain et décorées en rouge, blanc et noir sont harmonieusement réparties sur le flanc de la montagne.

Le site est sans doute touristique (puisqu'il faut payer un droit d'entrée) mais nous étions à peu près les seuls touristes à ce moment-là. Et, de toute façon, cela n'a rien à voir avec Lijiang dans le Yunnan (que je relègue en deuxième ou troisième place de mes endroits préférés en Chine) qui ne vit que pour et par le tourisme. Ici, les habitants mènent leur petite vie sans s'occuper de nous. Pas de boutiques de souvenirs, pas de rabatteurs,.... Rien ne vient défigurer la beauté du site. C'est si rare en Chine de voir un endroit aussi préservé !

Mais voyez plutôt :

















































































































Cet après-midi là, presque tous les habitants se trouvaient réunis dans la cour de l'école où ils assistaient à un match de basket !

Village préservé, certes, mais pas coupé de la modernité pour autant ! D'ailleurs, s'ils n'ont pas l'eau courante, ils ont tous une antenne parabolique et la télé !








La région de Danba est également connue pour ses dizaines de tours de guet en pierre.

Nous avons donc fait une petite excursion à Suopo (c'est à environ 10km de Jiaju) où l'on peut admirer quelques unes de ces impressionnantes tours dont certaines se trouvent en plein milieu de villages.











J'avoue que j'étais plus intéressée par le paysage et les villages que nous avons traversés que par ces tours qui ne sont que ... des tours après tout !

















Un homme qui nous a vu passer par là nous a invités à entrer chez lui. Voici la pièce principale. Drôles de Tibétains, non ? Un portrait de Mao... Je ne sais pas sûre qu'il s'agissait d'une famille tibétaine, en fait. En tout cas, vous pouvez voir une enceinte pour écouter de la musique (et dans le coin à gauche mais pas visible sur la photo, une télé et même un lecteur dvd !) comme presque dans toutes les maisons que j'ai vues.







L'homme a parlé des événements de mars 2008 (ce sont mes amis Chinois qui m'ont traduit la conversation). Apparemment, des émeutes ont aussi éclaté dans la région de Danba et le gouvernement s'est empressé d'envoyer sur place des militaires et des ..... dvd/vidéos ! La Chine est moderne en matière de propagande, plus besoin d'écrire des slogans sur les murs, autant utiliser la technologie. Bref, dans cette vidéo, le gouvernement donnait sa version des faits de l'histoire. Je ne sais pas ce que cet homme pensait de la situation mais j'imagine que pour avoir évoqué le sujet, il doit être plutôt Chinois ou pro-chinois. J'ai essayé d'en savoir plus en interrogeant mes compagnons mais aussi ouverts d'esprit soient-ils, ils restent très Chinois et ne veulent pas entendre parler de cette "absurde idée" de Tibet indépendant puisque "le Tibet est en Chine". Fin de la discussion.
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 15:49
Pourquoi voulais-je aller à Danba ? Le Lonely Planet expliquait que le National Geographic chinois avait désigné en 2005 Danba comme la plus belle bourgade de Chine. En fait, le Lonely Planet manque de précision, je pense. Danba est une ville ordinaire mais les villages alentours, par contre, sont effectivement magnfiques.

Mais reprenons dans l'ordre car la journée du 26 ne fut pas sans aventures. Avec mes compagnons de voyage, nous avons finalement réussi à obtenir un billet de bus pour une ville à mi-chemin. Environ 6h de trajet par des routes toujours aussi mauvaises que la neige rendait encore plus dangereuses.
Cela n'empêchait pas notre bus de slalomer entre les véhicules arrêtés un peu partout sans vraiment ralentir.









