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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 13:00

Nous avions 3 jours de "vacances" pour la fête du bâteau-dragon. Vous connaissez le système maintenant : le vendredi devait être rattrapé dimanche...

A cette occasion, j'ai rendu visite à une famille chinoise dont le père avait séjourné en France pendant quelques mois en 2004. Il avait fait un stage dans une exploitation agricole pas loin de chez moi et j'avais fait sa connaissance à cette époque. Il avait fait ses études à Qingdao puis il est retourné dans son "pays natal" (comme disent tout le temps mes étudiants), la ville de Heze, à l'ouest du Shandong.

C'est la région la plus pauvre de la province comme me l'a rappelé mon hôte et je suis tombée des nues en apprenant que la ville compte dans les 9 millions d'habitants. On voit bien que Heze est moins opulente que Qingdao, par exemple, avec son ambiance un peu "campagnarde" (énormément de vélos tirant des remorques, ânes avec charrettes, ..).

Il faut plus de 8h en bus (9h ou plus en train) pour rejoindre Heze en partant de Qingdao. A l'arrivée, mon ami m'attendait mais au lieu de me conduire chez lui, il m'a menée... à l'hôtel. Je ne sais pas exactement pour quelle raison il ne m'a pas invitée chez lui. Honte d'une maison trop modeste ? Le fait qu'il habite chez ses beaux-parents car il a besoin d'eux pour veiller sur sa fille pendant que lui et sa femme travaillent dans la journée ? J'aurais bien voulu qu'il se rende compte que cela ne m'aurait pas dérangé de loger dans des conditions rustiques le temps de deux nuits. D'autant que lors de mes voyages, j'ai déjà partagé une chambre avec des souris, cafards et autres insectes; chambres aux murs lépreux, sols sales et couvertures tachées... Alors, franchement...

Mon week-end aurait été plus intéressant en partageant leur quotidien même s'il m'aurait fallu renoncer à mon confort pour deux nuits.

Le lendemain, j'ai rencontré sa femme et sa petite fille d'un an et 7 mois. Nous sommes allés nous promener dans le parc des pivoines (qui s'épanouissent en avril) qui font la célébrité de la ville.





























Je ne sais pas ce qu'a raconté mon ami aux gardiens à l'entrée du parc car nous sommes passés sans payer. Peut-être leur a-t-il demandé de faire un geste pour "l'honorable étrangère". Cela ne m'étonnerait pas d'ailleurs que je sois la première étrangère à visiter Heze. Car, franchement, qui s'intéresserait à cette ville d'une banalité affligeante, poussièreuse et sale ?


Comme tous les enfants, la petite fille porte les habituels pantalons fendus au niveau des fesses. Cela m'amuse toujours d'observer les enfants faire leurs besoins un peu partout grâce à cet ingénieux système (sur le trottoir, dans les parcs, dans les supermarchés, sur ou dans les poubelles,...).

Les parents ont appelé leur fille Guo. Pourquoi ce choix ? Avec le nom de famille, on obtient Yu Guo. Cela ne vous rappelle personne ? Non, vraiment ?

Un certain Français....19ème siècle....écrivain....Panthéon....

Petit clin d'oeil qui rappelle l'attachement du papa à la France et aux bons souvenirs qu'il garde de son séjour.


Nous avons déjeuné dans un petit restaurant où nous avons dégusté une soupe avec des morceaux de viande de chèvre. L'après-midi, l'épouse de mon ami est repartie travailler et a ramené leur fille chez les grands-parents. Nous, nous avons continué de "découvrir" la ville : supermarchés, université,... Rien de spécial à visiter ici.

Je craignais d'attirer tous les regards dans cette ville que ne fréquentent pas les occidentaux. Heureusement (quoique...), mon ami avait emprunté la camionnette d'un collègue; on ne s'est donc pas beaucoup déplacé à pied. Malheureusement, le véhicule était bien usagé et calait tous les 3 mètres. A moins que ce ne soit dû à mon chauffeur qui a obtenu son permis il y a un mois seulement.... En tout cas, ce n'est jamais très rassurant de caler au milieu de la route quand on sait comment conduisent les Chinois. En dépit des klaxons et nombreux coups de frein, nous avons survécu.

Je suis repartie samedi matin. En arrivant à Qingdao, le bus s'est arrêté dans une station essence un certain temps. Et soudain, un véhicule s'est arrêté près de notre car et deux hommes ont ouvert les compartiments à bagages pour en sortir.... des cadavres dépecés d'animaux. Je n'ai pas reconnu lesquels. Mais je me demande dans quel état de fraicheur ils se trouvaient.... 8h de bus et plus de 25°c dehors...

Je me demande quel est le sens de cette scène. A l'évidence, notre car s'est arrêté exprès dans cette station essence pour attendre ces hommes.



Voilà tout pour ces 3 jours dont plus de 18h dans les transports ! Heze ne vaut pas le détour mais je le savais d'avance et mon voyage n'avait aucun but touristique, pour une fois.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 14:51
 

Pendant ces vacances, j'étais donc invitée chez Agnès, une de mes étudiantes de 3ème année, qui s'entend également très bien avec Jeanne, une de mes anciennes 4ème années, qu'elle avait conviée à nous rejoindre.

Agnès habite à Feicheng, une petite ville à 6h de bus de Qingdao, tout près du Taishan. C'est une ville récente et qui a donc plus de charme que Jimo, par exemple, où habite la famille de Jeanne chez qui j'étais allée, car les rues sont assez propres et arborées.

La famille d'Agnès me semble plutôt aisée en comparaison des familles que j'ai déjà rencontrées; la preuve en est qu'Agnès a déjà visité plusieurs sites en Chine, notamment Hong-Kong. D'autre part, ses parents possèdent une belle voiture (avec vitres noires et tout, je ne sais pas pourquoi mais c'est le cas de beaucoup de voitures en Chine), un grand écran télé, des chaînes câblées, un deuxième appartement qu'ils comptent louer .... . Sa mère est une responsable dans une banque et son père un fonctionnaire dans le domaine de l'éducation.

