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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:37

VIE PERSONNELLE


- Mariage : 1 (cf. article futur dans mon autre blog)


- Déménagement : 1 (de Shenzhen à la banlieue de Canton/Guangzhou)


TRAVAIL


- Travail quitté volontairement (la semaine dernière) : 1


- Etudiants diplômés : 33 sur 34... 


- Etudiants qui ne méritaient pas d'être diplômés : 26


- Etudiante de dernière année qui a tenté de faire jouer ses relations pour l'obtention de son diplôme : 1

(c'est la fille d'un(e) ami(e) d'un prof du département des langues étrangères; celui-ci a demandé à ma directrice si elle ne pouvait pas faire un geste - je ne sais pas comment il a présenté la requête; mais ma directrice m'a rapporté l'histoire en fulminant)


- Etudiant de dernière année qui a demandé l'obtention de son diplôme : 1

(il a contacté ma directrice en lui demandant de le laisser être diplômé - carrément - alors que c'est le pire étudiant de la classe ! cf. prochain article)


- Etudiants de 1ère et 2ème année qui ont échoué à mes examens ce semestre : entre 8 et 15 sur des classes de 30 à 37

- Etudiants que j'ai surnotés : tous (sinon ce serait 22 à 25 d'entre eux qui auraient échoué...)


- Travail trouvé (à partir de septembre à l'université de Guangzhou) : 1


- Différences dans l'organisation scolaire entre l'école à Shenzhen et l'université à Guangzhou : 0

(Si ce n'est le bon niveau de mes futurs étudiants. Pour le reste : mêmes incohérences. Formulaires à remplir pour l'administration que personne ne va lire; demandes urgentes au dernier moment pour le jour même ou le lendemain alors qu'une semaine plus tard, la personne n'a pas encore lu ce que je lui avais envoyé....)


- Aperçu d'un cours de politique : 1

(en passant dans un couloir en fin d'après-midi, à l'heure où je n'ai pas cours d'habitude, j'ai aperçu par les fenêtres d'une salle de classe un grand drapeau chinois; je suppose qu'il s'agit d'un de ces fameux cours de politique que mes étudiants trouvent ennuyeux au possible)

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ANIMAUX


1. Cafards :

- longs comme mon petit doigt et larges comme mon majeur

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- quotidiennement ou presque dans les couloirs de mon ancien immeuble, dans mon ancienne chambre (à ma décharge, il y avait au moins 2 cm d'espace entre le sol et ma porte; sans compter les ouvertures mal bouchées autour des tuyaux de l'évier, du lavabo, de la machine à laver...), dans certains restaurants...


2. Rats :

- plusieurs fois par mois sur le chemin de l'école quand j'étais à Shenzhen, près des poubelles sur mon ancien campus, dans les détritus à ciel ouvert jetés dans un bosquet,...


- une fois dans les tentures suspendues au plafond d'un restaurant

(le serveur a pris un bâton pour le faire descendre; il s'y ait tellement mal pris que l'animal a presque atterri dans notre assiette; et le comble, c'est qu'il l'a tabassé sous nos yeux à quelques mètres de nous; c'était l'une des 1ère fois que mon copain et moi sortions ensemble; charmant !)


- une fois dans un café

(c'est moi quil l'avais aperçu la première; le truc filait vite en rasant les murs; il est passé et repassé plusieurs fois sans que personne d'autre ne le remarque; nous avions rapidement fini d'avaler notre breuvage même si soudain il avait perdu de sa saveur...) 


3. Insecte E.T. :

insecte volant de forme assez ronde, brun à l'extérieur au sang et aux oeufs verts fluo, qui venait mourir sur ma terrasse au mois de mars / avril sans avoir oublié d'assurer sa descendance en me laissant en héritage une tripotée de minuscules oeufs fluos sur mes beaux vêtements blancs qui sèchaient au soleil...


TRANSPORT


- Accident de bus (à Hong-Kong) : 1

J'avais les yeux fermés, je ne les ai ouverts qu'au dernier moment quand le bus a freiné brusquement. J'étais assise au 2ème rang. J'ai vu un mini-bus à l'arrêt ou très lent sur lequel nous foncions. J'ai juste eu le temps de dire : "Mince alors, on ne va quand même pas se crasher !". Et bien si... Pendant quelques secondes, j'ai perdu la notion de tout et c'est une vive douleur dans la mâchoire qui m'a fait reprendre le sens des réalités. J'ai cru avoir la mâchoire en sang, mais pas du tout; je saignais juste un peu à l'intérieur de la bouche. Mes lunettes avaient volé au 1er rang mais elles étaient intactes. Le sol était jonché d'éclats de verre provenant de la vitre avant du bus. Personne n'était apparemment blessé. Nous nous étions plus cognés plus ou moins violemment; mais c'est tout. Quelques minutes plus tard, un policier a pointé le bout de son nez et a demandé si tout le monde allait bien (enfin, je crois). Puis, on nous a fait descendre du bus. Pendant que nous attendions qu'un autre bus vienne pour nous mener à notre destination, plusieurs passagers (dont moi) prenions des photos avec notre téléphone de notre bus et du mini-bus accidentés.


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(le volant est à droite, nous sommes à Hong-Kong, ancienne colonie anglaise; c'est pourquoi notre chauffeur n'a rien eu non plus)

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(le mini-bus que nous avons heurté a dû être poussé sur quelques dizaines de mètres sous le choc)


Finalement, je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur. Je m'en suis sortie avec une simple mais grosse douleur dans le menton. J'avais un peu l'impression d'avoir la mâchoire fracturée, mais comme j'ai pu faire cours le lendemain, ce n'était pas le cas ! Mes étudiants n'ont même pas remarqué la bosse que j'avais au menton. Ma prononciation devait quand même être un peu étrange, puisqu'une étudiante m'a demandé à la fin du cours si je n'avais pas attrapé un rhume. Pas tout à fait....


- Pannes de bus / Roue crevée (à Shenzhen) : 3 (cette année)


- Situations inédites en bus (à Shenzhen et dans les environs) :


1. Une roue de perdue

(Le truc amusant, c'est que nous ne nous en étions même pas vraiment rendus compte. Le bus s'était soudainement arrêté et c'est vrai que mon copain était à moitié écroulé sur moi; toutefois ce n'est que lorsque nous avons aperçu la roue qui déboulait à toute allure tout droit sur la route que l'on s'est dit que c'était peut-être pour cela que notre bus penchait... Heureusement, c'était à la sortie d'une petite ville et il y avait peu de véhicules, donc la roue qui a bien fait deux cents ou trois cents mètres n'a créé aucun accident.)


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(Au loin, on aperçoit notre bus. J'ai du mal à évaluer la distance; mais la roue a fait du chemin, non ?)


2. La vitre arrière d'un bus où je me trouvais s'est morcelée et a éclaté en mille morceaux après que le bus derrière nous n'a pas pu freiner à temps et nous a percutés. Le choc a été presque imperceptible; mais il a été suffisant pour briser la vitre arrière. Heureusement, le terminus était proche et notre bus pratiquement vide, donc personne n'a reçu d'éclats de verre.


3. Le vomi :

Les Chinois sont très souvent malades en bus (j'ignore si c'est dû à la qualité des repas ou à la conduite agressive des chauffeurs) et il y a toujours des sacs en plastique dans un coin des bus à cet effet. Combien de fois ai-je assisté à des scènes dont je me serais bien passé ? La scène qui m'a le plus répugnée, c'est une fois, lorsque j'attendais un bus à un terminus. Normalement, les chauffeurs font descendre les passagers, font une pause de quelques minutes et vont remplir quelques papiers; puis ils reviennent, ouvrent la porte pour permettre aux nouveaux passagers de monter. Ce jour-là, avant d'ouvrir la porte à tout le monde, le chauffeur a pris un genre de balai serpillière et s'est dirigé vers le milieu du bus, près d'un siège, où j'ai aperçu les restes d'un repas régurgité... Au lieu de nettoyer, il a simplement posé le balai par-dessus la scène peu ragoûtante; puis il est retourné s'asseoir et a ouvert la porte. Je n'ai pas hésité : je me suis écartée de la file et j'ai décidé d'attendre le prochain bus. Toutes les autres personnes sont montées...

 

Climat


 - Inondations : 1

Pendant deux semaines en mai, on a subi des pluies de mousson ininterrompues. Le dimanche 11, après le déjeuner dans un restaurant au centre de Shenzhen, nous n'avons pas pu prendre le bus car il y avait des embouteillages - à ce moment-là, nous ignorions ce qui se passait. Nous avons opté pour le métro. Dans le métro, nous avons remarqué que plein de gens avaient leurs chaussures à la main et ne prenaient même pas la peine de se rechausser. Près des guichets, il y avait de grosses fuites d'eau qui venaient du plafond et les escaliers et escalators pour rejoindre la rue étaient transformés en cascades. Dehors : le choc. Toutes les voitures étaient arrêtées et certaines étaient abandonnées car il y avait trop d'eau.


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Nous avons rejoint mon campus à pied. De vrais torrents nous ont accueillis et l'eau nous arrivait jusqu'aux mollets. 

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J'ai bloqué mon esprit pour ne pas penser à tous les virus et maladies qui nous entouraient puisque les bouches à égoût dégorgeaient et faisaient des bulles adorablement répugnantes. A mi-chemin, mes sandales ont lâché; j'en ai perdu une dans le flot, la lanière de l'autre a cassé. Je me suis retrouvée pieds nus moi aussi. J'avais un peu peur de marcher sur des objets contondants ou coupants et de me blesser, mais après avoir jeté un coup d'oeil au lac près de mon bâtiment qui débordait, nous avons pu rejoindre sains et saufs ma chambre. Les torrents ont assez vite disparu en fait et, le soir, tout était redevenu calme - en tout cas, près du campus. Ca n'a pas empêché la moitié des étudiants le lendemain d'être en retards d'une heure ou plus en classe; soi-disant à cause du mauvais temps. Connaissant mes gugusses, j'ai tendance à douter de leur bonne foi...

 

Environnement


- pollution de l'air : ?

Dans ce coin de Chine, contrairement à ce qu'on pourrait penser, nous ne souffrons pas trop de la pollution. Nous voyons souvent le ciel bleu et je n'ai jamais senti de gêne respiratoire quand je suis dans la rue en dépit des embouteillages. 


- autres formes de pollutions : partout

C'est l'une des choses qui m'exaspère le plus : le manque de civisme des gens, notamment en ce qui concerne les déchets. Les gens, ici, ne font aucun effort.

Ils ont une bouteille en plastique à la main ? Que font-ils une fois qu'elle est finie ? Ils la balancent dans le bosquet voisin alors qu'il y a des poubelles tous les 30 mètres en Chine. Ils grignotent un encas dans un sachet en plastique ? Une fois dévoré, ils laissent le sachet tomber par terre à leurs pieds. Il y a des déchets dans le bus ? L'employée (qui vend les billets dans certains bus) les jettent dehors d'un bon coup de balai à un arrêt. Au passage, toujours se méfier en Chine : toujours regarder devant soi - crachats, détritus, sol mal pavé, flaques immenses, plaques d'égoût déplacées, trous béants,... -, derrière soi - véhicules en tout genre qui surgissent n'importe quand à n'importe quelle vitesse et qui ne freinent jamais-, sur le côté - quand il pleut, véhicules qui foncent dans les flaques n'hésitant pas à éclabousser les piétons sur le trottoir -, .... 