Mes amis avaient tout prévu car deux véhicules nous attendaient à l'arrivée pour nous conduire à Danba. Nous nous sommes mis d'accord sur le prix : 40 yuans par personne. Parfait. Nous nous sommes entassés dans les deux véhicules (car entre temps, notre groupe s'était agrandi et avait été rejoint par 4 autres Chinois rencontrés dans le bus). Au bout de 10 minutes, le chauffeur s'est arrêté. Il a commencé à discuter avec mes compagnons de voyage. Je me demandais ce qui se passait car la conversation durait. L'un des Chinois m'a expliqué que le chauffeur refusait de nous conduire à Danba comme prévu .... à moins qu'on le paie 100 yuans chacun ! Il avait fait exprès de nous conduire en-dehors de la ville; si bien que nous nous trouvions au beau milieu de nulle part et que nous n'avions guère de lattitude pour négocier. Je bouillais. Je n'en revenais pas d'une telle méchanceté. Rétrospectivement, je prends les choses avec plus de philosophie en me disant que finalement, il y a de la justice : les Chinois n'arnaquent pas seulement que les "laowai" !
La situation commençait à s'éterniser - plus d'une heure et demie - mais le chauffeur restait inflexible. Il faut dire qu'il était en position de force. A ce moment-là, un autre véhicule s'est arrêté par curiosité et mes amis ont commencé à discuter avec le conducteur. Peu après, ils ont décidé qu'on partirai avec lui. Le premier chauffeur a exigé que nous le payions 10 yuans chacun pour nous avoir conduit dans cet endroit perdu ! Le pire, c'est que mes compagnons se sont exécutés. Moi de même bien que je ne comprenne pas qu'ils aient accepté. Après tout, qu'aurait-il pu nous faire ? Certes, le bonhomme était costaud mais nous étions quand même 10...
Le second homme avec qui mes compagnons ont discuté demandait 100 yuans lui aussi mais on a préféré traiter avec lui car qui sait si le premier ne nous aurait pas arrêtés encore un peu plus loin pour nous rejouer le même scénario. Le second homme a appelé un ami ou je ne sais qui car nous avions besoin de deux véhicules et nous sommes repartis sans encombre, cette fois. Par contre, la route était encore plus mauvaise - si c'est possible. Ce n'était plus des ornières ou des nids-de-poule mais carrément des cratères avec en plein milieu des gros rochers. Il faisait nuit, il pleuvait mais cela n'empêchait pas le conducteur de rouler à toute allure - euh, c'est relatif, en fait, on ne faisait pas plus de 30km/h vu l'état du chemin - et de freiner brusquement lorsque nous tombions sur un de ces énormes rochers. Nous n'avions qu'une centaine de kilomètres à faire mais, partis vers 18h, nous n'avons atteint le village de Jiaju (à 7km de Danba) que vers 22h30 !
Et pour finir cette journée riche en émotions, il y a eu l'épisode de la marche de sioux (que j'ai racontée dans mon premier article bilan) ou comment éviter de payer les 30 yuans d'entrée dans le village.

Mais ce voyage mouvementé valait bien la peine. Je m'en suis aperçue le lendemain lorsque j'ai découvert sous un beau soleil le plus beau village de la Chine. Mais avant de vous le montrer, je vous présente le lieu où nous avons logé. Nous étions hébergés chez l'habitant (50 yuans pour une nuit, le dîner et le petit-déjeuner) dans une maison très rustique mais charmante.

Mon lit (un peu dur car nous de matelas...point) mais si joliment décoré qu'on en oubliait le relatif inconfort.













Les toilettes














Les toilettes suite...

Ne cherchez pas la salle de bain car il n'y en avait évidemment pas. Un lavabo était quand même installé à l'extérieur.
















La cuisine














Le garde-manger...














La famille chez qui nous logions










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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 14:17
Le 24, j'ai pris un bus à Jiuzhaigou pour me rendre à Songpan. Le trajet ne durait que 2h mais j'ai cru que j'allais mourir de froid.

7h30 : 4 passagers dans un bus poussif qui ne tient plus que par quelques boulons et, surtout, sans chauffage. Nous ne sommes qu'à 2000 m d'altitude mais dans l'aube glaciale et en dépit de mes bottes fourrées, je ne parviens pas à me réchauffer. Je me recroqueville et tente d'ignorer le vent qui s'engouffre par les fentes des vitres qui ferment mal. Les activités d'un Tibétain me distraient un peu : à un moment donné, il ouvre la fenêtre et jette dehors plusieurs papiers colorés. Je suppose qu'il s'agit de papiers de prière mais je me demande pourquoi il les lance à cet endroit là car je n'ai rien remarqué de spécial à l'extérieur. Je suis tellement transie que je n'arrive plus à faire bouger mes orteils : j'imagine déjà mes pieds violets, nécrosés. Le calvaire prend fin, nous arrivons enfin à Songpan (plus de 2500m d'altitude).

Je tombe un peu au mauvais moment, la fête du printemps (le nouvel an chinois) tombe le lendemain et beaucoup de bâtiments (commerces, hôtels,...) sont déjà fermés. Un homme m'aborde, il tient une pension et s'occupe de l'organisation de treks à cheval. Cela m'intéresse mais déception : pas de treks pour cause de nouvel an. Bon, tant pis, je rentrerai donc à Chengdu le lendemain. L'homme me répond alors que c'est impossible : pas de bus avant le 29 !!! Panique à bord !!! Je m'effondre intérieurement : "c'est la catastrophe" ! Je ne peux pas rester 5 jours ici, je vais prendre trop de retard sur mon programme surtout si, en plus, je ne peux faire ni trek ni rien ! Quelles solutions me reste-t-il? Louer un véhicule pour retourner à Chengdu ? Si je pouvais trouver quelqu'un pour partager les frais, cela pourrait être possible, mais je crois bien être la seule étrangère dans le coin. En attendant d'avoir une idée lumineuse, je vais me promener en ville.