Les fonctionnaires en Chine ... vaste sujet ! Etre fonctionnaire, c'est d'abord le souhait de tout parent pour son enfant; non pas que le salaire soit des plus élevés mais le fonctionnaire a plein d'avantages en nature qui compensent largement une rémunération moyenne. Mais c'est surtout que la corruption est telle et si peu contrôlée que les fonctionnaires profitent sans limites de ces privilèges. Ainsi, les factures de plein d'essence, de péage, de restaurant, ... passent en notes de frais; et voilà le tour est joué ! Loin de moi d'accuser le père d'Agnès de s'adonner à de telles pratiques mais on m'a dit que les dépenses de ce type sont telles qu'elles pourraient financer chaque année deux voies de chemin de fer Pékin-Canton. En tout cas, le statut de fonctionnaire a bénéficié à la famille d'Agnès pour au moins une chose : leur appartement a coûté 10 fois moins cher car il appartenait en fait à l'administration où travaille son père, comme tous les autres appartements dans leur immeuble d'ailleurs.

 

 

comme d'habitude on laisse les chaussures à l'entrée









 


 

le salon












la cuisine















Autre chose intéressante que j'ai apprise sur un autre sujet : les élèves chinois passent un concours pour entrer au lycée et un autre pour l'université en espérant à chaque fois être admis dans les meilleures écoles. Si d'aventure l'élève échoue et ne parvient pas à entrer dans l'école de son choix, il a toujours la possibilité de payer pour y être accepté. 1000 yuans lorsque les notes sont entre 50 et 59 (la moyenne étant à 60 sur 100 en Chine); le tarif est majoré  en fonction des notes. Cette pratique est plus rare à l'université car les prix sont exponentiels. En tout cas, c'est un des domaines dont s'occupe son père et ses collègues.
Comme m'a déclaré Jeanne : "La Chine est le paradis des riches" même si des mesures sont prises pour lutter contre cette situation. Par exemple, une loi interdit de louer un appartement avant 5 ans pour éviter que les gens riches n'en achètent plusieurs et que les pauvres se retrouvent sans rien ou obligés de louer ces appartements à un prix exhorbitant. Ainsi, si ceux qui achètent un appartement ne peuvent le louer immédiatement et donc ne peuvent pas gagner d'argent aussitôt, peut-être vont-ils renoncer à en acheter d'autres; ce qui donne un peu d'air au marché immobilier.

Pour en revenir à mes vacances, pas grand chose à dire en fait : je retiens surtout que j'ai beaucoup mangé, trop mangé. Rien ne fait plus plaisir à une mère de famille chinoise que d'entendre dire que l'on est repus; ce qui a été le cas chaque jour. Mis à part les pieds de porc que je n'apprécie guère, le reste était délicieux et différent de ce que l'on trouve dans les restaurants. J'ai eu droit à une soirée raviolis comme d'habitude mais je ne m'en lasse pas.

Autrement, nous avons fait quelques visites dans les alentours : une sortie en vélo dans la ville, une excursion dans une petite montagne et près d'un lac avec deux autres familles, des collègues du père d'Agnès. C'était d'ailleurs intéressant car - c'est encore une des particularités de la Chine, tout est affaire de "guanxi", relations - le père d'Agnès a un parent qui travaille à la mairie de la ville où se trouvent ces 2 sites. Cet homme nous a accompagnés toute la journée et s'est occupé de tout, même des factures (billet d'entrée de la montagne, balade en bateau sur le lac et restaurant). Nul doute que ces frais auraient pu servir à poser quelques rails et traverses....


Temple taoïste sur la petite montagne près du lac Dongping













 

 

Plus loin un temple bouddhiste. Les chiffres impairs  semblent importants dans la religion car les gens doivent s'incliner 3 fois quand is prient; ils doivent faire sonner la cloche et taper sur le tambour 5 fois...









 

 

En-dehors de ces visites, rien d'exceptionnel mis à part des fous rires avec mes amies,  des soirées télé où j'ai appris à reconnaître deux des 4 icônes masculines du cinéma chinois,


des dégustations de pêches - la spécialité locale -



 

 

 

 





et avoir fait faire calligraphié mon prénom avec des caractères chinois mais représentants des fleurs, des plantes et des animaux; donc difficles à reconnaitre mais très jolie peinture au final.








 


 


 


 

J'ai été surprise d'observer les relations qu'entretient Agnès avec ses parents : un mélange de tendresse démonstrative avec sa mère et de boutades et de piques avec son père. En fait, c'est assez différent des autes familles chinoises que je connais qui sont plus réservées et où les relations sont plus distantes. Mais les parents d'Agnès sont apparemment assez ouverts car ils ne voient aucun inconvénient à ce qu'elle étudie à l'étranger et l'encouragent même à être indépendante; ce qui est très rare de la part de parents chinois.


Ils m'ont traitée avec une grande gentillesse bien que nous ayions très peu échangé en chinois (je ne comprenais rien à leur accent dû à leur dialecte qui pourtant ne diffère pas trop du mandarin mais quand on prononce "lei" au lieu de "lai" et que je comprends donc "fatigué" au lieu de "venir", évidemment, tout le sens de la phrase change!).

 

 

 

De droite à gauche, Jeanne, Agnès, son père, sa mère et la waijiao (prof étrangère, façon dont me désignent généralement les étudiants)

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 16:10

Les 7 jours de vacances à l'occasion de la fête nationale (le 1er octobre) touchent déjà à leur fin.

 

Vous vous attendez sûrement à ce que je vous raconte des aventures palpitantes, mais non; cette fois-ci, j'ai opté pour des vacances "relax" puisque j'étais invitée dans la famille d'une de mes étudiantes, Agnès. Dans un prochain article, je vous en parlerai plus longuement, aujourd'hui, je vais me contenter de vous narrer mon excursion au Mont Taishan (dans le Shandong, à 5h ou 6h de bus de Qingdao).

 

Ce nom vous dit peut-être quelque chose car j'y suis effectivement déjà allée mais c'était l'année dernière avec les profs étrangers et en téléphérique autant dire que je n'avais rien vu.