Pour en revenir à mon sujet, c'est juste incroyable. Vous allez dire que le comportement de quelques uns ne reflètent pas la société en général. Sauf que ... si, dans ce cas. Il n'y a pas un jour où je ne vois pas une personne agir de façon inconsidérée par rapport aux déchets polluants. 

Pour vous montrer un peu. Il y a quelques mois, ils ont réaménagé un côté de mon ancien campus en créant des parterres de fleurs. J'ai pris ces photos 3 ou 4 jours plus tard : regardez un peu ce que c'était devenu.

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Je ne suis pas en colère à cause de l'environnement, en fait. C'est juste que c'est sale !! Dans les grands boulevards de Shenzhen, tout est nickel car des dizaines de balayeurs sillonnent les trottoirs à longueur de journée; mais dans les autres rues : c'est vraiment sale ! Et quand il pleut, c'est immonde car comme l'eau s'évacue mal, on patauge toujours plus ou moins dans tout ça. Ce n'est que du plastique vous allez me dire, oui. Mais, les gens font aussi plein de choses pas très ragoûtantes : les grands-parents ou parents font faire pipi aux enfant un peu partout dans la rue sans se cacher dans un coin ou sans même se mettre sur le côté de la rue; il y a aussi souvent du vomi; les poubelles qui sont vidées ou lavées parfois n'importe où... Donc, voilà. En Chine, il est impossible de trouver un endroit propre. Et conseil : ne jamais vous asseoir nulle part dehors; on ne sait jamais ce qu'il y avait avant que vous arriviez. A l'inverse, le métro, par exemple, est beaucoup plus propre qu'à Paris : pas de miasmes nauséabonds, pas d'ivrognes, pas de gens louches, pas de resquilleurs qui passent sans payer, pas de saletés. J'imagine le choc pour les Chinois s'ils prennent le métro à Paris : ils doivent se demander s'ils n'ont pas été transportés soudainement dans un pays du quart-monde.

 

Ethique, morale et comportement en société


Mon thème précédent à un peu dévié à la fin car le fait de jeter des déchets partout et de faire un peu n'importe quoi dans la rue rejoint ce thème-ci. A chaque fois, je me dis de ne pas juger les Chinois selon les critères que je connais, mais à un moment donné on peut tout de même se poser la question : où se trouve la frontière entre différence culturelle et simple manque de respect des autres ?


La Chine s'est développée à une vitesse incroyable, les gens ont bien adopté le fameux slogan de Deng Xiaoping "Enrichissez-vous". Mais, à mon avis, c'est à cause de cela que la société chinoise n'est pas saine aujourd'hui. C'est un pays où ne peut faire confiance à personne et à rien. Pour survivre en Chine, il faut être individualiste et faire jouer la loi du plus fort ou ses relations. Je veux bien croire que ce soit dû à la population : comment une société peut-elle évoluer harmonieusement avec plus de 1 milliard d'habitants ? Mais je crois que la société chinoise souffre simplement d'une profonde perte de valeurs morales et éthiques. 


Pour prendre le bus ou le métro, si vous ne poussez pas les autres, vous serez le dernier à monter ou, quand bien même quelqu'un était derrière vous, il n'aura aucun scrupule à vous dépasser si vous ne vous battez pour ne pas le laisser passer. J'ai remarqué - étrangement - que je suis toujours la dernière à monter dans un bus ou dans une rame de métro (et, en plus, franchement, qui a envie de se coller aux autres pour ne pas perdre sa place quand il fait 32° C et 84% d'humidité ?).


Pareil quand on fait la queue. Ce n'est vraiment pas une légende : en Chine, ça commence à changer mais les gens ont bien du mal à respecter une file d'attente. A un guichet pour acheter un billet de train, même s'il y a des barrières de chaque côté pour tenter de canaliser le flux de gens et les obliger à faire une file, il y a toujours des malins ou des sans-gênes qui vont se glisser sur le côté sous le prétexte qu'ils sont en retard ou qu'ils veulent juste un renseignement ou simplement, ils ont la technique. Et même si le guichetier fait signe à ses personnes de faire la queue, ils vont rester là et prendre la place dès que quelqu'un se laissera faire.


Je me souviens d'une fois où je faisais la queue pour passer la frontière entre Shenzhen et Hong-Kong. A chaque fois, c'est la foire d'empoigne. C'est pénible car les Chinois ne laissent pas de distance entre eux et ils se collent aux autres pour être certains de ne pas se faire piquer leur place et/ou pour tenter de piquer la place du voisin de devant à la moindre occasion. Imaginez les coureurs du Tour de France au sprint final, c'est celui qui peut se glisser parmi la masse compacte qui gagnera. Et bien, c'est ainsi en Chine. Sauf que c'est à tout moment, dans toutes les situations et partout. Donc, ce samedi-là, j'étais dans la file. Comme il y a trop de monde, on est parqués comme à l'entrée des attractions de Disney : un vrai labyrinthe de barrières qui font des tours et des détours. Non seulement, mon voisin de derrière me collait tellement que je n'arrêtais pas de recevoir des coups dans le dos chaque fois qu'il manipulait son téléphone ou bougeait dans un sens ou dans l'autre, mais en plus, il a essayé à chaque tournant de me dépasser. Je sais que c'est puéril mais il m'a tellement agacé que je me faisais une joie de lui bloquer le passage en prenant bien toute la place. Le truc, c'est qu'une personne normalement constituée comprendrait le message; mais non, pendant la dizaine de tournants, il est toujours apparu à la périphérie de mon regard sur ma gauche ou sur ma droite après m'avoir bien écrasé les talons, avant qu'il ne retourne derrière voyant qu'il ne pouvait pas me doubler. Bienvenue à Crazyland ! 


Dernier exemple, quand on prend le taxi, on court toujours le risque d'être tué. Les chauffeurs chinois ne supportent pas d'être dépassés par les autres; de sorte qu'ils n'hésitent pas à doubler et à redoubler en coupant les voies à droite ou à gauche si jamais un véhicule a eu le malheur de le dépasser avant. Je m'étonne qu'il n'y ait pas de champions de Formule 1 chinois, ils feraient des compétiteurs incroyables, pourtant. 


Comment qualifier tous ces comportement ? Est-ce une question de "face" - concept que je ne saisis toujours pas bien ?


Et puis, il y a le bruit. Partout, incessant. La sonnerie des téléphones; les glapissements des gens - les ménagères de plus de 50 ans, souvent- qui "parlent" dans la rue/au restaurant/au téléphone/aux toilettes/dans le bus/ dans le train; les dialogues et les musiques des films que certains regardent sur leur téléphone ou tablette tout fort sans utiliser d'écouteurs; les klaxons des véhicules en tout genre; les raclements de gorge avant les crâchats; les vociférations des vendeurs et chauffeurs qui vous interpellent à longueur de journée quand vous marchez dans la rue; le tapage des jeux dont les vendeurs font la démonstration dans la rue; le crissement des roues des véhiculent qui freinent brutalement; les rugissements des vendeurs dans leur mégaphone pour faire la publicité de leurs produits sur le trottoir; la musique poussée à fond dans certains magasins ou sur certaines places dehors;... 


Comment les Chinois ne sont-ils pas incommodés par tout ce vacarme ? Le silence est une denrée rare en Chine... Je classe aussi cela dans le manque de respect car tout le monde n'a pas envie de savoir ce que raconte telle ou telle personne dans son téléphone. Sauf que quand on est dans le bus et que c'est le passager à côté de vous qui hurle dans son appareil, on ne peut pas y échapper. Avec le fait de jeter des trucs dans la rue, c'est la deuxième attitude qui me tue le plus en Chine. Est-ce qu'ils ont conscience que tout le monde les entend ? Est-ce qu'ils s'en fichent ? Mais, surtout, comment se fait-il qu'ils parlent si fort ???? 


Le manque d'éthique et de respect des autres est fortement lié à l'argent - simple poursuite de son enrichissement personnel, corruption, ... . Cela crée de graves problèmes comme ceux des scandales alimentaires ou de la non-assistance en danger.


Mes étudiants m'ont dit qu'en Chine, peu de gens osent intervenir lorsqu'il y a un accident de peur qu'ils ne soient accusés de l'avoir provoqué et qu'ils doivent payer des réparations, par exemple. Les médias chinois ont rapporté plusieurs cas de ce genre ces dernières années. Evidemment, les Chinois ne sont pas tous à blâmer personnellement; mais ils vivent dans une société où l'on ne peut faire confiance à personne et à rien, comme je le disais au départ.


De même, la presse chinoise ou étrangère évoque souvent les problèmes du riz au cadminium, des oranges teintées chimiquement, de la viande de rat vendue comme étant du boeuf ou du mouton - j'ai arrêté de manger du boeuf en Chine depuis quelques années car je trouve qu'il a un goût dégueulasse, tu m'étonnes... -, des choux aspergés au formol pour préserver leur fraîcheur, du lait en poudre mélaminé, des desserts dont la gélatine a été obtenue à partir du cuir de vieilles chausures, de faux oeufs qui rebondissent comme des balles; de faux miel fabriqué à partir de sirop de maïs, de malt d'orge et de mélasse et, le pire, l'huile récupérée dans les égoûts près des restaurants.


 En même temps, je n'ai jamais souffert d'indigestions. Cela dit, je fais plus attention à ce que je mange et j'achète aussi. Mais quand on mange à la cantine ou même au restaurant qu'il soit chic ou pas, comment savoir d'où viennent les produits ? Et même si on achète des produits soi-disant de meilleure qualité, comment s'en assurer vraiment ? C'est pourquoi beaucoup de Chinois s'ils en ont les moyens vont à Hong-Kong pour acheter du lait en poudre, entre autres. 


Plus que dans beaucoup de pays, me semble-t-il, l'argent est roi. Ici, il contrôle et achète tout. En France, on connaît aussi les scandales alimentaires; mais le problème c'est qu'en Chine, on ne peut pas faire confiance aux contrôles et aux contrôleurs puisqu'on sait que l'un des plus grand maux de la société chinoise actuelle est la corruption. Forcément, quand des gens commencent à mourir, c'est plus difficile d'étouffer les affaires scandaleuses. Mais, on sait très bien qu'on ne sait rien de tout ce qui se trame et se passe vraiment en Chine. 


Il ya toujours le système officiel et les combines. Les règles et les exceptions. En fait, la Chine ne manque pas de règles, c'est juste que personne ne les suit et personne ne les fait appliquer. C'est chacun pour soi et personne pour les autres... 


Toujours par rapport à cette idée de méfiance envers tout, c'est vrai qu'on ne peut faire confiance à aucun produit en Chine. La nourriture est le cas le plus flagrant. Mais, la réputation négative du "made in China" n'est pas usurpée. Lors de ma première année en Chine, je m'émerveillais du bas prix de beaucoup de produits. Cependant, les semelles qui lâchent, les bandoulières des sacs qui craquent, les vêtements qui déteignent, les produits électroniques qui tombent en panne, etc, on finit par se lasser. Alors, bien sûr, on peut y mettre plus le prix sauf que la qualité ne suis pas forcément. C'est pourquoi, les Chinois achètent souvent des produits à l'étranger (par exemple, les Chinois qui voyagent au Japon achètent en masse.... des autocuiseurs !). Si vous avez de l'argent, c'est sûr que vous pouvez obtenir ce que vous voulez; sinon...