Je suis un peu déçue : elle me semble plus chinoise que tibétaine. Certes, certains habitants sont habillés à la mode tibétaine mais l'architecture générale de la ville est très chinoise et les commerces n'ont rien de spécifique.

La vieille ville est entourée d'un mur d'enceinte dont les portes demeurent intactes.
































Subsistent également deux ponts en bois couverts (voici l'un d'eux).















En s'écartant de la rue principale, on peut aussi voir des maisons en bois.
































Que fait cet homme ? On ne voit pas tès clairement sur la photo mais il est, en fait, en train d'utiliser une sorte de chalumeau pour sécher (?) des parties du corps d'un porc.












Voici ce que cela donne.





























Les habitants vêtus de façon traditionnelle portent des vêtements très sombres, une sorte de manteau noir attaché par une ceinture rouge. Pas très jolis par rapport à ceux que j'ai vus dans l'ouest du Sichuan.










Je me voyais décidément mal rester ici plusieurs jours et, finalement, j'ai trouvé une solution - coûteuse - mais bien utile : l'avion. Jiuzhaigou étant très touristique un aéroport se situe à mi-chemin entre Songpan et la vallée et j'ai finalement décidé de retourner à Chengdu par avion. Voilà comment je me suis retrouvée le 25 dans la capitale du Sichuan et c'est une bonne chose.

En effet, de retour dans mon auberge de jeunesse, alors que je me demandais comment j'allais me débrouiller pour la suite de mon voyage puisque la gare routière était fermée et alors que je discutais avec une des employées de l'auberge, un Chinois m'a entendu parler de Danba. Il m'a alors dit qu'il voulait y aller aussi avec un groupe d'amis et qu'ils comptaient peut-être louer un véhicule et que je pourrais me joindre à eux si je le désirais. J'ai rencontré les autres, ils me semblaient sympas, ils parlaient un peu anglais et surtout ils avaient l'air de vrais voyageurs et très désireux de découvrir des villages typiques. Bref, j'ai laissé faire mon intuition et ai décidé de les suivre. La suite montrera que j'ai eu raison !...
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:25
Le 22 janvier, je prends le bus à 8h  Chengdu pour Jiuzhaigou dans le nord du Sichuan. La route est terriblement cahottante, je ne sais pas comment je vais supporter les 10h de trajet qui m'attendent. L'ambiance dans le bus n'arrange pas mon humeur (cf mon premier article bilan) : fumée, froid, crachats,... bref le spectacle habituel. Sortis de Chengdu, nous sommes tout de suite dans la montagne. Pendant presque la totalité du parcours, nous longeons des rivières qui creusent de profondes vallées. Nous traversons de petites villes et des villages très pauvres; beaucoup de bâtiments semblent en piteux état et beaucoup de ponts sont effondrés; je me demande si c'est une conséquence du séisme de l'an dernier ou du simple manque d'entretien car la route n'est pas très fréquentée.

18h environ. Nous pénétrons dans un univers irréel : une sorte de disney à la mode tibétaine. Il faut savoir que Jiuzhaigou est un site extrêmement touristique (sauf en hiver) et une ville artificielle est née de rien uniquement dédiée au tourisme. On ne voit que des hôtels partout, construits plus ou moins à la mode tibétaine pour faire "genre". Mais, c'est sinistre en hiver. Lorsque je descends du bus, ma première idée, c'est : mais que fais-je ici ? La plupart des hôtels sont clos, la ville n'est pas éclairée du tout, personne dans les rues, aucun véhicule,... C'est une ville morte. Vous imaginez Disney après le départ de tous les visiteurs, ici, c'était la même chose.

Le froid me saisit et m'oblige à me reprendre : bon, première chose, trouver un hôtel. Le Lonely Planet parle d'une auberge. Un taxi attend les rares passagers descendus du bus, j'en prends un. 5km plus loin, le taxi me dit que nous sommes arrivés. Mais tout est noir. Aucune lumière ne filtre des bâtiments qui se dressent devant moi. Vraiment sinistre. Mais si, il y a bien quelqu'un derrière le bureau de la réception; sauf que mon coeur s'arrête le temps d'un battement, les prix affichés sont hallucinants : il ne s'agit pas d'une auberge du tout, la chambre la plus simple est à 680 yuans !!! Mais l'homme me propose d'emblée une réduction : 180 !! Cela prouve bien que ce n'est pas la saison touristique. Je négocie quand même encore et obtiens 130. Cela reste très onéreux pour moi, mais je n'ai pas l'impression d'avoir tellement le choix et les prix doivent être équivalents dans les quelques autres hôtels ouverts.