 

Cette fois-ci, Jeanne (mon ancienne étudiante de 4ème année qui fait son master à Pékin et qui était également invitée chez Agnès) et moi avons fait les choses dans les règles de l'art puisque nous sommes montées en pleine nuit pour voir le lever du soleil.

 

En vérité, nous avons un peu triché car nous avons pris un bus qui nous a menées jusqu'à la moitié du parcours, juste avant la partie la plus intéressante comme la plupart des pélerins, en fait. Pourquoi pélerins ? Le Mont Taishan est avant tout une montagne sacrée (taoïste), la plus vénérée des 5 montagnes sacrées en Chine.

 

D'où un nombre impressionnant de grimpeurs chaque jour et chaque nuit et, évidemment, c'était bien pire cette semaine avec les vacances nationales.

 









Montagne sacrée... On s'attend à des psalmodies de prêtres, aux mélopées lancinantes des pélerins dévots, au tintement des chapelets égrenés religieusement, aux effluves de l'encens portés par la brise, au reflet des flammes des papiers brûlés et surtout au silence et à la contemplation....

 

Mais, évidemment, rien de tout cela. Cela ressemble plus à une foire immense où les psalmodies sont celles des vendeurs de bibelots religieux ou de denrées alimentaires; la fumée est celle de la cigarette et non de l'encens; la musique sacrée est celle des milliers de pas qui gravissent les milliers de marches...

 

Il s'agit certainement d'une démarche religieuse pour un certain nombre de grimpeurs mais pour le reste, on ne sait pas trop car ils semblent plus avoir l'air de s'intéresser à la nourriture que l'on trouve dans les étals éparpillés un peu partout que par les statues dans les temples.

 

Quant à moi, mon but était de vivre cette expérience pour me rendre compte de l'ambiance et, d'autre part, pour voir le lever du soleil absolument féérique.






 

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 











 

La montée est peu fatigante (lorsque l'on a fait la moitié en bus, évidemment !) et nous a pris moins de deux heures. Nous étions donc au sommet à 4h et il nous a fallu attendre encore deux bonnes heures avant que le soleil ne décide à pointer son nez. Alors, comme les milliers de personnes autour de nous, Jeanne et moi nous sommes blotties au creux d'un rocher, emmitouflées dans nos manteaux et nos écharpes, pour attendre l'aube.

 

La descente s'est faite sous un beau soleil estival, au milieu d'une foule inimaginable.

C'est bien simple : il nous était impossible d'avancer ou de reculer, il suffisait de nous laisser porter par les flots de gens qui nous enserraient.







 







C'est un véritable parcours du combattant où il faut éviter divers obstacles : les vendeurs, les gens épuisés qui dorment au milieu des escaliers, ceux qui s'arrêtent tous les deux mètres pour se faire prendre en photo;....




 






 

 

 


 

Vus d'en bas ou d'en haut, les escaliers forment un long serpent qui semble onduler au gré des mouvements de la foule.












C'était une fort jolie excursion mais, malgré tout, ma préférence va toujours au Huang shan que j'ai grimpé l'hiver dernier car cette montagne est le modèle parfait de l'image que l'on se fait de la Chine traditionnelle avec ses sommets aux formes douces, ses pins, sa mer de nuages, sa poésie, alors que le mont Tai est plutôt banal hormis sa dimension religieuse et sacrée.

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 08:56
Profitant de nos "vacances de 3 jours" (je rappelle : un week-end + le lundi; autrement dit une journée de "vacances") à l'occasion de la fête de la mi-automne, des étudiantes de 3ème année m'ont proposé d'aller faire une petite excursion à Laoshan, le site le plus célèbre dans les environs.

Et c'était du sérieux : elles m'ont donné rendez-vous hier matin à ... 6h30 ! J'ai réussi à négocier une demi-heure de "rab" mais pas plus car "il faut au moins une heure de trajet pour s'y rendre et il va faire chaud" m'ont-elles répondu lorsque je me suis étonnée que nous partions si tôt. Soit...

Finalement, nous avons dû attendre le bus près d'une heure et demie ! Nous ne sommes donc arrivées à Beijiushui (les "neuf sources du nord" ou quelque chose dans le genre) qu'à 9h30. Mes étudiantes ont prétexté que j'étais une étudiante étrangère pour que je puisse bénéficier du demi-tarif (25 yuans); le guichetier voulait absolument que je lui montre ma carte d'étudiante; les filles ont donc ajouté que je ne l'avais pas emmenée parce que je ne pensais pas que j'en aurais besoin. A force de discussion et en voyant mon sourire candide, l'employé a fini par se laisser convaincre et a accepté de me donner un billet d'entrée à demi-tarif. Je pense que cela a "marché" parce que les Chinois trouvent immanquablement que je fais plus jeune que mon âge. Par exemple, hier, deux hommes qui m'écoutaient parler en français avec mes étudiantes leur ont demandé qui j'étais, quel âge j'avais, etc.... Ils pensaient que j'avais 18 ans ! Non mais quand même ...

J'avais fait la partie sud de la montagne l'année dernière mais la partie nord est tout aussi jolie et un peu moins touristique. La balade a été très plaisante : le soleil rayonnait et donnait à l'eau d'une limpidité étonnante des reflets chatoyants alors que les arbres et la brise estivale nous rafraîchissaient agréablement.

Comme d'habitude, on m'a beaucoup regardée ... Comme quoi, les JO et la venue de milliers d'étrangers n'ont pas fondamentalement changé les choses !







































Je serais bien restée plus longtemps mais, évidemment, mes étudiantes se sont vite déclaré fatiguées....
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 08:37






























Un peu de tourisme et de photos pour changer de mes précédents messages.


Voici une photo de Penglaï. C'est une agréable petite ville située sur la côte nord de la péninsule du Shandong. Bon, il n'y a pas de quoi déplacer des foules mais son pavillon perché sur une falaise offre un joli panorama.

























Penglai est également réputée pour ses mirages qui se produisent sur la mer.

Ces mirages sont peut-être dus à la position géographique de Penglai qui marque les limites de la mer de Bohai et celle de Huanghai (mer Jaune).