Quand à la méfiance par rapport aux gens, il y a bien sûr tous les comportements que j'ai relevés un peu plus haut.


Il y a aussi tout une gamme de comportements relatifs au fait d'être un étranger. En premier lieu, le marchandage. Je n'essaie même plus; je ne sais jamais combien j'ai perdu; alors je préfère me passer de tel ou tel produit ou l'acheter plus cher dans un magasin où les prix sont affichés. Cela dit, j'ai lu sur internet des étrangers qui semblent se réjouir de cette activité et qui en parlent comme s'ils allaient en guerre. C'est sans doute un peu le cas pour pouvoir bien négocier mais je suis une pacifiste, donc j'ai renoncé. A quoi bon ? Même si on négocie comme un forcené, je doute qu'on parvienne à des prix comme en obtiendraient des Chinois.... Le problème, c'est quand on doit négocier le prix des transports (moto-taxi ou faux taxi; j'évite mais parfois ce sont les seuls qui sont disponibles). Là, je ne peux pas y couper et je sais que je vais me faire avoir.


Ensuite, il y a aussi cette fausse gentillesse ambiguë qu'ont les Chinois envers les étrangers. Je l'ai déjà dit, les étrangers (occidentaux) sont plutôt bien vus dans la rue en Chine, contrairement aux étrangers en France. Mais, je ne qualifierais pourtant pas leur attitude de "gentille". Je ne me souviens pas d'avoir rencontré un Chinois qui m'abordait sans arrière pensée. Quelquefois, pour me demander de me prendre en photo avec leur femme/mari/bébé; souvent, pour être mon "ami(e)" (= je veux pratiquer l'anglais avec toi); parfois pour me vendre quelque chose. En plus, ils sont très directs et si j'essaie de leur faire comprendre que "non-merci-je-ne-suis-pas-très-intéressée-car-je-suis-suffisamment-occupée-et-je-ne-vous-connais-pas"; ils ne comprennent pas les sous-entendus (problèmes de langage, peut-être). Du coup, je suis obligée de faire mon occidentale prétentieuse et malpolie; et ça m'embête car je ne veux pas être désobligeante; mais je ne suis ni un dictionnaire ambulant ni une potiche décorative pour arrière-plan de photo.


Mais, pour en revenir au manque d'éthique lié à l'économie, c'est, à vrai dire, la même chose dans les autres pays; l'argent change la personnalité et le comportement. Ainsi, en France, les difficultés économiques rendent les gens de plus en plus violents dans leurs actes comme dans leurs propos, et le pire, c'est qu'on s'en prend souvent aux étrangers et immigrés, alors que c'est nous - Européens et Américains - qui avons imposé au monde les modèles éducatifs, sociaux, financiers, économiques et monétaires qui règnent en maîtres actuellement. S'il y a des problèmes en France, c'est à nous qu'il faut d'abord s'en prendre, à ce qu'on a instauré, à ce qu'on en a fait, à la façon dont on l'exploite et dont on essaie d'en tirer profit. L'immigration dans tout ça n'est qu'une goutte d'eau.


Donc, voilà, aucun pays n'est parfait sinon on le saurait. A mon avis, la France n'est pas un pays facile à aimer si on y vit en tant qu'étranger (gros problèmes de discrimination; mauvaises services; agressivité inconsidérée d'un certain nombre de gens; grèves; lourdeur de l'administration; ... ); mais la Chine n'est pas un pays plus agréable pour un étranger non plus, bien que pour des raisons différentes. 


Au final, mes critiques sur la Chine n'ont pas changé depuis mes articles assassins rédigés lors ma première année ici. J'aurais aimé tracer un portrait plus positif de la Chine. La civilisation chinoise est admirée par nombre de chercheurs; mais j'ai vraiment du mal à la faire coller avec ce pays qui perd sa culture au profit d'une modernisation mal pensée, de la défiance que l'on cultive à l'égard de tout et tout le monde, d'une organisation sociale bancale et injuste, de cette recherche du profit à tout prix, de cette nouvelle culture où seules les apparences comptent alors que le reste ne suis pas (je ne parle pas du physique des gens; je parle plutôt, par exemple, des nouveaux immeubles tout pimpants qui poussent comme des champignons alors qu'ils ont déjà des fuites à la première grosse averse; de ces belles et larges avenues qui ne sont pas fonctionnelles; de ces restaurants bien décorés mais dont la vaisselle est sale; de ces trains qui roulent vite mais qui ont des accidents, de ces villes au milieu de nulle part qui restent inhabitées; ...)


Pour résumer, disons que je n'aime pas ni plus ni moins ce pays. Ce n'est pas plus facile ou difficile qu'en France - disons que les difficultés ou les avantages sont différents. Belle phrase de langue de bois ! lol    

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Published by armel - dans Vie à Shenzhen
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 16:17

Je me souviens de mes premières années ici, en Chine, de la virulence de mes propos et de ma façon très française (occidentale) de voir les choses où, tout en disant qu'il fallait garder l'esprit ouvert, je critiquais la Chine et les Chinois à tout va.  

 

Il est certain que lorsque l’on se trouve immergé dans une culture différente, on a tendance à juger d'après ce que l'on connaît, c’est-à-dire notre passé et notre culture d’origine. C'est normal. Le problème, c’est lorsque l'on reste figé sur cette position. Lorsque je relis au hasard quelques articles de mon blog, je me rends compte que le chemin a été bien long dans mon cas pour m'approcher de cette décentration - le fait de se placer dans  la perspective de l'autre -  à laquelle j'aspirais et me targuais d'être plus à même que d'autres de parvenir.

 

Je crois avoir atteint un stade où je considère que vivre en Chine  ou en France ne fait guère de différences.

 

L'autre jour, lorsqu'une collègue chinoise, enseignante d'anglais, m'a demandé quel pays était le meilleur, j'ai répondu franchement qu'aucun pays n'est parfait , que la Chine comme la France ont leur qualités et défauts et  que, finalement, ce n'est pas de vivre dans tel ou tel pays qui rend heureux ou malheureux, c'est plutôt votre entourage, votre travail, votre santé, vos loisirs ou votre situation financière. Je sais, c’est enfoncer une porte ouverte que de tenir de tels propos.

 

En fait, quand on vit à l'étranger, les habitants du pays qui vous accueille vous demandent si votre pays ne vous manque pas et les habitants de votre pays vous demande si ce n'est pas trop dur de vivre à l'étranger. J'avais aussi cette perspective comme base. Cependant, après avoir passé plusieurs années en Chine, je me rends compte que la question du pays n’est pas le problème. Certes, il y a des habitudes chinoises qui continuent à m'énerver. Mais, quand je reviens en France, je suis tout aussi agacée par certaines attitudes. Ma réponse à cette collègue était complètement sincère.

 

Je continuerai sans doute de temps à autre à critiquer tel ou tel aspect de la société chinoise; cependant, cela ne signifie aucunement que je préfère la France. Pour faire bonne mesure, je devrais écrire un blog sur la France, ainsi on verrait que je ne serais pas plus tendre avec mon pays natal.

 

J'ai également mis longtemps avant de me rendre compte de la discrimination que nous faisons subir aux étrangers. Bien sûr, quand j'étais en France, j'avais conscience de ce problème. Mais, en tant que fille blanche avec un nom "bien" français, je n'ai jamais rencontré de difficultés de ce type. Et je pense que c'est tout le drame des occidentaux blancs. Même si nous nous en défendons, nous gardons au fond de nous cette vieiile idée que nous sommes supérieurs aux autres races.  Même dans les plus hautes sphères de notre pays, cet esprit perdure. Lorsque Hollande est allé au Japon récemment et qu'il a voulu présenter ses condoléances, il a confondu "peuple japonais" et "peuple chinois". Un simple lapsus, dit-on. Certes, mais Hollande aurait-il fait cette erreur entre l'Italie et l'Espagne ? Certainement pas. Car, pour nous Français, les Chinois, les Japonais, les Coréens, les Vietnamiens, etc, ce sont tous un peu les mêmes, quoi. « Y sont pas comme nous. »

 

Le problème également, c'est que cette discrimination latente ne va pas disparaître de si tôt avec la situation économique actuelle. La France est en train de couler, la Chine de s'élever, et les médias en rajoutent en publiant articles sur articles sur le péril chinois pendant que notre gouvernement fait les yeux doux à la Chine et à ses entrepreneurs (cf la réception à l'Elysée, il y a quelques jours, de chefs d'entreprise chinois). Pas étonnant que les Français voient les Asiatiques d'un mauvais oeil (puisque les Chinois ou les Asiatiques, ce sont tous les mêmes, hein). Des actes de violences de plus en plus nombreux sont commis en France à l’encontre des Chinois, touristes ou étudiants. J'ai lu un article il y a quelques semaines sur un groupe de touristes chinois qui s'était fait agresser à Paris en pleine rue, à la sortie d'un restaurant, par des hommes qui en voulaient à leur argent. Récemment, des étudiants chinois ont également été agressés à Bordeaux.

 

Parmi mes étudiants, certains sont très sérieux et souhaitent visiter la France et même y poursuivre leurs études. Lorsqu'ils lisent ces informations et qu'ils me demandent s'ils seront en sécurité s'il vont en France, que voulez-vous que je leur dise ?

 

C'est très difficile pour eux d'imaginer le climat en France. Les Chinois ont cette idée que la France est un pays romantique où il fait bon vivre. Pendant toute l'année, je m'efforce de leur ouvrir un peu les yeux et de leur présenter une vision un peu moins idéalisée en appuyant là où ça fait mal. Je leur ai parlé du racisme, de la difficulté des immigrés à trouver un appartement ou du travail, des moqueries envers les étrangers, de l'ignorance des Français sur l'Asie... Mais, évidemment, ils ont du mal à intégrer ces éléments. Ils ont une image bien précise de la France, pays du luxe et du romantisme, image qui - à mon grand dam -est relayée par les publicités et les discours de l'ambassade de France en Chine.

 

Ainsi, deux employées du consulat de Guangzhou sont venues dans notre école pour présenter le système éducatif en France et expliquer aux étudiants les démarches pour partir étudier en France. Elles ont commencé leur exposé par une présentation très pompeuse sur la France. Grand pays sur le plan international (évidemment) avec son industrie de pointe et sa culture qui rayonne dans le monde, la francophonie (super ! je suis sûre que les habitatns des pays africains sont ravis de parler français, comme s'ils avaient eu le choix dans le passé !), de l'importance de la langue française... Je sais bien qu'elles sont dans leur rôle - qui devrait être le mien (mais je m'en fiche, je ne suis pas payée par la France, alors je peux raconter ce que je veux, nananère !...). Je ressens un malaise fou lorsque j'entends ce genre de discours. Est-ce que nos élèves sont vraiment impressionnés de savoir qu'il y a 220 millions de francophones dans le monde et que la France est la 6ème puissance mondiale alors que plus d'un millard de personnes parlent chinois et que la Chine est la 2nde puissance du monde ? Il faut que la France et nous, Français, commencions à apprendre l'humilité. On oublie toujours que la Chine a été un grand empire pendant plusieurs siècles, qu’elle est à l’origine de grandes inventions (papiers, boussole...) et que la place qu'elle occupe aujourd'hui est dans la continuité de l’histoire, finalement. La France, disons les pays européens en général, n'ont dominé le monde ces derniers siècles que parce qu'ils ont utilisé les autres pays, leurs ressources et leur population pour leurs propres bénéfices. Sans la colonisation et le pillage des ressources, l'Europe n'aurait jamais prospéré. Les Espagnols et Portugais ont profité de l'Amérique du Sud, les Anglais de l'Inde et de nombreux autres territoires, la France surtout de l'Afrique... La liste est bien longue.