L'hiver n'est pas la meilleure saison pour visiter Jiuzhaigou mais le site est magnifique. Je craignais un peu le prix d'entrée du site (sur internet j'avais vu que cela pouvait monter jusqu'à plus de 200 yuans !!). Heureusement, basse saison oblige, les tarifs sont plus avantageux : 80 l'entrée et 80 pour les navettes à l'intérieur. La vallée est assez vaste et à cause du gel et de la neige, tout n'est pas accessible à pieds. J'ai donc pris l'option navette et ai rencontré deux Coréennes qui parlaient un peu anglais et ave qui j'ai passé la journée. La navette nous a transportées dans les plus beaux endroits et revenues à la moitié de la vallée, nous avons fini l'après-midi à rejoindre l'entrée à pieds car le soleil est apparu dans la journée.

Jiuzhaigou, c'est ça :





















































































Les nuances des couleurs de l'eau de chaque lac sont époustouflantes ! Les eaux sont si pures qu'elles sont transparentes. Un spectacle magnifique !

Dans cette vallée, on peut aussi voir des villages tibétains (ou pseudo-tibétains ?) mais ceux qu'on a aperçus étaient totalement vides et les portes closes. Je suppose que les "villageois" réapparaissent lors de la saison touristique...












On peut également observer des moulins à prières qui fonctionnent seuls. Si, si, pas besoin de les faire tourner manuellement, regardez plutôt :

Ingénieux, non ? Le courant des rivières les fait tout simplement tourner.




















Et une dernière petite photo pour finir :


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 12:22
Voilà, j'ai enfin trié les photos et les ai chargées; je peux donc commencer mon récit.

Mardi 20 janvier, j'ai donc débarqué à Chengdu après près de 3h d'avion depuis Qingdao. Sortie de l'aéroport, je saute dans la navette qui mène en ville, descends dans le centre et rejoins mon hôtel à pied malgré le poids de mon sac pour prendre un peu le pouls de la ville. Il ne fait pas beau mais beaucoup moins froid qu'à Qingdao, évidemment. La circulation est très dense avec beaucoup de vélos, motos qui se croisent dans tous les sens. Cela me fait bizarre, j'avais perdu l'habitude : Qingdao est probablement la seule ville chinoise où vous ne voyez aucun deux-roues. A chaque carrefour, des agents de circulation tentent de mettre un peu d'ordre dans ce désordre mais les gens n'en font qu'à leur tête.




Je parviens enfin à ma petite auberge de jeunesse (40 yuans en dortoir) dans une très jolie rue reconstruite façon traditionnelle et décorée de plein de lampions (le nouvel an approche). Je partage ma chambre avec une jeune prof d'anglais avec qui je vais dîner. La cuisine sichuanaise est réputée pour ses plats extrêmement pimentés. C'est le cas mais j'avale tout sans broncher sous les yeux effarés de ma collègue. Et pour cause : voilà 4 jours que j'ai un rhume infernal qui m'enlève toute sensation de goût; alors aussi pimentés que soient les plats, je ne sens absolument rien. L'Anglaise est incapable de finir son bol de nouilles et se plaint d'avoir l'oesophage en feu.


Premier jour à Chengdu : je commence avec THE attraction de la région, les pandas.
Notre auberge organise une sortie dans le parc à l'extérieur de la ville tôt le matin. Décidément, les pandas sont vraiment adorables. On a envie de les prendre dans nos bras et de les câliner.

Ils semblent passer leur temps à manger (des bambous, évidemment) à l'aise, allongés, tandis que certains s'amusent à grimper aux arbres. Malgré leur corpulence, ils montrent une certaine souplesse. Je trouve que le nom chinois leur correspond à merveille : xiong mao (熊猫) = ours chat. Pour le poids et la taille, ours correspond bien; pour le côté un peu félin, le terme chat s'applique également très bien. Les pandas que vous voyez ici ont un an.








Voici une autre sorte de pandas : les pandas rouges. En fait, ils me font plus penser à des ratons laveurs qu'à des pandas.















Ensuite, nous allons voir les bébés pandas. Trop, trop mignons. Nous ne sommes séparés d'eux que par une vitre et on les voit jouer ensemble, se rouler dans tous les sens,...














Nous terminons avec les pandas de deux ans.















Une matinée inoubliable : nous étions tous sous le charme de ces gros nounours !