On dit que c'est de Penglai que partirent les Huit Immortels pour traverser la mer. En effet, selon la tradition taoïste des êtres célestes hantaient la mer Bohai et ces Huit personnages étaient les plus célèbres d'entre eux. Lors d'une soirée très arrosée, l'un d'eux proposa de traverser la mer mais sans utiliser de bateaux et chacun utilisa son propre pouvoir (l'une utilisa une fleur de lotus, un autre un bâton, un éventail....).

Cette légende a donné un proverbe : "Comme les Huit Immortels traversent la mer, chacun montre ses prouesses". Phrase toujours utile à sortir lors d'un dîner....













Le soir, nous - les plus jeunes de notre groupe (c'était un voyage organisé par la fac pour les profs étrangers)-  sommes allés nous promener sur la plage. Et là, ce fut l'émeute ou presque. Des petits stands de jeux - du genre de ceux que l'on trouve dans les fêtes foraines - étaient installés un peu partout au bord de la mer. Certains profs ont décidé de s'amuser un peu et rapidement, un attroupement de Chinois s'est formé autour de notre groupe. En 10 minutes, il y avait bien une bonne trentaine de personnes. Et pourquoi ? Ben,... rien. Nous étions juste un groupe d'occidentaux dont certains s'amusaient aux jeux de tirs, de quilles,...

A chaque fois, ce genre de scène me rappelle "Tintin et le lotus bleu" lorsque l'on voit les Dupont avec des vêtements traditionnels dévisagés par des centaines de Chinois.


Le jour suivant, nous avons quitté Penglai pour Yantai, autre ville balnéaire semblable à Qingdao dans sa modernité et dans son architecture plus ancienne.

La ville possède une longue promenade aménagée au bord de la mer et bordée sur l'autre côté par des édifices coloniaux.




















Voici une image résumant la Chine ou ce vers quoi elle se dirige : des immeubles modernes, des vestiges du passé relégués au rang de décor en carton pâte pour touristes, des mariées en robe blanche occidentale avec un téléphone portable collé à une oreille (si, si, regardez bien).


















Yantai est connue pour une autre spécificité : le vin. De nombreux ceps sont visibles de la route aux abords de la ville. Je n'y connais rien dans ce domaine et ne puis vous dire s'il s'agit d'un bon vin ou pas. Pendant la visite du musée de la vinification, nous avons eu droit à une dégustation, alors j'ai vaguement trempé les lèvres dans un verre mais je n'en ai pas gardé de souvenirs particuliers.




























Mis à part Qufu (la ville de Confucius) et le mont Taishan, le Shandong n'offre pas de grands sites touristiques très intéressants; cela dit, cette petite escapade de deux jours était très agréable.

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 15:04
J'ai plusieurs articles sur le thème du tourisme en attente, il est temps que je rattrape un peu mon retard.

Il y a quelques semaines, nous avons eu "3 jours de vacances" (façon chinoise : soit un week-end plus un lundi). Il s'agit d'une "nouvelle" fête traditionnelle que l'on célèbre depuis cette année, sans doute une conséquence de la fragmentation de l'ancienne semaine de vacances de mai.
Cette fête est celle des "bateaux-dragon", nom un peu étrange, qui rappelle la légende de Yu Quan. Jadis, Yu Quan, ministre du royaume de Chu, fit une proposition pour renforcer la force militaire du pays. Celle-ci fut très critiquée par les aristrocrates au point que Yu Quan perdit sa fonction et fut exilé. Loin des honneurs, il composa plusieurs poèmes sur le pays et le peuple. Après l'invasion du royaume par les Qin, il se suicida en se jetant dans un fleuve. Le peuple vint lui rendre hommage et ne retrouvant pas le corps, lancèrent des boulettes de riz pour que les poissons les dévorent plutôt que la dépouille. Donc, le nom "bateau-dragon" s'explique par la présence des bateaux sur le fleuve à la recherche de Yu Quan, quant au mot dragon, je pense qu'il s'agit de la forme des embarcations.

Dans certains endroits, des courses de bateaux-dragon sont organisées. Mais mes étudiants ne m'ont parlé que d'une chose : la nourriture ! A l'occasion de cette fête, les Chinois mangent des gâteaux de riz triangulaires, entourés d'une feuille de bambou ou autre, fourrés de pâte de haricot rouge, de jujubes, de porc... C'est délicieux mais en réalité, on peut en manger toute l'année. J'en ai notamment beaucoup vu dans le sud de la Chine pendant mes voyages. Ces gâteaux de riz rappellent le riz lancé par le peuple dans la légende.

Puisque nous avions un week-end prolongé, une de mes étudiantes, Jeanne, que vous connaissez bien maintenant m'a invitée chez elle - ou plutôt - chez ses parents. Ils habitent à 40 km de Qingdao, à Jimo. Aucune idée de la dimension de cette ville : si vous demandez aux Chinois le nombre d'habitant dans leur cité, ils sont incapables de répondre à cette question et d'ailleurs, ils ne comprennent pas pourquoi les Français la posent systématiquement.


Que dire sur Jimo ? Ben,... rien. C'est une ville normale, autrement dit la ville la moins intéressante qu'il m'ait été donné de voir en Chine.


Nous avons passé le premier après-midi à la parcourir à vélo en faisant de petites incursions dans la campagne toute proche. C'est vraiment la ville chinoise typique : moche, sale, poussiéreuse, sans charme, sans caractère... Et surtout, surtout, la ville où les gens n'ont jamais vu un(e) occidental(e) de leur vie. C'était pire que dans les villages les plus reculés du Yunnan. Et j'en ai visité des misérables ! Pourtant, je suis toujours tombée sur un touriste occidental. Ici, ni touristes ni expatriés. Nous ne sommes qu'à 40 Km de Qingdao mais c'est comme si nous étions au fin fond de la Chine.