 

Quand on critique la position de la Chine sur la question des droits de l'homme, nous devrions nous estimer heureux que la Chine ne nous rappelle pas notre passé colonial et notre participation au dépeçage de la Chine à la fin de la dynastie des Qing, de nos anciennes concessions sur le territoire chinois, de nos actions pendant les guerres de l'opium... Ce n'est pas parce que c'est du passé que c'est excusable. Au niveau des droits de l'homme, on ne peut vraiment pas dire que la France soit un modèle.

 

Encore une chose. En Chine, les étrangers sont traités comme des rois. Les Chinois sont très ouverts (parfois trop au point d’être collants, lol) ; ils font preuve d’une curiosité dénuée de méfiance et de haine, et d’une sincère gentillesse (dans la plupart des cas, il y a toujours des gens intéressés – par exemple, ils veulent devenir votre « ami » pour pouvoir en fait pratiquer l’anglais ; mais bon, c’est une minorité). En outre, les Chinois n’exigent pas des étrangers qu’ils se comportent à la chinoise. En France, on veut toujours que les étrangers se plient aux coutumes françaises. Bien sûr, les Chinois seront ravis si vous vous connaissez les habitudes chinoises, mais ils ne seront pas fâchés si vous ne les suivez pas (mis à part, certains épisodes que j’ai connus à Qingdao lors de repas arrosés avec certains personnages importants sur le plan local où l’on voulait vraiment me forcer à trinquer alors que je n’aime pas trop l’alcool, encore moins si je dois vider mon verre d’un seul trait ). Il n’empêche qu’il me semble vraiment que les Chinois sont très tolérants envers les étrangers. Quand je pense à la façon dont nous traitons les immigrés ou les touristes en France....

Alors, lorsque mes étudiants me demandent comment ça se passera s'ils vont en France un jour, je n'ai pas de réponse simple à leur donner. En fait, je n'ai pas de réponse du tout. C'est mon rôle de les aider s'ils souhaitent réaliser ce rêve, toutefois c'est également mon devoir de les mettre en garde et de les prévenir que tout n'est pas aussi rose et resplendissant que sur les pages de papier glacé d'un magazine sur la France...

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:45

En ces temps troublés où la France joue les matadors au Mali (oui, oui, je sais pour protéger les pauvres maliens du terrorisme - on y croit);  où la Chine et le Japon jouent à "je t'aime moi non plus"; j'en suis venue à me dire que décidément la mémoire est une drôle de chose.

Beaucoup de Chinois détestent le Japon (autant qu'ils l'envient d'ailleurs) que ce sentiment soit "enseigné" par le gouvernement ou naturel, c'est un fait. C'est en partie compréhensible, il n'empêche que si ce sont les Japonais qui ont le mauvais rôle dans l'histoire, c'est surtout parce qu'ils font partie des vaincus de la guerre. C'est un fait connu que l'histoire est écrite par les vainqueurs.

Bizarrement, les vainqueurs ont la mémoire très courte. Ah oui, va-t-on-dire, les Japonais ont envahi la Chine, ils ont tué des milliers de Chinois, donc ils sont coupables et doivent s'excuser plus sincèrement.

Or, la France s'est-elle jamais excusée auprès de la Chine ? 

Je commence seulement à prendre conscience du conservatisme et des omissions dans l'histoire qu'on nous enseigne à l'école en France. Nous sommes tellement ethnocentrés ! On ne nous enseigne pas la colonisation, par exemple, juste la décolonisation et encore, les manuels trouvent le moyen de dire que même si les Français ont été un peu méchants parfois, ils ont quand même apporté la démocratie et la civilisation. Ben voyons, je suis sûre que les Vietnamiens ou les Malgaches en sont ravis.... 

C'est quand même fou : on apprend de long en large l'antiquité égyptienne alors qu'on passe sous silence les guerres menées par la France. Après tout, je suppose que les guerres d'opium, le pillage du Palais d'Eté, les concessions françaises en Chine ne sont que "des détails de l'histoire". Même si nous nous en défendons - "Moi, raciste ? Jamais" -, pour nous Français, certains peuples sont plus égaux que d'autres. Et nos crimes passés dans ces pays sont donc plus pardonnables que dans d'autres. C'est en plus tellement facile d'avoir la mémoire courte quand une guerre se passe dans un autre pays et que la majorité des gens qui y meurent ne sont pas français...

Vous allez me dire pourquoi ce soudain émoi ? C'est juste que, à chaque fois, que je prends le bus pour me rendre chez mon copain à Guangzhou, je passe par Humen près du musée de la Guerre d'Opium et des anciens remparts qui protégeaient la baie. Mon copain et moi avons visité le musée, une fois, c'est un peu trop nationaliste à mon goût, mais c'est un bon rappel sur des faits qu'on ignore superbement en France. 

Quand on s'arrête un instant pour réfléchir, on se rend compte d'une chose incroyable ! On a fait la guerre pour obliger les Chinois à légaliser une drogue dans leur pays !!! Pas étonnant qu'on ne nous enseigne pas cela à l'école en France, allez trouver une bonne morale à cette histoire... 

Pour en revenir aux faits, après la Première guerre de l'opium (entre 1839 et 1842 et menée surtout par les Britanniques bien que les Français aient également réussi à obtenir des miettes du gâteau), les puissances occidentales en 1854, ont demandé au gouvernement chinois de leur permettre, notamment, d'étendre le commerce à d'autres zones que les 5 ports où ils avaient déjà accès et de légaliser le commerce de l'opium. Evidemment, la cour impériale refuse. Alors, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis se lancent dans une guerre. Je vous passe les détails, mais il faut retenir que Canton a été attaquée et bombardée par l'armée anglaise. Les habitants et les soldats ont résisté et ont battu en retraite vers Humen. La France se mêle aux événements à son tour (après l'exécution d'un missionnaire - j'ai envie de dire bien fait pour lui). En 1857, les deux pays joignent leur force pour attaquer et occuper Canton. Après Canton, les armées étrangères se dirigent vers le nord. En 1858, un traité donne aux Britanniques, Français, Russes et Américains l'ouverture de nouveaux ports, le paiement d'indemnités, la légalisation du commerce de l'opium... Comme le gouvernement chinois traîne des pieds dans la mise en place de certaines clauses, en 1860, les Français et Britanniques décident d'attaquer certains forts et parviennent jusqu'à Beijing qu'ils occupent. Ils pillent et brûlent les deux Palais d'été, dont l'ancien qui est totalement détruit. Je passe sur la suite, mais pour faire bref: nouveau traité, les Russes vont également vouloir plus, attaque de Pékin, nouveau traité qui à chaque fois prévoit des indemnités pour les pays étrangers dont la France.

J'ai visité le musée de la guerre de l'opium, j'ai visité l'ancien Palais d'été (il ne reste vraiment rien et je crois que c'est bien que les Chinois n'aient rien reconstruit car il témoigne de la barbarie de nos armées).

Où que l'on aille dans le monde, on tombe toujours sur des traces des exactions françaises. A vrai dire, j'ai honte ! Je n'ai pas envie de dire que je suis française. Même si les Laotiens ou les Vietnamiens ne sont pas inamicaux, au contraire, j'ai quand même envie de me cacher dans un trou de souris. Et même quand la France n'a pas été leader, elle a toujours trouvé le moyen de s'immiscer dans les traités pour obtenir des droits qui ne nous revenaient vraiment pas (par exemple, après le traité qui obligeait le Japon à ouvrir certains de ses ports aux Américains, d'autres pays étrangers dont la France ont obtenu les mêmes droits par d'autres traités - non, mais, sérieux ?!). 

Ce que je voulais souligner ici, c'est qu'on accuse le Japon de tous les maux en Chine, mais on oublie que ce sont les pays occidentaux les premiers qui ont commencé à détruire la Chine. Le Japon s'est joint par la suite et je pense que si le Japon n'avait pas été battu par les Etats-Unis, la situation entre la Chine et le Japon serait différente aujourd'hui. C'est facile de se focaliser sur un pays lorsque tout le désigne comme le loup le plus dangereux. Or, c'est oublier la meute de chiens enragés qui le précédaient...

Il y a donc plusieurs choses qui me tourmentent :

- que l'on nous parle en classe de certaines guerres et pas d'autres et qu'on ne se focalise que sur celles qui se passent en Europe

- que l'on blâme si facilement les guerres faites par les autres alors que nous-mêmes nous avons joué un rôle peu glorieux dans la plupart des pays du monde

- que l'on croit encore et toujours que c'est notre devoir et notre droit de juger le reste du monde et de déclarer la guerre n'importe où

Il faut qu'on apprenne à nos enfants français à penser du point de vue des autres. Cela s'appelle la décentration. Et je crois que c'est la chose la plus précieuse que je commence à acquérir après toutes ces années à l'étranger (même si j'admets que je continue à avoir des poussées d'ethnocentrime...).

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 18:08

En ce moment, rien ne va nul part dans le monde. Pendant que l’Occident et les pays musulmans ont déclanché un énième choc civilisationnel et se débattent dans leurs contradictions, les 2ème et 3ème puissances économiques mondiales se sont également lancées dans un conflit dont je ne vois pas bien quelle pourrait en être l’issue.


http://ts2.mm.bing.net/images/thumbnail.aspx?q=4842859809341573&id=0487c65526e7297222ee938349b3eefcPour ceux qui n’ont pas suivis l’affaire, il faut savoir que les Chinois et les Japonais se disputent trois cailloux – excusez de l’irrévérence, le sujet est grave puisque l’on brûle des drapeaux pour cela, semble-t-il. En fait, il s’agit d’un groupe de trois îlots inhabités, appelés Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois. Les Japonais pensent qu’elles leur appartiennent alors que les Chinois disent qu’elles font partie de leur territoire.

Pour l’historique, vous pouvez trouver des sites qui vous retracent tout cela. Mais, en gros, le Japon, ayant étudié la région et remarqué que ces îles étaient inhabitées, les a fait siennes en 1895. Après la 2nde guerre mondiale, le Japon a dû renoncer à un certain nombre de territoires, notamment Taiwan, par le Traité de San Francisco en 1851, mais ces îles n’ont pas été mentionnées et sont tombées sous la tutelle des Etats-Unis qui les ont rendues au Japon en 1972 avec Okinawa, d’ailleurs.

 

 


Il semblerait que la Chine n’ait rien objecté lors du Traité de 1951 et que ce ne sont que dans les années 70, après la découverte de ressources naturelles dans la région, que l’empire du Milieu et Taiwan ont commencé à revendiquer ces îles comme leur appartenant.