A Chengdu, j'ai visité deux autres sites : un temple et l'ancienne résidence d'un célèbre poète de l'époque des Tang (10ème siècle environ). Mais c'était plus pour tuer le temps entre deux bus que par réel intérêt car si j'ai passé plusieurs nuits à Chengdu, c'était surtout parce que la ville me servait de plaque tournante pour trouver des transports.










J'ai aussi effectué une sortie dans les alentours de Chengdu (à 2h en bus environ), direction Leshan.

La ville attire les touristes qui viennent en nombre admirer le célèbre grand bouddha de 71m, sculpté à flanc de falaise. Le Lonely Planet affirme qu'il s'agit du plus grand bouddha du monde.


















Impressionnant, quand même...
















J'ai eu la très mauvaise idée de m'y rendre le dernier jour des vacances de 7 jours du nouvel an; j'ai dû faire la queue plus d'une heure et demie avant d'atteindre les escaliers que vous voyez à gauche de la photo. Les marches permettent de rejoindre la base du bouddha.

Bien sûr, c'est assez exceptionnel mais le prix d'entrée est très élevé (70 yuans). Vous pouvez éviter d'entrer dans le parc en observant le bouddha d'un peu plus loin en prenant le bateau (car le bouddha fait face à une rivière) mais comme le brouillard était très dense, je n'étais pas sûre de voir quelque chose !



Je ne m'étale pas plus sur Chengdu car je n'y ai pas passé beaucoup de temps et la ville n'a pas le charme auquel je m'attendais. C'est juste une ville chinoise. Mais, rien que pour les pandas, elle mérite le détour !
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:56
Me voici de retour ! Finalement, mes 6 semaines ont été réduites à 3 semaines puisque je retourne en France une dizaine de jours avant de revenir pour le second semestre (début mars).

Donc, les changements par rapport au programme initial : pas de Tibet (trop cher par ailleurs; il faut être plusieurs pour pouvoir partager les coûts car les prix se situent aux alentours de 8000/10 000 yuans pour 7 jours d'après ce que j'ai vu à Chengdu. D'autre part, sachant que les règles n'ont pas été assouplies depuis les émeutes de l'an dernier, l'idée de devoir suivre un guide 24h/24h qui conservera votre permis d'entrée que vous ne verrez jamais et dont vous ne saurez jamais exactement le coût.... Bref, le Tibet se sera pour une prochaîne fois). L'autre changement; c'est que je n'ai pas rejoint la côte est comme je l'avais prévu auparavant et que je me suis arrêtée dans le Hunan. En conclusion, j'ai visité/traversé les provinces du Sichuan, Guizhou, Guanxi et Hunan (entourées en rouge).


Quel bilan tirer de ce périple ? La Chine, c'est génial mais....je ne supporte décidément pas les Chinois. J'ai vraiment adoré presque tous les sites que j'ai visités mais les conditions de voyage et surtout les Chinois ont parfois rendu ce voyage très pénible.

Par où commencer ? Je viens seulement de revenir à Qingdao et je n'ai pas vraiment eu le temps de prendre du  recul; alors je vais vous livrer mes impressions telles quelles et tant pis si certains ne sont pas d'accord avec ce que je pense.
Cependant, je crois que je peux me permettre un certain nombre de remarques : j'ai calculé que j'ai passé presque une centaine d'heures dans les bus en 3 semaines ainsi qu'une trentaine dans les trains (uniquement deux voyages en réalité : un de 18h et l'autre de 11h). J'ai couché dans les hôtels les plus bas de gammes ou presque (de 15 yuans à 40 maximum - moins de 4€); j'ai mangé dans les petits restos aux murs suintants et décrépis dont les bols de nouilles étaient à 3 yuans - moins de 30 centimes - (pas toujours par volonté, mais dans certains petits villages, il n'y avait pas d'autres choix !).

Je sais qu'il faut être ouvert d'esprit, que leur culture est différente, que ces provinces sont très pauvres et les gens peu éduqués (on voit d'ailleurs de nombreux slogans incitant les villageois à envoyer leurs enfants à l'école pour qu'ils effectuent au moins les années scolaires obligatoires). Mais en tant que délicate occidentale, il y a des comportements que je ne peux pas admettre même au nom de la différence culturelle car au bout d'un moment, je me demande où se situe la frontière entre culture et simple respect d'autrui.

Alors, voilà, je vais commencer par une série de remarques très négatives sur les Chinois mais dans les prochains articles, je vous narrerai les merveilleux moments que j'ai vécus !