Je n'ai jamais eu autant le sentiment d'être observée que ce jour-là. Même si j'étais en vélo et que je roulais assez rapidement, les Chinois remarquaient tout de suite l'étrangère et à partir de là, c'est comme si le temps était suspendu. Vous savez, comme dans les films où l'on voit des scènes au ralenti. Ici, c'était pareil. L'ouvrier penché sur son ouvrage, les mécaniciens leurs outils à la main, les commères en train de jacasser, les élèves en uniforme, les policiers, les vieillards en train de jouer, les bébés dans les bras de leur mère, les flâneurs une cigarette aux lèvres, tous relevaient la tête et me fixaient comme une apparition. Cela prouve au moins une chose : les Chinois ne sont décidément pas très productifs quand ils travaillent, un rien les détourne de leur ouvrage. Une étrangère à vélo, et hop ! les voilà, qui arrêtent de travailler pendant 10 minutes, le temps de la voir passer  ! Car, le pire, ce n'est pas qu'on me regardaient, c'est qu'on me suivait des yeux, qu'on se détournait même sur mon passage sans aucune discrétion (j'ai vu plein de piétons mais aussi de cyclistes qui , après m'avoir dépassée et réalisé que j'étais une occidentale, tournaient la tête au risque de heurter un arbre, un piéton ou une voiture). Je crois que c'est cela le plus insupportable : déjà qu'être dévisagé n'a rien d'agréable, qu'on le fasse sans se cacher, c'est carrément désagréable. Vous allez me dire qu'ils ne sont pas hypocrites ! Certes....
Un après-midi comme cela vous guérit à tout jamais de l'envie de devenir une célébrité !

En tout cas, il y en a une que cette situation a beaucoup amusée. Jeanne était pliée de rire à chaque fois qu'un(e) Chinois(e) me dévisageait ou se retournait sur mon passage; autrement dit, tout l'après-midi. Je lui avais déjà parlé de ce phénomène et de mon malaise par rapport à cela, mais elle ne l'avait jamais vu ou expérimenté.




Petite photo de Jeanne en pleine discussion avec un vieil homme qui s'est montré très curieux à mon sujet.



Le soir, nous avons fait des raviolis. Les parents de Jeanne avaient déjà préparé la farce, moi je me suis contenté de la mettre dans la pâte et de clore mes oeuvres d'art en essayant de copier l'exemple du père de Jeanne, maître en la matière.












Le lendemain, nous avons visité quelques parcs dans la ville mais ils étaient très banals.


























Fin du week-end qui valait surtout le coup pour avoir fait connaissance des parents de Jeanne qui se sont montrés adorables même si nous n'avons pu communiquer que par l'intermédiaire de mon étudiante qui faisait office d'interprète. Je leur avais amené quelques cadeaux mais je suis repartie les bras chargés de nourriture pour une semaine au moins. Quand on connaît les Chinois, ils se montrent d'une incroyable gentillesse et très généreux même si leurs revenus sont modérés.

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 17:18
Sentiment anti-français ou pas, ça ne va pas m'empêcher de voyager en Chine. Ce week-end, je me suis retrouvée embarquée dans une balade de deux jours dont je me demande encore si elle valait le déplacement ! Cela dit, je ne vais pas faire la difficile : tout était gratuit !

En fait, jeudi après-midi (ils ont décidément le chic pour toujours prévenir au dernier moment, ces Chinois), la directrice de mon département m'a proposé de participer à un petit voyage organisé pour les profs de l'institut des langues étrangères - autrement dit pour les profs des 6 départements de langue de l'université. Pourquoi pas me suis-je dit ?

Et, donc samedi à 7h du matin, grand départ pour ... le fin fond de la campagne. Non, mais quand même 5 bonnes heures de bus et tout ça pour voir une montagne "la montagne des lotus" (nom donné en raison de sa forme, paraît-il). En fait, elle n'a vraiment rien d'extraordinaire et fait partie de ces montagnes aménagées - avec marches, temples, pavillons - qui sont de plus en plus nombreuses en Chine et c'est bien dommage de gâcher ainsi la nature.













On a visité le temple, puis on a grimpé une partie de la pente avant de prendre un téléphérique qui ne nous menait même pas jusqu'au sommet avant de redescendre le tout à pied. Balade assez sympa et tranquille néanmoins car il n'y avait presque personne en-dehors de notre groupe (dont voici deux de nos membres éminents : à gauche, Claire - une des profs de français - et à droite, la directrice du département de français).














Le lendemain, on s'est rendu dans des grottes souterraines avec stalagmites, stalactites, jeux de lumière... Là encore ce n'était pas trop mal excepté que faire 10h de bus en 2 jours pour voir ça....


















Enfin, voyager en groupe avec des Chinois est intéressant sur le plan interculturel !

Elément indispensable pour tout individu participant à un voyage organisé chinois : la casquette.
Ainsi, dans le car, l'organisateur nous a distribué des casquettes blanches. "Oh, le drame !" me suis-je dit, "pourvu que l'on ne m'oblige pas à la mettre !!!" (je détesterais ressembler à tous ces groupes de Chinois à casquettes rouges - habituellement-). Heureusement que le ciel était un peu couvert samedi après-midi...

Second élément : le "guide"
Dans le car, nous avions une "guide" qui, en fait, n'a presque jamais parlé; c'était plutôt une accompagnatrice. C'est vrai que c'est tellement difficile de trouver le guichet d'entrée dans un site ou de savoir où se trouvent les toilettes....
Le pire, c'est qu'elle ne servait vraiment à rien puisque sur les sites nous étions pris en charge par une autre "guide". Là encore, cela s'apparentait plus à de l'accompagnement. Certes, elle était plus bavarde (tout était en chinois, mais Claire, une des profs, traduisait pour moi) mais j'en apprenais autant en lisant les panneaux en anglais.
Dans les grottes, nous avons été accueillis aussi par une "guide" qui nous a menés jusqu'à l'entrée où une autre guide (une vraie, cette fois-ci) nous a fait la visite. Donc, pas moins de trois personnes pour nous encadrer pour une visite de 2h dans un site où tout est parfaitement balisé... Bref, je ne suis pas opposée aux voyages organisés mais là, c'était quand même un peu fort. C'est presque infantilisant ! Mais, cela leur semble parfaitement naturel alors plions-nous aux usages locaux.