Personnellement, je n’ai pas d’avis sur la question, d’ailleurs faut-il en avoir un ? Je ne crois pas que quelqu’un ait raison, ou tort. Toute cette affaire est une simple question de point de vue. Il est vrai que ces îles sont proches de la Chine, et plus encore de Taiwan, ce qui en fait leur légitime propriétaire géographiquement parlant ; cependant, les Chinois n’en ont jamais parlé et puis soudain, comme par magie, on apprend que ces îles sont chinoises depuis des millénaires. Quant au Japon, il semblerait bien que la communauté internationale le considére comme le propriétaire depuis plusieurs années, d’autant que les Etats-Unis lui ont remis tout le « paquet » dans les années 70 sans se poser de questions. Les Japonais ont donc aussi une raison de se sentir légitimes.


Je ne connaissais évidemment pas l’existence de ces îles jusqu’à l’arrestation en 2010 de l’équipage d’un bateau de pêche chinois dans cette zone par des gardes-côtes japonais, relâchés par la suite. L’incident avait vivement ému les Chinois (c’est ce qu’on appelle un euphémisme !), des manifestations avaient eu lieu. Puis, les choses s’étaient calmées.


Toutefois, ce n’était que partie remise. En effet, les tensions ont repris mi-août cette année, lorsque des militants hongkongais ont débarqué sur l'une des îles. En réponse, des nationalistes japonais n’ont rien trouvé de mieux que de jeter de l’huile sur le feu et ont à leur tour hissé le drapeau japonais sur la même île pour en réaffirmer son appartenance au Japon. Ni une ni deux, manifestations tous azimuts en Chine. Vite calmées par le gouvernement – point trop n’en faut, on ne sait jamais jusqu’à quel point et à qui pourrait s’en prendre le peuple, n’est-ce-pas ?


Septembre 2012 : la situation s’emballe.


La semaine dernière, le Japon a déclaré qu’il désirait acheter ces îles (longue histoire : en fait, elles appartenaient à une famille japonaise qui les avait achetées à une autre famille qui possédait une usine sur l’une de ces îles jusqu’en 1940). Il me semble que le Japon a agi ainsi plutôt pour calmer les tensions. En effet, le maire de Tokyo, un nationaliste notoire qui a la langue bien pendue, avait brillamment déclaré peu de temps auparavant qu’il souhaitait que la mairie de Tokyo acquiert ces îles, histoire d’énerver les Chinois. Le gouvernement japonais, à mon avis, a donc voulu montrer à la Chine qu’il ne souhaitait pas voir des têtes brûlées contrôler ces îles. Peine perdue. Les Chinois n’ont pas vu du tout dans cette « nationalisation » un signe d’apaisement. Au contraire.


Cet achat a, effectivement, mis le feu aux poudres et depuis la semaine dernière, les médias chinois se déchaînent en affirmant que le Japon a touché à la souveraineté territoriale chinoise, que c'estinadmissible... Les Chinois se sont défoulés sur le web également. Toute cette colère a finalement pris la forme de manifestations dans plusieurs villes de Chine depuis vendredi, de destructions d’usines japonaises, de fermetures de restaurants japonais, d’appels au boycott des produits japonais... Les consulats et ambassades sont encerclés, parfois cassés ; des Chinois sont entrés dans des hôtels pour en expulser des clients japonais, des usines ont été brûlées ...


C’est assez bizarre car si je ne lisais pas les informations, je ne pense pas que je me rendrais compte de ce qui se passe. Dans mon quartier tout est calme. A l’université, je n’ai pas remarqué de rassemblements ou d’affiches. Il paraît que Shenzhen est l’une des villes où se sont passées des manifestations très violentes. Il est vrai que plus de 4000 japonais vivent ici et on y compte près de 400 entreprises japonaises. Mais, sincèrement, je n’ai rien vu de spécial. Et pourtant, il se passe bien quelque chose.


La semaine dernière, je révisais les nationalités en français avec mes étudiants de deuxième année. Vous savez, la différence entre le féminin et le masculin, par exemple « Je suis français. / Je suis française. ». Je leur faisais donc faire un exercice structural tout bête juste où nous répétions plusieurs noms de nationalité « Je suis chinois/ chinoise ; anglais/anglaise ; allemand/allemande... ». Arrivés à « Japonais/ Japonaise », j’ai soudain entendu un groupe d’étudiants dirent « Je ne suis pas japonais / Je ne suis pas japonaise. » Oups. La boulette. Je n’avais eu aucune arrière-pensée ; j’étais sur ma lancée et cette nationalité m’était venue naturellement à l’esprit. Point positif : mes étudiants maîtrisent la forme négative... En tout cas, je n’ai pas épilogué et j’ai vite enchaîné sur une autre nationalité. Incident clos. Toutefois, ce petit exemple n'est pas si anodin que cela et montre que le job d’un prof de fle n’est pas de tout repos : il faut non seulement bien connaître la langue, l’histoire et la culture de nos étudiants mais également leur susceptibilité. Un rien du tout peut être matière à des drames...


Si à l’université, je n’ai donc pratiquement rien remarqué de spécial ; ce n’est pas le cas de mon copain japonais travaillant dans une entreprise japonaise. Vendredi, leur entreprise leur a demandé d’éviter de sortir le week-end car des manifestations étaient prévues à Guangzhou et à Shenzhen. Lundi matin, plus de 2000 ouvriers bloquaient l’entreprise ; les employés ont donc dû rentrer chez eux. Sachant que de grandes manifestations étaient prévues le mardi (commémoration de l'incident de Mukden, prélude à l’invasion de la Chine par le Japon en 1931), l’entreprise a été fermée également ce jour-là. Hier, mon copain a appris qu’il y avait encore des tensions et que le travail n’allait pas encore reprendre. Finalement, il a dû resté chez lui aujourd'hui aussi. Le management a demandé à ses employés japonais d’éviter de sortir, de ne pas porter l’uniforme de l’entreprise (sur lequel est marqué le nom japonais de l’entreprise). Cela fait quatre jours que mon copain est cloîtré chez lui. Honnêtement, je ne pense pas que la situation soit si grave, mais je ne suis pas sur place pour juger. Il habite dans une petite ville et leur entreprise emploie plus de 4000 salariés chinois ; c’est-à-dire qu’une bonne partie des habitants travaillent pour des Japonais. Dans ces conditions, quelques employés japonais ne font effectivement pas le poids contre plusieurs centaines de Chinois en colère. Mon copain m’a rapporté que la semaine dernière des Chinois parlant japonais avec des Japonais dans un restaurant ont été pris à partie par d’autres chinois ; un grand drapeau chinois a été déployé devant l’un des restaurants japonais de la ville qui reste donc fermé pour l’instant... Il n’y a pas eu apparemment de violences physiques ou de destructions, mais vive l’ambiance !

 

Sur internet, quelqu'un a déniché une vidéo qui montre des employés de l'entreprise où travaille mon copain en train de manifester. Certains commentaires sous la vidéo disent : "Courage la Chine !" ; "A bas le Japon"; "Boycottons les produits japonais"; "le petit Japon"...

Si le travail reprend demain, je me demande bien dans quelle atmosphère et dans quelles conditions....

 

Le gouvernement chinois menace le Japon de représailles économiques si ce dernier persiste dans son attitude, est-ce sérieux ? Le Japon est le 1er parternaire économique de la Chine et quand on voit l’entreprise où travaille mon copain qui emploie plusieurs milliers de Chinois, ce serait comme se tirer une balle dans le pied. Que fera le gouvernement chinois de tous les chômeurs chinois des usines et entreprises japonaises qui auront fermé ou seront retournées au Japon ?


Le problème, c’est que le gouvernement chinois ne peut pas reculer. Si les Chinois sont en colère contre le Japon, le courroux pourrait bien se retourner vers le gouvernement jugé trop passif ou attentiste.

Quant au Japon, bien que les Japonais pour la plupart n’aient pas de revendications nationalistes aussi fortes, reculer montrerait sa faiblesse face à la Chine qui a tendance ces derniers temps à réclamer plusieurs territoires dans la région (dispute avec les Philippines récemment, par exemple). Céder face à la Chine pour une chose signifierait céder pour tout.


Il faut ne pas oublier un point essentiel à toute cette affaire et d’ailleurs à toutes les querelles qui surgissent entre la Chine et le Japon. Pourquoi les tensions montent-elles si rapidement entre ces deux pays ? Pourquoi cette tendance à un nationalisme exacerbé chez les Chinois ? Certes, des intérêts économiques et géo-politiques sont en jeux. Mais, le fond de toute cette histoire, à mon avis, c’est tout bêtement les plaies non cicatrisées de la seconde guerre mondiale. Les Japonais n’ont jamais voulu et/ou pu s’excuser véritablement auprès des Chinois et le gouvernement chinois n’est pas innocent non plus car il en joue. Dès que la situation intérieure est un peu tendue ou qu’il veut faire changer de sujet, il jette le Japon en pâture, pour une raison ou una autre, aux Chinois corroucés qui adorent détester le Japon. Le Japon n’a jamais vraiment réussi à admettre le passé, mais la Chine est également coupable d’entretenir la haine.


Je ne sais pas comment la situation va évoluer. Je ne pense quand même pas que cela va déboucher sur une guerre, ni même économique. Les Japonais ont trop à perdre, mais les Chinois aussi. Cependant, je ne vois pas quelle solution est envisageable. Je n’imagine pas l’un ou l’autre céder un pouce de terrain. En même temps, je ne crois pas que le gouvernement chinois soit dans une position confortable. Les journaux appellent ces jours-ci la population à se calmer ; preuve que les autorités chinoises commencent à s’inquiéter de l’amplitude des manifestations. Que va donc faire le gouvernement chinois ? Ne rien faire et mécontenter son peuple ? Mettre en oeuvre des sanctions économiques et pénaliser son peuple ?  

En attendant, je me demande comment se sentent les étudiants et les profs de japonais ; les serveurs et employés chinois dans les entreprises et restaurants japonais.

La suite ou la fin des événements dans un prochain article...

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:08

Une des raisons pour lesquelles je suis heureuse d'habiter à Shenzhen, c'est parce que je peux me rendre si facilement à Hong-Kong. Mon copain et moi y allons d'ailleurs assez souvent. 

 

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Hong-Kong me fascine. C'est tellement cliché ! La plupart des Occidentaux adorent Hong-Kong et je n'aime pas aimer tout ce que tout le monde aime. Vous suivez ?

 

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Je pense que tout le monde tombe sous le charme de Hong-Kong car c'est plus qu'une ville très moderne où l'on peut acheter des produits détaxés !  

 

Hong-Kong, c'est la Chine, genre image d'Epinal. La Chine fantasmée telle qu'en rêvent les Occidentaux.   Et je pense que je partage - malheureusement - ce fantasme. C'est la Chine mais si différente de la "vraie" Chine ! C'est la Chine sans ces "mauvais" côtés (point de vue d'Occidentale). En écrivant cette phrase, je me sens coupable car si Hong-Kong ne ressemble pas à la Chine continentale actuelle, c'est dû en grande partie à sa colonisation anglaise. La faute aux Occidentaux, donc. 

A Hong-Kong, les Occidentaux se sentent sans doute à l'aise car ils y retrouvent des repères, ils sont moins déroutés et moins choqués par les différences culturelles tout en ayant l'impression d'être dans un environnement exotique. Je vis à Shenzhen, située à la frontière du territoire de Hong-Kong; pourtant lorsque je passe la frontière, j'ai vraiment le sentiment d'arriver dans un nouveau pays qui n'a rien à voir avec la Chine.