Je vais me focaliser sur les points suivants :
1) le manque de respect de l'environnement
2) voyage en bus : le manque de respect des autres
3) voyage en bus bis : l'hygiène
4) les toilettes
5) les Chinois ou comment savoir détourner les règles à son profit
6) dur, dur d'être un "laowai" en Chine

En réalité, ce que vous allez lire, je l'ai déjà évoqué mais, l'ayant vécu quotidiennement pendant 3 semaines, ces quelques points me tiennent vraiment à coeur et j'ai plein d'exemples à fournir !!

1) Tous ceux qui sont allés en Chine ont remarqué que les Chinois ne prêtent aucune attention à l'environnement : ils jettent n'importe quoi n'importe où; d'où des poubelles à ciel ouvert un peu partout en ville et à la campagne. Mais, le plus révoltant, c'est de les voir faire sous vos yeux. Je n'ai jamais vu un Chinois mettre quelque chose dans une poubelle : même s'il s'en trouve une à 10m, il ne fera pas l'effort d'accomplir ces 10m, il laissera simplement tomber par terre le sac plastique, la bouteille ou n'importe quel autre objet par terre. Le pire, c'est dans le bus. Dans les bus en Chine, plusieurs poubelles se trouvent dans l'allée; or, les Chinois se contentent de jeter par terre leurs déchets ou pire encore, ils ouvrent exprès la fenêtre et balancent leur bouteille dehors d'un simple geste. J'ai même vu une femme qui a ouvert la fenêtre et a jeté son bol (en carton) de nouilles encore à moitié plein sans même regarder si un piéton ou un cycliste ne passait pas à côté à cet instant ! C'est insupportable ! A la limite, ils pourraient laisser leur bouteille ou leur boîte de biscuits dans le bus, non ? Pourquoi les jeter exprès par la fenêtre ? Franchement, ça me dépasse.

2) Alors là, le manque de respect envers autrui, c'est le sujet bateau lorsque l'on parle des Chinois. Cependant, je ne puis m'empêcher d'en parler à nouveau. Parfois, je me dis que voyager en Chine, c'est moins une question de pouvoir que de vouloir. Sincèrement qui a envie de partager 8 ou 10h de bus à la fois frigorifié parce que le conducteur laisse la fenêtre ouverte pour cracher avec en accompagnement de longs râclements de gorge - cela va sans dire -; tandis que vous tentez de respirer dans le véhicule enfumé car la moitié des hommes présents sortent cigarette sur cigarette ou que vous tentez de dormir mais que vous ne le pouvez pas car il se trouve toujours un Chinois en train de téléphoner - ou plus précisément de hurler dans son téléphone - ou que d'autres écoutent de la musique sur leur téléphone - mais avec le haut parleur, histoire d'en faire profiter tout le monde - , mais tout cela n'est rien comparé aux milliers de coups de klaxons d'un conducteur pris de folie (ils le sont tous, en fait !).
Je pense que j'ai de la chance d'être toujours en vie d'ailleurs car sur les routes de montagne, le chauffeur ne ralentit pas dans les virages : il klaxonne à fond plusieurs fois et poursuit à la même vitesse, voire en roulant un peu sur l'autre voie. Mais, à chaque fois, je ne peux m'empêcher de penser "Et si un autre véhicule fait la même chose de l'autre côté du virage et qu'il n'a pas entendu les coups de klaxons de notre bus???....". Mais, je suis toujours en vie, c'est donc que le système fonctionne. J'ai quand même été témoin de plusieurs carambolages et j'ai même vu quelques corps ensanglantés par-ci par-là.
Mais, je m'écarte de mon sujet. Pour en revenir au thème initial, ce que je viens de raconter n'est pas nouveau, c'est même habituel en Chine. Cependant, ce que j'avais un peu vécu dans le Yunnan, je l'ai supporté 3 semaines cette fois.

3) Un bus après 4h : c'est un bus sale. Après 8h : c'est une porcherie. Après 10-12h : c'est une déchetterie roulante.
Comme je l'ai déjà évoqué, les Chinois jettent tout par la fenêtre ou par terre, mais également, ils crachent par terre (si, si, c'est vrai ! et pas que dans la poubelle, malheureusement !) dans l'allée centrale en général; il y a également ceux qui vomissent (je porte la poisse sans doute car il s'agit souvent de mon voisin ou de celui de devant ou de derrière) par terre car ils n'ont pas eu le temps de se saisir d'un sac; et les enfants qui font pipi (plutôt dans la poubelle cette fois)...; ce qui n'empêche pas les autres de s'empiffrer de pattes de poulets ou mets tout aussi appétissants. Pour le coup, c'est moi qui aie des haut-le-coeur... Quand par miracle, je me trouve près d'une fenêtre, je passe la moitié du voyage le nez à l'air préférant attraper une pneumonie ! Dans tous les cas, lorsque vous devez traverser le bus, c'est une terrible épreuve : vous vous trouvez face à une allée, sorte de mare visqueuse, couverte d'éléments divers et variés qu'il vaut mieux éviter d'identifier. Et si seulement j'exagérais...