Dernier élément du voyage organisé à la chinoise : les repas.
Je dirais même que c'est peut-etre, là, l'aspect le plus important du voyage. Ils ne pensent qu'à manger : dans le car, ils ont toujours quelque chose à grignoter; sur les aires d'autoroutes, ils font le plein de nourriture; ils n'arrêtent pas de dire ou de demander aux autres s'ils n'ont pas faim... Finalement, ce sont des voyages gastronomiques qu'ils devraient faire car ils s'intéressent plus au contenu de leur assiette qu'au paysage (le paysage, c'est juste pour l'arrière-plan pour la photo de groupe !).
Autrement dit, nous avons fait d'excellents repas. J'ai mangé pour la première fois des sauterelles et des cigales grillées et c'est parfaitement comestible. Ca n'a pas de goût spécial, si ce n'est celui de la friture.

Enfin, que serait un voyage en groupe sans la soirée "beuverie"....
Les Chinois sont les rois lorsqu'il s'agit d'ingurgiter de l'alcool et quelle meilleure occasion que celle des repas un peu officiels ou pour fêter un événement ? Ici, on célébrait ... et bien je ne sais pas trop, mais quelque chose comme le fait d'être ensemble, de travailler ensemble, de remercier l'université d'avoir organisé ce voyage.... Donc, on a trinqué à la chinoise, c'est-à-dire que l'on n'a pas cessé de porter des toasts pour un peu tout et n'importe quoi et chaque personne importante le faisait plusieurs fois en groupe ou avec des personnes en particulier. C'est un spectacle et un vrai cérémonial. A chaque fois, je me demande : dois-je vider tout le verre ? A quel moment dois-je boire ? Dois-je porter un toast à mon tour ? Que dois-je répondre ?...
Je n'ai rien contre le fait de trinquer plusieurs fois mais je déteste devoir le faire avec de l'alcool. Les Chinois sont presque vexés si on veut trinquer avec de l'eau ou du thé mais le pire c'est qu'ils vous forcent souvent à boire tout votre verre. C'est un jeu, en fait. Et, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de verres qu'ils ingurgitent en une soirée. Ils vous avalent l'eau de vie comme si c'était de la limonade. C'est impressionnant de voir à quel point ils tiennent bien l'alcool. Une longue habitude, probablement. Tout cela me fait dire que je suis bien contente de ne pas travailler dans le monde des affaires ou de ne pas être fonctionnaire en Chine car ce serait un supplice de devoir participer régulièrement à ce genre de cérémonie.
En tout cas, j'ai quand même réussi à limiter les dégâts en me contentant la plupart du temps de tremper les lèvres dans mon verre de vin qui a pu faire presque toute le soirée, sauf à la fin où je ne sais plus trop quel responsable (malgré le peu d'alcool que j'avais bu, j'avais un horrible mal de crâne et comme tout était en chinois, je n'écoutais plus trop) est venu trinquer spécialement avec chacun d'entre nous et, là, pas moyen d'y échapper, il m'a abligé à avaler mon verre d'un coup. Ce n'est pas en Chine que je vais commencer à apprécier l'alcool, ça c'est sûr !

Il faudrait que j'arrête d'être aussi moqueuse ou ironique lorsque je parle des Chinois, de leur façon d'être ou de leurs coutumes car ce n'est pas juste. Leur comportement diffère du nôtre mais ça ne veut pas dire que c'est moins bien ou mieux; c'est simplement...différent. Et en me relisant, j'ai l'impression de les juger avec condescendance comme si je voulais tourner en ridicule tout ce qui les concerne, comme si nous étions mieux qu'eux (je ne parle pas de politique, ici). Et pourtant, ce n'est pas du tout ce que je voudrais transmettre car, malgré tout ce que j'ai dit, je les aime bien ces Chinois quand même,.... enfin, la plupart du temps !...


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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 16:44

La semaine dernière, après avoir exprimé ma surprise de ne pas voir plus de feuilles colorées dans les arbres, une de mes élèves m'a téléphoné le soir même pour me proposer d'aller dans les environs de Jinan, le week-end. On y trouve une vallée où l'on peut admirer des érables dont les feuilles prennent une magnifique teinte rouge en automne. 
Nous voilà donc parties samedi après-midi en route pour Jinan sans savoir exactement si les feuilles étaient déjà rouges ou déjà tombées....
Week-end assez court car nous n'avons quitté Qingdao que vers 14h. Nous avons pris le TGV "train à grandes vibrations" (désolée, je sais que cette blague est éculée). Train très lent en tout cas (presque 5h pour atteindre Jinan) mais il faut dire qu'à 32 yuans (3€) le trajet, on ne pouvait guère s'attendre à autre chose. J'ai beaucoup aimé le voyage : l'atmosphère était très .... chinoise. En effet, comme le tarif est bon marché, la plupart des passagers sont des étudiants ou des paysans/ouvriers agricoles au visage tanné et ridé par le soleil qui transportent d'envahissants ballots. Jeanne m'a expliqué qu'il s'agissait, en fait, de leur couette car ils travaillent dans différents lieux et sont donc amenés à beaucoup se déplacer pour trouver du travail ou rejoindre leur famille. D'autre part, nous avons également aperçu des familles issues de minorités ethniques (il y en a une soixantaine en Chine) : on les reconnaissait à leurs vêtements un peu différents des autres et à leur dialecte dont Jeanne ne comprenait pas un mot.