 DSCN1874

   

Essayons de détailler.  

 

Hong-Kong est un territoire composé d'îles montagneuses. L'espace laissé le long des côtes est couvert d'immeubles. En effet, Hong-Kong est un des territoires les plus peuplés au monde avec une densité de 6 700 habitants/ km¹. Si l'on tient compte que, du fait des reliefs, seulement un cinquième du territoire est constructible, la concentration urbaine atteint donc en moyenne plus de 30 000 habitants/ km². C'est le premier aspect qui me rappelle le Japon.

 

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Le relief oblige donc à une forte concentration des habitations, des commerces, des activités, de sorte que tout est accessible très facilement à pieds. Au Japon, c'est pareil : tout est regroupé et on trouve tout ce dont à besoin dans sa rue ou la rue avoisinante. En Chine, le plan des villes est à l'échelle de la taille du pays : tout est gigantesque et éloigné.

 

En outre, à Hong-Kong comme au Japon, les transports en commun sont très développés. Certes, de plus en plus de villes chinoises ont leur métro maintenant, mais le réseau ne peut pas encore rivaliser avec Tokyo ou Paris. Cela dit, c'est comparer l'incomparable puisque les villes chinoises sont tellement plus étendues.

 

L'un des points forts de Hong-Kong, c'est son internationalité. Diversité des peuples, diversité de l'architecture, diversité de la cuisine, diversité des langues... L'anglais est encore très présent, pas mal parlé, les bâtiments et restaurants occidentaux nombreux. Tout ceci est évident au regard de l'histoire de Hong-Kong.

 

DSCN1651

 

Mais Hong-Kong est également très tourné vers le Japon. Tout est presque aussi souvent (plus ?) sous-titré en japonais qu'en anglais, il y a pléthore de restaurants et de produits japonais, les commerçants sont souvent capables de parler japonais. La qualité des services et des aliments dans les restaurants japonais est équivalente ou presque à ce que l'on peut voir au Japon. Pour moi qui aime tellement le Japon, je me régale - dans tous les sens du terme.

 

Et la Chine, dans tout ça ?

Les Japonais et les Occidentaux ne fréquentent pas vraiment les mêmes lieux que les Chinois. Ceux-ci se trouvent dans des quartiers plus populaires où se situent plus de marchés et de petits commerces. Toutefois les prix, la qualité des services, la nourriture et la propreté sont très différents avec la Chine continentale. C'est difficile de généraliser car c'est vrai que lorsque l'on se rend dans les villages ou les coins un peu plus reculés de Hong-Kong, cela ressemble déjà plus à la Chine que je côtoie tous les jours.  

   

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Toutefois, dans l'ensemble, les comportements et les services diffèrent.

- les gens respectent les feux rouges (véhiculent comme piétons)

- pas de coups de klaxons intempestifs

- personne ne hurle dans son téléphone dans les moyens de transports

- les gens attendent que les passagers descendent du bus ou du métro pour y monter

- personne ne crache par terre

- pas de chauffeur de bus qui ouvre sa vitre pour cracher dehors

- les gens ne jettent rien par terre

- personne ne fume dans les lieux publics

- les gens tirent la chasse d'eau et les toilettes ne sentent pas à 50 mètres

- des bols et des baguettes propres

- personne qui ne vous dévisage pendant 3 minutes en vous fixant du  regard

 

Cette liste pourrait sans doute être complétée; en tout cas, ce sont les aspects principaux qui parfois m'agacent en Chine et qui rendent un séjour à Hong-Kong si agréable. Mais, encore une fois, c'est de mon point de vue d'Occidentale. Si plus d'un milliard de Chinois vivent de cette façon, c'est que cela leur convient.  Et j'admets tout à fait que ce soit triste que les Occidentaux - moi y compris - prisent autant Hong-Kong par rapport à d'autres villes chinoises alors que si Hong-Kong est différente, ce n'est pas par choix mais parce que cela lui a été imposé.

 

Dernier point à évoquer : ceux qui vivent à Hong-Kong apprécient sans doute aussi la liberté et la démocratie qui y existe. A Hong-Kong, il n'y a pas d'internet censuré; par ailleurs, Hong-Kong critique souvent dans ses journaux la politique de Beijing. Dans les librairies ou les boutiques de DVD à Hong-Kong, vous trouvez facilement des livres ou des DVD sur la place Tian'an men en 1989. C'est un truc incroyable quand même que ce principe de "un pays, deux systèmes". Hong-Kong a sa propre monnaie, son propre gouvernement, ses propres lois. Pour aller à Hong-Kong, les Chinois ont besoin d'un permis spécial et tous ne peuvent pas s'y rendre. On n'a vraiment pas l'impression que ce soit "un" pays. Et que se passera-t-il dans 35 ans lorsque le statut particulier de Hong-Kong prendra fin ? Le week-end dernier, à l'occasion des 15 ans de la rétrocession du territoire au sein de la Chine, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour faire part de leur inquiétude vis-à-vis de la Chine et de leur sentiment que la liberté  d'expression et de la presse recule (autocensure des journalistes, répression des manifestations par volonté du gouvernement de plaire à Beijing,...). Sincèrement, je n'imagine pas ce qui se passera en 2047. Je ne vois pas comment les habitants de Hong-Kong pourraient accepter de perdre leur liberté, mais je ne vois pas plus Beijing céder. Affaire à suivre...

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 02:08

Je regarde très peu la télé, mais un proche bien informé en France m'avait envoyé ce lien sur une émission de télé chinoise.

 

Pour résumer, c'est une émission de télé-réalité où les candidats passent devant un jury composé de chefs d'entreprises chinoises. Le but : décrocher un emploi.

Un des candidats s'est targué d'avoir étudié en France pendant 10 ans mais il n'a pas été capable de répondre aux questions des jurés et il s'est évanoui.

La vidéo sur le site Le Monde (en lien) ne montre pas tout. Après la question en français (qui d'ailleurs est incorrecte) et avant l'évanouissement, il y a eu plusieurs questions en chinois pour évaluer les compétences du candidat.

Après la question sur son niveau linguistique, les jurés se sont donc tournés vers les spécialités du candidat. Puisque Guo Jie a appris la sociologie et la mise en scène, les jurés l'ont questionné sur ses cours et sur ses diplômes. Le candidat a expliqué qu'il possédait un master puisqu'il avait fait 5 ans d'études, ce que la première jurée a contredit (à tort) en affirmant que le bac+5 ne permettait d'obtenir qu'un diplôme de formation courte. En réponse à la question « Quels sont les célèbres sociologues français ? », Guo Jie n'a pas pu en trouver un. Ensuite, les jurés ont posé des questions sur la mise en scène. Mais le candidat ne connaissait ni Jean-Luc Godard, ni Les quatre cents coups. Une série de réponses qui semblaient incroyables aux chefs d'entreprises.

Quand ils ont voulu poursuivre leurs questions, Guo Jie est tombé par terre et a perdu connaissance. Il s'est relevé très vite mais, les jurés se sont arrêtés là.

 

Peu de temps après que j'ai lu cet article sur Le Monde, ma directrice m'a justement parlé de cette émission. Alors que, moi, la séquence m'avait plutôt amusée, ma directrice avait l'air consternée et, à ma grande surprise, s'en prenait plutôt à la jurée et au présentateur qu'elle a trouvé très insensibles. Il semblerait qu'elle partage l'opinion générale des Chinois qui se sont défoulés sur internet et s'en sont pris violemment aux membres de l'émission et au fait que le présentateur ait demandé au candidat si son évanouissement était du cinéma au lieu de lui montrer de la sollicitude. Ma directrice était particulièrement en colère contre la jurée qui s'est trompée pour le bac+5 alors que le candidat avait raison et sur la question en français de la jurée qui ne voulait rien dire.

J'admets que le niveau de français de cette femme n'était pas génial, mais même si sa question était erronée, si le candidat a effectivement passé 10 ans en France, il aurait dû être capable de broder quelque chose sur le sujet.

 

En tout cas, une campagne de boycott de l'émission a été lancée sur Internet et elle a recueilli beaucoup de soutiens. L'équipe de production et le présentateur de l'émission ont par la suite organisé une rencontre avec une vingtaine de candidats particulièrement maltraités et qui avaient tous fait leurs études à l'étranger. Les producteurs et le présentateur ont expliqué qu'ils n'avaient jamais vécu à l'étranger et qu'ils ne connaissaient pas bien les systèmes éducatifs des autres pays et leurs diplômes. Bref, ils ont tous gentiment promis de s'améliorer et d'être plus compréhensifs.

 

Ah, le pouvoir d'internet...

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 17:23

 

On parle pas mal des français de l'étranger ces temps-ci avec les élections puisque c'est la première fois que nous pouvons élire des députés à l'Assemblée nationale.  


D’ailleurs, je viens à l’instant de voter pour le second tour des législatives !


Mais, d’abord, un petit mot sur les présidentielles.


En Chine, nous sommes 18104 inscrits sur les lites électorales consulaires.


Pour les présidentielles, le vote par internet n'était pas possible (pourquoi pour les législatives et pas les présidentielles ? cela me semble absurde...). J'ai donc reçu comme tous les Français "normaux" (c'est le mot à la mode, semble-t-il, désormais) la profession de foi des dix candidats sans compter tous les emails envoyés par leurs collaborateurs.


J'ai pu aller voter aux deux tours car Shenzhen n'est pas très loin de Canton où se trouve l'un des consulats français en Chine. J'ai été très surprise les deux fois par le nombre de Français qui se sont déplacés. J'ai trouvé qu'il y avait de nombreuses enveloppes dans l'urne.


Pour le second tour des présidentielles, le 6 mai, 646 électeurs sur 1471 inscrits au consulat de Canton ont voté. Cela représente moins de la moitié, mais la région dépendant du consulat est assez grande et je suppose que cela fait loin pour un certain nombre de gens.


Sarkozy est arrivé en tête (plus de 350 suffrages), comme d'ailleurs partout chez les expatriés en général.


En ce qui concerne les législatvies, Shenzhen se trouve dans la onzième circonscription législative des Français établis hors de France correspond à celle de l'Europe Orientale, de l'Asie (exception faite du Moyen-Orient) et de l'Océanie. 79 756 personnes sont inscrites sur les listes électorales consulaires de cette circonscription.


Pour les élections législatives, on peut donc voter par internet comme je le disais précédemment. Je n'ai pas compris pourquoi ils font voter les expatriés si tôt avant la date du 1er tour en France puisque les votes par internet étaient ouverts du 23 au 29 mai. Moi, je n'ai eu aucun problème technique; mais il paraît que beaucoup ont rencontré des difficultés ou n’ont pas été informés comme ils auraient dû l’être.


Les candidats m’ont littéralement inondée sous les publipostages. Dans cette 11ème circonscription, il y avait quand même 20 candidats au premier tour, et ces derniers temps, je recevais bien 4 à 5 emails chaque jour et je mélangeais complètement les noms et les idées qu’ils défendaient...


La plupart de ces candidats résident à l’étranger depuis plusieurs années et travaillent souvent dans le « commerce » au sens large, si je puis résumer ainsi.