4) Au niveau de l'hygiène, reste le très particulier sujet des toilettes qui mérite un point spécial. Ceux qui ont un peu voyagé en Chine hors des sentiers battus partageront sans doute mon point de vue. Aller aux toilettes, c'est une autre épreuve du voyage. Je ne parle pas des hôtels même miteux où les toilettes sans être vraiment propres sont utilisables. Mais, c'est souvent sur les aires de repos - ou ce qui en tient lieu - qu'il faut faire preuve de courage.
Il me faut d'abord dresser un panorama général :
- le luxe ultime, ce sont les toilettes à l'occidentale (chez moi à Qingdao, dans quelques hôtels chics, certains aéroports et sites touristiques)
- le standard, ce sont les toilettes turques/à la chinoise
- le typique, c'est la rigole
- l'horreur, c'est quand vous n'avez rien de tout cela, autrement dit pas d'évacuation. Je l'ai vécu une fois : j'avais 8h de bus; or il restait encore 4 ou 5h de trajet; je me suis donc risquée vers la cabane en bois à moitié délabrée qui semblait servir de "lieux d'aisance". En entrant, j'ai cru que j'allais tourner de l'oeil : une sorte de marécage nauséabond, une mare de ce que vous pouvez imaginer; c'était ça les toilettes. J'ignore si à l'origine il y avait une évacuation quelconque et si elle était bouchée ou quoi, mais je n'ai jamais vu quelque chose de plus repoussant de ma vie. Et au milieu de ce cloaque, une femme faisait ses besoins sans avoir l'air le moins du monde dégoûtée. Je suis ressortie aussitôt et à ce moment-là, une espèce de sorcière échevelée s'est dressée devant moi me réclamant 5 mao (la moitié d'un yuan) pour avoir utilisé ces soi-disants toilettes. J'ai halluciné ! Pas moyen de lui faire comprendre que j'étais ressortie aussitôt. Elle a commencé à crier je ne sais quoi, j'étais moi-même très en colère, mais je n'avais vraiment pas envie de m'abaisser à m'énverver pour une situation aussi abjecte alors je lui ai collé un billet de 5 mao avant de la traiter de tous les noms en français pour me défouler quand même un peu !
Pour finir sur les toilettes, vous avez plusieurs déclinaisons : les toilettes avec porte ou sans porte, avec demi-porte ou pas; avec cloison ou pas,.... Je ne compte plus le nombre de fois où je n'ai pas eu d'autres choix que de me retrouver à côté d'autres femmes sans aucune cloison...C'est bien le genre de chose que je n'avais jamais imaginée avant de me retrouver en Chine !

5) En Chine - c'est une remarque que j'ai également déjà faite plusieurs fois -, vous avez l'aspect officiel des choses et le non-officiel. Cela m'agace excepté lorsque je peux en profiter !
Prenons quelques exemples :
Je vous raconterai le pourquoi du comment un peu plus tard mais il se trouve que j'ai voyagé pendant 5 jours avec un petit groupe de 7 Chinois qui parlaient un peu anglais. Ensemble, nous sommes allés dans l'ouest du Sichuan. Après un long voyage éprouvant en bus de plus de 12h, nous sommmes parvenus au petit village tibétain que nous voulions voir. Or, il faut payer un droit d'entrée (30 yuans) et bien qu'il fut plus de 22h, on voyait que la guérite du gardien était allumée. Nous sommes donc descendus de nos véhicules une centaine de mètres avant - les deux véhicules sont passés (c'étaient des gens du coin) avec nos bagages dedans - tandis que nous, nous avons cheminé en file indienne - un peu comme des sioux - en silence avec nos torches ou à la lumière de nos portables par un petit sentier en contre-bas. Quelques centaines de mètres plus loin, nous avons repris un autre sentier qui remontait vers la route. Nous avions dépassé le point de contrôle et sommes remontés à bord de nos voitures. C'est évidemment le genre de chose que je n'aurais pas tentée toute seule; pour la bonne raison que déjà je n'aurais pas su la combine, surtout dans la nuit noire. Mais, je suppose que mes compagnons de voyage s'étaient renseignés auprès des locaux.