Arrivées à Jinan, un des anciens camarades de classe de Jeanne nous a accueillies. Nous sommes allés manger ensemble dans un minuscule restaurant qui ne payait pas de mime, disons une gargotte : murs lépreux, carrelage sale, miroirs brisés... et j'en passe. Repas à 16 yuans (à nous 3 ! soit 50 centimes d'€ chacun...) pour deux plats de baozi (petits pains farcis) et un bol de nouilles ! Ah, les bons côtés de la Chine.... En guise de boisson : eau de cuisson des pâtes ! Et oui, il paraît que c'est assez courant (pas dans les restaurants, mais dans la famille) qu'elle serve de boisson. Après tout, la plupart des restaurants offrent de l'eau chaude comme boisson, alors au moins l'eau de cuisson a un peu plus de goût ! Le camarade de Jeanne trouve cela délicieux; pour ma part, je n'irais pas jusqu'à dire cela mais c'est parfaitement buvable.
Ensuite, il nous a emmenées à l'hôtel qu'il avait trouvé pour nous : 30 yuans la chambre pour nous deux ! Décidément, ce fut une journée économique ! Il faut dire que l'hôtel n'avait rien d'un palace. Il consistait, en réalité, en quelques chambres au premier étage d'un vieil immeuble bien laid. Notre chambre était minuscule : 6 ou 7 m2 avec un grand lit, un meuble avec une télé et une chaise. Je ne vous parle pas des rideaux troués, de l'absence de chauffage, de la poussière, des murs qui étaient en fait des cloisons; c'est pourquoi on entendait notre voisin ronfler ! Les toilettes et la douche étaient au bout du couloir. A ma grande surprise, les toilettes étaient à l'occidentale mais il fallait voir dans quel état de saleté était la pièce. La baignoire était remplie d'eau grisâtre à côté de laquelle se trouvait un balai serpillière qui ne devait pas souvent servir; le carrelage était couvert de poussière et de saletés; le lavabo, blanc à l'origine, était d'une couleur indéfinissable... C'est à vous décourager de vouloir vous laver. C'est vraiment le genre d'hôtel où l'on ne peut être que de passage : rester là plus d'une nuit serait trop déprimant ! Mais le plus incroyable de tout, c'est qu'il est géré par un vieux couple de Chinois qui vit dans une des chambres. Autrement, dit, ils n'ont pas plus de 7 m2 pour vivre. J'ai vu leur "appartement" : un grand lit, deux meubles dont l'un avec une télé et des appareils et ustensiles de cuisine empilés un peu partout, par terre, sur la télé.... Mais comment peuvent-ils vivre ici ? Il n'y a aucune fenêtre dans leur chambre, pas de chauffage, pas d'espace (le lit prend déjà presque toute la place !)... Je les plains....

Dimanche matin, nous avons pris le bus vers 8h30 pour rejoindre la station d'autocars. Pas de chance : un seul autocar dans la journée et il était déjà parti. Heureusement, il existe un bus qui y mène mais il est beaucoup plus lent. Nous n'avons donc atteint la vallée Hongye (des "feuilles rouges") que vers 10h45, sachant que nous reprenions le train pour Qingdao l'après-midi même !



PB110252.JPGTemps magnifique mais de feuilles rouges.... point. Apparemment, elles étaient déjà tombées. C'est vraiment dommage car le site était très plaisant : jolie vallée autour d'un lac, entourée de montagnes, avec des petits chemins, des cascades, des petits ponts, des pavillons.... C'est l'un des 10 nouveaux sites touristiques du Shandong. J'imagine que le paysage doit vraiment être féerique lorsque les érables sont rouges.







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Ah, ces Chinois, quel romantisme !.... Et après, ce sont eux qui sont persuadés que la France est un pays romantique....

















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Et enfin quelques photos des stars de la journée, c'est-à-dire nous : Li, Jeanne et moi.

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les vraies vedettes étant aux abonnés absents, mises à part quelques rescapées....

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ainsi que quelques autres qui, à défaut d'être rouges, étaient d'une lumineuse teinte dorée...

PB110159.JPG
















Et pour finir, retour en enfance avec une délicieuse barbe à papa (et oui ! on en trouve aussi en Chine !) que Jeanne et moi avons dévorée sur la plus grande place de Jinan, juste avant de reprendre le train (le vrai TGV, cette fois-ci soit 2h20 de trajet pour 120 yuans).

PB110270.JPG    PB110271-copie-1.JPG






Petite note culturelle : vous savez ce que fêtent les Chinois le 11 novembre ? Non ? Allez, je vous aide : 11 novembre = 1111. Non ? Vous ne voyez toujours pas ? Et bien, le 11 novembre, c'est la fête des célibataires (célébrée ce jour là pour la symbolique des chiffres 1) ! Les jeunes s'envoient des sms avec des "bonne fête" et sortent le soir dans les bars... Le symbolisme s'applique dans tous les domaines en Chine !....  
     

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 16:00

Samedi 19 octobre : départ aux aurores, 7h, direction Qufu. Qufu est une ville située dans la province du Shandong comme Qingdao mais elle en est assez éloignée puisqu'il faut 6 bonnes heures en car pour l'atteindre. Cette sortie de deux jours est organisée par le bureau international pour les profs étrangers. Pendant 2 jours, j'ai eu la tête farcie d'anglais car évidemment, j'étais la seule prof française alors que tous les autres étaient anglogphones. Vous ne trouvez pas que la nature chaleureuse à l'extrême des Américains est épuisante, à la fin ? Et cet insupportable accent : comme je suis à moitié asiatique et que je ne veux pas perdre la face, je fais semblant de comprendre lorsque l'on me parle et j'acquiesce ou balbutie quelques vagues phrases. C'est pénible ! En plus, ils sont toujours contents, de bonne humeur, engageant la conversation avec tout le monde, remerciant avec enthousiasme.... Certes, il n'y a rien de répréhensible dans ces comportements, bien au contraire, mais, moi, ça me « saoûle ». Enfin, cela dit, ils sont très gentils et je les trouve charmants.... à petite dose !

Cette première journée a été très courte, finalement, car arrivés à Qufu à 13h30, nous avons déjeuné en une heure et n'avons commencé notre visite de la ville qu'à 14h30 (sachant que les sites ferment à 17h). Visiter 3 sites en 2h30 ! C'est le genre d'inconvénient des voyages organisés.... mais c'est d'autant plus frustrant lorsque l'on sait que le temple de Confucius a, par exemple, plus d'une centaines de bâtiments; alors le visiter en moins d'une heure....

Le temple de Confucius 



PA200156.JPGInstallé dans le centre-ville de Qufu, le temple de Confucius est considéré comme un des trois grands ensembles architecturaux anciens de la Chine avec le Palais impérial de Beijing et le palais d'été de Chengde.

