 

Le candidat le plus connu et le plus parachuté est Thierry Mariani. Ex-ministre des transports de Sarkozy et député pendant plus de 17 ans, voilà toute la légitimité dont il se réclame pour nous représenter : tel Zorro, il souhaite nous rendre « justice » car nous faisons « partie intégrante de la nation ». Les autres candidats ont au moins l’excuse de vivre à l’étranger.


Je suppose que sa relative notoriété et le fait qu’il appartienne à l’UMP - les expatriés de la région ayant voté majoritairement à droite lors des présidentielles - explique qu’il soit arrivé en tête (32,5%) devant le socialiste Marc Villard (26,6%). Nous retrouverons donc ces deux candidats au second tour qui a déjà commencé pour nous avec l’ouverture du vote par internet depuis hier pour le second tour.


Toutefois, il faut relativiser. Le taux de participation a été extrêmement faible (sans doute principalement dû aux raisons techniques évoquées plus tôt) puisque sur l’ensemble de la 11ème circonscription, seulement 27,9% des électeurs ont exprimé leur suffrage par un bulletin dans l’urne (dimanche dernier) ou un vote électronique (22 117 votants sur les 79 000 inscrits).


Je m'interroge cependant sur l'utilité d'avoir créé des circonscriptions à l'étranger. Cela me semble être une fausse bonne idée.


Sérieusement, le député de ma circonscription (la 11ème) devra s'occuper de Français établis dans 49 pays, de la Russie aux Fidji !


Mis à part l'étendue géographique invraisemblable de ces circonscriptions des Français à l’étranger, je ne vois pas bien ce qu’un homme puisse faire sachant que la situation des Français dans ces pays doit être assez différente. Qu’on ne vienne pas me dire que la vie est la même en Russie ou au Japon, par exemple. Alors comment pourrait-il savoir vraiment les besoins et les difficultés de Français vivant dans des pays à la culture, à la langue, à l’économie et au système politique unique ?


En plus, le député devra siéger trois jours par semaine à l’Assemblée Nationale, donc il sera forcément éloigné des problématiques des Français à l’étranger. Tout cela manque un peu de cohérence...


Enfin, les Français qui vivent à l'étranger ont-ils vraiment besoin d'être représentés à l'Assemblée Nationale ?


Tout d’abord, un certain nombre d'expatriés "s'exilent" volontairement et font leur vie dans leur pays d'adoption sans désir de retour en France (ou sans possibilité de retour, d’ailleurs) et s’intègrent dans ce pays. Donc, même s'ils gardent leur nationalité française, ils auraient plutôt besoin de pouvoir voter aux élections du pays où ils habitent.

 

Pour les autres, ceux qui sont envoyés à l'étranger pour un temps limité par leur entreprise, c'est en général provisoire, donc ils n’ont pas vraiment besoin d’être représentés à l’étranger non plus, mais plutôt continuer de voter pour les députés en France où ils rentreront un jour ou l’autre.


Enfin, il y a ceux qui vivent à l’étranger mais se veulent plus Français que les Français (les pires expatriés, à mon avis). Ils n’ont que la France à la bouche et méprisent le pays qui les accueille. Croyez-moi, j’en ai rencontré de ces Français imbuvables. Ils se retrouvent tout le temps dans le même cercle et cultivent, au mieux, une étroitesse d’esprit désespérante, au pire, un racisme non caché, absolument abject. Ce sont ces Français-là, je pense, qui souhaitent le plus être représentés car ils veulent profiter du pays où ils habitent mais essayer de défendre leurs intérêts en France aussi.


D’ailleurs, quelles idées défendent les candidats des Français à l’étranger ?


D'après ce que j’ai lu dans la profession de foi que les candidats à la députation de la 11ème circonscription des Français de l'étranger, les principaux thèmes défendus sont : l’imposition (ou plutôt le refus de la création d’un impôt spécifique aux Français résidant hors de France), les frais de scolarité (gratuité pour certains candidats), développerr la couverture santé, améliorer le réseau consulaire et soutenir les entreprises françaises à l’étranger.


Ce sont sans doute des points à améliorer pour certains, malgré tout, je continue à penser qu’avoir des députés ne changera pas notre vie, ici.


Bon, j’avoue que mon avis est biaisé car je n’attends rien de la France. Il ne s’agit pas de colère : j’ai choisi mon destin en toute liberté et connaissance de cause. En partant enseigner à l’étranger à des étrangers, je savais que seuls les contrats locaux m’attendaient et que je perdais donc tous les avantages sociaux auxquels les Français ont droit s’ils travaillent en France ou pour des entreprises françaises à l’étranger ou dans des lycées français à l’étranger. Mais, la situation étant celle qu’elle est pour moi et la plupart des profs de Fle, député ou pas, nos conditions de vie sont trop particulières pour être défendues. Si j’ai voté, c’est uniquement parce qu’il s’agit d’un acte citoyen – facile à faire qui plus est avec internet.


Nous verrons ce qu’il sortira de cette représentation à l’Assemblée Nationale.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 12:43

Rien de mieux pour motiver les élèves et étudiants que de lier ce que nous étudions en classe avec leur univers quotidien ou la Chine.

 

Je suis chargée d'enseigner la phonétique aux 1ère année. Pour enrichir et animer les cours, j'ai commencé à utiliser des comptines françaises. J'en ai déniché sur youtube (vous saluerez mon génie, puisque je rappelle que youtube est toujours censuré en Chine depuis 2009...)  avec des dessins et des sous-titres en français. Impeccable : les paroles sont simples et répétitives, rien de tel pour favoriser la mémorisation des sons.

 

J'avais parié que les étudiants se mettraient à chanter Frère Jacques, plus que n'importe quelle autre comptine. J'avais raison et pour cause : les Chinois connaissent cette mélodie; par contre, les paroles n'ont rien à voir.

En chinois, cela donne :

 

Deux tigres, deux tigres,

courent si vite, courent si vite,

l'un n'a pas d'oreilles

l'autre n'a pas de queue

Vraiment étrange, vraiment etrange.

 

Mais, en tout cas, les étudiants dès les premières mesures ont reconnu la chanson et comme les paroles sont très faciles en français, au bout de quelques mesures, il se sont tous mis à chanter en choeur. J'étais bien contente !

 

C'est également un nouvel exemple du manque d'ouverture de la France aux autres cultures. Pourquoi se fait-il que les Chinois connaissent la mélodie d'une comptine française alors que nous serions bien incapables de fredonner la moindre mesure d'une chanson chinoise ?! Ethnocentrisme culturel, quand tu nous tiens !... 

 

http://img2.ph.126.net/H7U3LXpGfvKsOvWjTuo_sQ==/623748548407910432.jpgLa francophonie est bien présente en Chine en ce moment également avec le film de Tintin (bon, francophonie indirecte puisqu'il s'agit d'un film américain et, en plus, je ne suis pas sûre que les Chinois sachent que Tintin est belge). Toujours est-il que j'en ai profité pour en parler en classe et passer quelques extraits d'épisodes du dessin animé en français, ce qui a bien plu aux élèves. Sur l'internet chinois, je trouve tous les épisodes des Tintin en français sous-titrés en chinois, même Tintin au Tibet - pour ceux qui se posent la question -, épisode qui n'a rien de tendancieux, d'ailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 


Puisque je parle de films, je dois dire que je ne suis allée que deux fois au cinéma depuis que je suis en Chine et encore, jamais depuis que je suis à Shenzhen. Trois raisons peuvent l'expliquer :

- les prix sont prohibitifs (pour Tintin, par exemple, la séance est à 120 yuans !!! Une vraie fortune, environ 12 euros, plus qu'en France !)

- pourquoi aller au cinéma lorsque l'on peut voir le dvd .... puisqu'il sort en même temps ! En effet, les copies de dvd sont trouvables alors même que le film vient de sortir (si ce n'est avant sa sortie !). En plus, elles sont bien faites avec des sous-titres en plusieurs langues et une qualité d'image assez correcte et on les trouve si facilement (il ne s'agit pas seulement de petits vendeurs dans la rue, des boutiques ayant pignon sur rue vendent ces copies sans se cacher) ! Je sais : droits d'auteur et tout le tralala... N'empêche que payer 10-15 yuans au lieu de 120, c'est bien tentant.

- le manque de diversité de l'offre : jusqu'à récemment, seulement une vingtaine de films étrangers pouvaient être distribués en Chine (je me demande d'ailleurs quels critères participaient à la sélection de ces "élus"). Je crois savoir que les Etats-Unis se sont plaints de ce protectionnisme auprès de l'OMC en 2007 et que la Chine devait lever ces quotas en mars cette année, mais pour l'instant rien n'a bougé. Donc, non seulement, il y a peu de films étrangers mais, en outre, ce sont surtout des films d'action américain. Je ne suis pas près de voir un film comme  "Intouchables" sur grand écran en Chine !

 

 

http://ww1.sinaimg.cn/large/6eab1738gw1dnfyp12ki9j.jpgPour finir sur les événements francophones du mois, l'un des grands magasins de Shenzhen s'est mis aux couleurs de la France ces dernières semaines sur le thème de la "Fête de la culture française".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suppose que c'était surtout pour fêter le beaujolais nouveau puisque des stands avec dégustation et vente étaient installés temporairement. Je me suis toujours demandé comment ce vin si médiocre (opinion personnelle, je le reconnais, due à ma participation aux vendanges dans la région quand j’étais étudiante et qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable de ce vin...) avait réussi à s’imposer comme événement culturel en Asie. Je sais qu’au Japon, le beaujolais nouveau est célébré, et maintenant la Chine s’y met aussi...Si c’est là l’idée qu’ils se font du vin français, c’est un peu dommage. A moins qu’ils ne soient vraiment fans, auquel cas, je me tais.

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 16:36

Lundi matin

Arrivée au bureau; salutations d'usage avec mes collègues et ma directrice, questions et commentaires sur les vacances – rituels obligés –  mais vites expédiés. Une de mes collègues me retient un peu plus longuement pour me parler de son expérience de volontaire pendant les Universiades. Elle me tend un souvenir pour me remercier de mon aide l'an dernier : un pin's de la mascotte des Universiades. Chouette ! J'en rêvais...

Elle me montre quelques photos (elle et les autres membres de son équipe de volontaires; elle et quelques sportifs étrangers; elle et...). En fait, je n'ai pas bien compris ce dont elle était chargée. Préparation des événements et accueil des équipes, mais concrètement, je ne saurais expliquer ce qu'elle a fait. Je lui demande en toute innocence quel pays a remporté le plus de médailles – question pertinente, non ? L'air embarrassé de ma collègue m'a immédiatement fait comprendre que j'étais sur le point de lui faire perdre la face. Et pour cause, elle ne savait pas. Elle est partie dans de longues explications en répétant combien c'était épuisant, combien elle était fatiguée tous les jours et qu'elle n'avait plus la force de suivre les compétitions ou les résultats. Empressée de réparer ma bourde, j'acquiesce vigoureusement et compatis à ses malheurs. De retour chez moi, je “google” rapidement : la Chine, bien sûr, a gagné le plus de médailles. C'est un retour sur investissement, dirais-je....