Second exemple : lorsque vous prenez le bus, celui-ci doit présenter à la sortie de la gare routière une feuille avec le nombre de passagers. Ensuite, en plein milieu de nulle part, le bus s'arrête régulièrement pour présenter cette feuille à des policiers. Un Chinois m'a en effet expliqué que ces contrôles un peu partout sont là dans le but d'éviter que le chauffeur ne prenne plus de passagers qu'il n'est autorisé (car c'est un moyen pour lui de se faire de l'argent en plus). A mon avis, ces contrôles ne sont pas très efficaces notamment dans la mesure où les policiers ne prennent généralement même pas la peine de lever la tête pour voir si effectivement le nombre de passagers présents correspond à celui sur la feuille. Enfin passons. Evidemment, les Chinois ne sont pas nés de la dernière pluie. J'ai souvent assisité à cette scène : le chauffeur s'arrête pour prendre des passagers supplémentaires; quelques dizaines de mètres avant le point de contrôle, il fait descendre ces personnes qui passent le contrôle à pieds (rien d'inhabituel dans ces provinces pauvres, beaucoup de gens n'ont pas de véhicule) et le bus les reprend quelques dizaines de mètres plus loin. Et hop !
Il se trouve que j'ai moi-même participé plus ou moins à ce genre d'action que je dénonce ! J'avais rencontré dans la journée un couple de Chinois parlant anglais qui se rendait au même endroit que moi. Nous avons passé la journée ensemble et le soir venu, nous avons attendu le bus. Plusieurs sont passés sans s'arrêter car ils étaient plein. Nous commencions à désespérer car nous attendions depuis plus d'une heure et demie. Mes compagnons ont discuté avec les gens du village qui leur ont expliqué qu'il y avait un point de contrôle à la sortie de celui-ci mais que c'était le dernier sur la route qui menait à l'endroit où nous voulions nous rendre. Alors, ni une ni deux, nous avons pris nos sacs, sommes passés devant les policiers et nous sommes postés une centaine de mètres plus loin dans un virage d'où ils ne pouvaient nous voir. Nous avons attendu un bus, le premier qui s'est présenté à accepter de nous prendre alors que nous étions en surplus...

6) Enfin, pour terminer ce tour d'horizon, finissons par les problèmes liés au fait d'être un occidental en Chine. D'abord, vous devez supporter cette incessante, détestable, lassante, insupportable curiosité des Chinois. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu le mot "laowai" (étrangère) qu'évidemment les Chinois se murmurent les uns les autres sur mon passage; ce qui fait que je n'ai pas fait dix pas que toute la rue a déjà les yeux fixés sur moi et que je sens ces centaines de regards qui ne se détournent pas même si je les fixe moi-aussi. Et tous ces gens qui se retournent exprès, ces enfants qui vous montrent du doigt... C'est terrible. A chaque fois, cela me fait penser à cette scène dans Tintin et le Lotus bleu lorsque les Dupont sont persuadés de passer inaperçus alors que toute la rue les observe. Sauf que moi, je le sais, donc c'est encore plus gênant. Ce n'est pas vraiment un problème en tant que tel, cela n'a rien de méchant, mais cela m'énerve profondément. Je voudrais juste voyager tranquille !

Le second point, c'est l'arnaque. Là encore, rien de nouveau, mais c'est tellement injuste. J'ai beau négocier, marchander, parlementer, de toute façon, les prix que l'on me donne seront toujours plus élevés que ceux appliqués aux Chinois. Rien à faire. Je ne parle pas uniquement de l'achat souvenirs ou ce genre de choses, mais des transports, par exemple. Pour les destinations proches et les petits villages, on ne peut généralement pas acheter les billets au guichet (qui, lui, applique les mêmes prix pour tout le monde). On doit les acheter directement dans le bus au "collecteur/préposé aux billets". Or, le prix que l'on me demande est invérifiable sauf lorsque j'entends un Chinois qui se rend au même endroit que moi et à qui l'on demande 15 yuans alors que, moi, on m'a dit 18 ! J'imagine que certains occidentaux font scandale dans ce cas-là, mais ce n'est pas mon genre...

Enfin, voyager en Chine - dans cette partie de la Chine - sans parler chinois ou sans lire un peu le chinois se révèle être très difficile. J'ai rencontré un Anglais qui m'a avoué qu'il galérait alors qu'il avait l'habitude de voyager puisqu'il avait pris une année sabbatique et qu'il avait visité plusieurs pays. Excepté à Chengdu (la capitale du Sichuan), je crois bien n'avoir rencontré aucun Chinois parlant anglais (sauf quelques touristes Chinois). Certaines villes n'ont d'ailleurs aucun sous-titre en anglais même pas le mot "hôtel".

Je crois avoir fait le tour des aspects les plus négatifs de mon périple. Place maintenant aux photos !

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Published by armel - dans Sichuan
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