PA200166.JPGLe temple de Confucius a été autrefois utilisé par les dynasties féodales pour rendre hommage à Confucius. Commencé l'année suivante son décès (478 av. J.-C.), ce temple n'était alors constitué que de trois pièces. Sous le règne de l'empereur Wudi des Han (206 av. J.-C.-220), celui-ci abrogea les autres écoles au profit du seul confucianisme, la pensée de Confucius est devenue dès lors l'orthodoxie de la culture féodale chinoise. Les dominateurs des dynasties passées ont tiré parti de la pensée confucéenne qui répondait à leurs aspirations en l'honorant du titre de ''maître parfait''.

 

 












PA200039.JPGLe temple de Confucius, qui connut plusieurs fois des élargissements et des restaurations sous les dynasties des Ming et des Qing, comprend neuf groupes d'édifices dont les bâtiments principaux sont alignés sur un axe nord-sud, les bâtiments secondaires s'alignent symétriquement sur les côtés, l'ensemble comprend 466 pièces, 54 portes et portiques qui occupent 21 hectares. 
















La résidence des Kong 




PA200064.JPGAvant la 9e génération des descendants de Confucius, sa résidence est restée à l'état d'origine. Au temps des Han (206 av. J.-C.-220), elle commença à subir quelques modifications, notamment avec l'élévation des titres conférés par l'empereur aux descendants de Confucius, et fut élargie. Sous le règne de l'empereur Ren Zong des Song, celui-ci conféra au descendant de la 46e génération de Confucius, le titre de ''Sage Duc'' et depuis lors, la résidence de la famille des Kong est appelée aussi celle du ''Sage Duc''. Elle occupe aujourd'hui 16 hectares, s'étend sur 2 km du sud au nord et comprend 463 pièces.







PA200052.JPG
























La tombe de Confucius

PA200091.JPGSituées à un kilomètre au nord de Qufu, on peut voir dans un cimetière les tombes de Confucius et de ses descendants.

L'année suivant le décès de Confucius, ses disciples l'enterrèrent au bord de la rivière Zhu au nord de Qufu. Au fur et à mesure de l'élévation du statut de Confucius, son cimetière a été restauré et élargi jusqu'au temps des Qing. C'est devenu un jardin paysager occupant 2 km² et ceint de murs hauts de 3,4 m et longs de 7,5 km.
















PA200086-copie-1.JPGCe jardin paysager est agréable, ombragé et tranquille. Le nombre des vieux arbres qui s'élèvent vers le ciel est estimé à 20 000 environ. 
 





















Et c'est malheureusement la fin de la journée; il est un peu plus de 17h mais le crépuscule recouvre déjà de son voile sombre cette belle journée ensoleillée. 
J'ai bien sûr apprécié ma visite à Qufu mais elle me laisse un peu déçue car j'aurais tellement voulu pouvoir en profiter un peu plus ! J'aurais voulu explorer les recoins secrets de ces vastes ensembles architecturaux et me perdre dans les allées ombragées.... En tout cas, les vieux bâtiments qui ont échappé, heureusement, aux fourches caudines de Mao et de sa Révolution Culturelle ,ainsi que les immenses cyprès centenaires offrent un superbe écrin pour celui dont ils célèbrent la mémoire...




Dimanche 20 : excursion au Mont Taishan (dont le pic le plus haut s'élève à 1545m). Vous allez me reprocher de n'être jamais contente mais, là encore, je vais me plaindre. Se rendre sur la première montagne sacrée de Chine en bus et en téléphérique, n'est-ce-pas une hérésie ???? Cela n'a aucun sens, autant dire que je n'ai rien vu. C'est pourquoi, je suis plus que jamais décidée à y retourner et à grimper, cette fois-ci, les 6000 et quelques marches qui mènent au sommet. Et, là, je serai enfin satisfaite !


PA210199.JPGPour en revenir à notre excursion, 40 petites minutes de marche depuis le terminus du téléphérique nous ont conduit au temple situé au sommet. Ce jour-là, il y avait un peu de brume mais l'on pouvait voir un peu les sommets alentours. 











PA210192.JPGEn réalité, le sommet n'est pas très beau : beaucoup de gens, de bâtiments plus ou moins traditionnels... Et puis, ces innombrables demandes pour poser sur des photos !!!! Je ne le supporte plus. J'ai cru mourir, vraiment. Impossible de faire 100m sans qu'un Chinois nous fasse signe (à moi et à une autre fille du groupe) qu'il veut prendre une photo avec nous. J'ai refusé catégoriquement à chaque fois alors que mon amie se laissait faire. Cela m'ennuie car je ne veux pas qu'ils pensent que les Occidentaux sont des gens désagréables mais cela m'agace tellement de jouer le rôle de potiche décorative !
 




PA210184.JPGEn fait, ce qui m'angoisse pour ma future randonnée à Taishan, ce n'est pas de devoir grimper 6000 marches (le chemin qui serpente à flan de montagne que vous pouvez apercevoir sur la photo) mais plutôt de devoir affronter 6000 Chinois voulant me prendre en photo !.... Surtout que certains s'acharnent car même après notre refus (poli), certains nous harcèlent presque et vont jusqu'à nous suivre pour nous prendre à notre insu ! Rrrrr de vrais paparazzi...






Je pense qu'en fait un bon nombre de ces Chinois sont de la campagne et qu'ils n'ont probablement jamais rencontré d'étrangers auparavant; d'où ces sollicitations. Preuve que certains chinois viennent d'une autre époque : mon amie a demandé à 3 vieilles femmes de poser avec elle sur une photo et lorsqu'elle a regardé la photo sur l'écran de son appareil photo numérique, les vieilles femmes se sont approchées et ont voulu voir ce que regardait mon amie. Lorsqu'elles se sont vues sur l'écran, elles étaient ravies : elles faisaient des commentaires en se désignant les unes les autres et en riant. C'était un très amusant et très sympathique spectacle !

Donc, malgré tout, agréable matinée. Quel plaisir d'être sur une montagne, de pouvoir respirer à pleins poumons un air pur, de savourer cette fraîcheur piquante et contempler des montagnes embrumées...

Et pour finir ce beau week-end, une petite photo qui fera fondre les coeurs tendres et même les autres (juste retour des choses : moi aussi je les prends en photo !) :

PA210213.JPG

  
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