 

Lundi soir

Fin de la première journée de la rentrée. Ouf ! Tout s'est plutôt bien passé. Il faut dire que je connais les profs, les étudiants et les habitudes de l'école. Plus tard, au moment de me coucher, je soulève le drap pour me glisser dessous lorsque, soudain, une tâche mouvante capte mon regard. Sueur froide; panique à bord !! Qu'est-ce qui est de couleur foncée, qui bouge à toute vitesse et qui apparaît sans bruit et qui se trouve en profusion dans le sud de la Chine ?

 

http://www.petcaregt.com/images/cockroaches.jpg

Voici en photo le charmant spécimen qui hante mes cauchemars et ma vie depuis que je suis à Shenzhen. Chez moi, tout est plutôt “clean”; toute la nourriture est contenue dans des récipients; je descends les poubelles tous les matins si elles contiennent autre chose que du papier; … et pourtant ces horribles monstres (ce ne seraient pas des mutants, d'ailleurs ??) envahissent mon appartement régulièrement. Ils sont énormes et le pire, c'est qu'ils peuvent voler !! Beurk, beurk !!

 

 

 

Après avoir testé différents produits, j'ai récemment découvert des sortes de maisonnettes attrape-cafards. J'en ai déjà capturé plusieurs. Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en inquiéter. Je pencherais plutôt pour le second sentiment puisque malgré mes miraculeuses cabanes, une de ces bestioles se promenait quand même en toute impunité dans mes draps.

 

Mardi – pause déjeuner

“Au fait, tu as corrigé les copies des étudiantes de 2008 au rattrapage ?”

Un frisson d'angoisse me traverse. Copies ? Rattrapages ? 2008 ? Mais de quoi ma collègue est-elle en train de me parler ??? Est-ce que j'ai jeté ces copies hier en nettoyant mon bureau ? Quelqu'un les a-t-il piquées ? Je réponds sur un ton incertain que je ne suis au courant de rien. “Ah, c'est qu'elles ne sont donc pas venues. Elles étaient absentes pour mes rattrapges aussi. Elles s'en fichent vraiment d'avoir leur diplôme, alors”, me rassure ma collègue.

Vous vous rappelez que lorsque les étudiants de dernière année échouent à leurs examens; on leur organise une séance de rattrapage à la fin du 1er semestre de la dernière année; puis, si échec, deuxième essai à la fin du 2nd semestre (où les étudiants n'ont plus cours, juste leur mémoire à rédiger). A ce moment-là, si les étudiants n'ont pas réussi, ils ne peuvent pas avoir leur diplôme...cette année-là. Mais, ils peuvent réessayer l'année suivante !! (quand je vous dis que nous leur “donnons” leur diplôme, je n'exagère pas). Ainsi, en juillet, ma directrice m'envoie un email me demandant de préparer d'énièmes rattrapages pour les deux étudiantes qui n'avaient pas encore eu leur diplôme. Ces rattrapages étaient prévus fin août. D'où la question de ma collègue quant à la correction des copies. Et, en fin de compte, ces demoiselles ne se sont pas présentées.

Je n'ai pas osé demander si j'allais être amenée au cours de cette année à leur préparer à nouveau des rattrapages. On marche vraiment sur la tête...

 

Mercredi – fin de matinée

Ma collègue (toujours la même) m'annonce que nous allons partager à partir de la semaine prochaine une classe de lycéens et que je devrai m'occuper de l'oral en suivant ce qu'elle aura fait en cours. Elle me montre le manuel qu'elle va utiliser “Le Français”. En gros, c'est le manuel chinois de français utilisé dans tous les départements de français dans toutes les universités chinoises. C'est un gros machin imbuvable sans images, plein de vocabulaire daté, mettant l'accent sur la méthode grammaire-traduction. Bref, c'est le genre de livre qu'utilisaient mes parents en anglais il y a 50 ans. Récemment, “Le Français” a fait peau neuve, c'est un peu plus aéré, les dialogues ont été mis sur cd, quelques dessins ont été rajoutés, mais la méthode reste la même. Toutes mes collègues chinoises l'ont utilisé pendant leurs études et je suis sûre que leurs propres profs l'avaient également eu quand ils apprenaient le français. Et maintenant, elles l'exploitent avec nos étudiants. L'atavisme n'est pas que familial...

Donc, je me plonge de suite dans le fameux ouvrage que j'avais réussi à éviter jusqu'à maintenant. Dès la quatrième ou cinquième leçon, je lis ce proverbe “L'heure, c'est l'heure !”. Cela m'a tout de suite sauté aux yeux. C'est l'erreur typique interculturelle. Je n'ai rien contre l'apprentissage des proverbes, il n'empêche que les Français n'en utilisent pas si souvent. Or, pourquoi diable les concepteurs chinois du manuel mettraient l'accent dessus et ce, dès le début de l'apprentissage du français ? Je pense que c'est une transposition de la langue chinoise. En fait, le chinois utilise une profusion d’expressions qui lui sont propres et que l’on désigne comme des proverbes, bien qu'ils soient diffférents de la définition que l'on prête à nos proverbes français, tant les formes qu’elles prennent sont variées. A mon avis, les professeurs qui ont élaboré le manuel ont essayé de rendre cette situation en ajoutant dans les dialogues des proverbes français alors que dans ce même dialogue, un Français “typique” n'en utiliserait sans doute pas.

 

Mercredi après-midi

Je me rends au collège où j'enseigne deux fois par semaine en plus de mes cours à l'institut polytechnique. Je retrouve ma collègue qui, avant les vacances, m'avait dit sur un air de regret qu'elle devait être volontaire pendant les Universiades. Je l'interroge donc pour savoir comment se sont déroulées les choses. Finalement, elle me confie qu'elle a échappé au volontariat. Elle n'avait vraiment pas envie de rester à Shenzhen tout l'été alors qu'elle n'était pas rentrée chez elle depuis un an; et “on n'est pas payé” a-t-elle ajouté. En même temps, c'est la définition du bénévolat... Du coup, elle a prétendu que sa mère était gravement malade et qu'elle devait rentrer pour s'occuper d'elle. Son stratagème a fonctionné et elle a pu échapper à la corvée !

 

 

Jeudi – cours d'écriture, étudiants de 2ème année

Pour ce premier cours d'expression écrite après deux mois de vacances, nous commençons doucement avec la révision des bases : se présenter à l'écrit. Je leur propose de remplir une fiche signalétique pour réviser le vocabulaire (nom, prénom, adresse,...). J'étais certaine que des problèmes surgiraient dès que les étudiants allaient noter leur nom et prénom. Et oui, je l'ai probablement déjà dit, les Chinois donnent toujours leur nom avant leur prénom .M. Hu Jintao serait donc plutôt M. Jintao Hu. Les étudiants font souvent la confusion pour les Français; d'abord ils ne reconnaissent pas un prénom d'un nom; et ensuite, ils oublient souvent que le prénom vient en premier en français. Mais, le problème, c'est qu'ils sont aussi perdus lorsqu'il s'agit de donner en français leur nom ou prénom chinois. En outre, les Chinois utilisent moins le prénom que les occidentaux; de sorte qu'ils n'ont pas l'habitude de distinguer le nom du prénom. Alors, quand je leur demande de le faire, cela ne leur est pas vraiment naturel. Comme quoi, l'interculturalité intervient dès le début de l'apprentissage et pour des choses jugées simples à première vue.

 

Vendredi – déjeuner

Repas spécial organisé par le bureau international pour rencontrer les nouveaux profs et célébrer la fête de la mi-automne pour laquelle on nous accorde gracieusement le lundi de congé. A cette occasion, on nous distribue également un joli emballage qui renferme des “gâteaux de lune”. Tous les ans, c'est la même chose...ah..... Ce sont des gâteaux pâteux (il faut bien le dire) fourrés à toutes sortes de parfums (jambon, purée de haricots rouges, jaune d'oeuf,... qui peuvent être mélangés ensemble pour certains) . Je ne m'y fais pas. A chaque première bouchée, je me demande avec inquiétude sur quel parfum je vais tomber et si je vais pouvoir la terminer sans tout recracher. Je regrette de ne pas les apprécier car, ces gâteaux, c'est une tradition importante vu le nombre de boîtes en vente que l'on peut voir partout dans les supermarchés et dans les échoppes dans les rues. J'en ai reçu plusieurs par des élèves et par des collègues. Je vais quand même essayer d'y goûter.

 

Pour finir, j'ai trouvé sur internet un article amusant qui décrivait les tendances de cette année en matière de gâteau de lune :

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/mooncakefaux.jpg

Le faux gâteau de Lune

Haagen-Dazs a réalisé un faux mais excellent gâteau de lune.  Faux car il n'y a rien de traditionnel dans sa composition : il est réalisé d'une coquille de chocolat fourrée de crème glacée.

 

 

 

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/mooncakechain.jpgLe meilleur gâteau de lune de grandes chaînes

 

Les gâteaux de Lune de Starbucks sont connus comme les meilleurs parmi les grandes chaînes. Ils sont proposés dans une grande variété de saveurs. Les versions au thé vert et aux haricots rouges sont particulièrement délicieux et sont parfaits pour accompagner un café.

 

 

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/mooncakebad.jpgLes gâteaux de Lune les plus mauvais

 

Les gâteaux de Lune au boeuf et au curry devraient être l'une de ces expériences que vous ne devriez jamais tenter. En seconde et troisième place viennent, le gâteau de luneau jambon, et celui au bacon et à la truffe.

 

 

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/35025_071976.jpgLes gâteaux de Lune les plus ludiques

 

Tout frais de cette année, le jeu d'échecs chinois (Xiangqi) avec des pions remplacés par des gâteaux de Lune. A chaque pion renversé à son adversaire, le gagnant peut le manger.

 

 

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/Nokia%20moon%20cake%20from%20starbucks%207.jpgLe gâteau de lune le plus commercial

 

C'est la marque de téléphones mobiles Nokia qui a réalisé le gâteau de lune le plus commercial à ce jour. En forme de téléphone portable, ils étaient offerts en cadeau pendant la Fête de Mi-automne à tout client s'offrant un de leurs produits.

 

http://www.chine-informations.com/images/upload2/gateau%20de%20lune%20or.jpgLes gâteaux de Lune les plus chers

 

En Chine, les gâteaux de Lune se vendent également en jade ou en or, ce qui forcément leur donne une valeur bien plus importante que ceux qui se dégustent pendant la fête.

 

 

 

http://www.chine-informations.com/usb/images/upload/mooncake-usb.jpgLe gâteau de lune le plus geek

 

La palme revient à cette clé USB 4 Gb de 11 grammes vendue aux alentours de 25 euros. Attention elle ne se mange pas...

 

 

Voilà, fin de ma première semaine de rentrée !

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 17:39

Je ne suis pas très cultivée, alors j'avoue que lorsque j'ai vu de la pub partout à Shenzhen concernant cet événement, je me suis demandée si j'étais la seule à en ignorer l'existence. Il semblerait que non puisque mes collègues (autres profs étrangers) n'en avaient jamais entendu parler non plus.

 

http://portalcmspic.sz2011.org//upload/Image/default/2011/05/20/ff808081300c643201300cb78ccf001f.jpgMais, au fait, que sont donc que ces Universiades? En gros, ce sont les jeux olympiques des universités, une compétition internationale universitaire multi-sports (cf wikipédia). Je pense que je ne suis pas la seule Française à ne pas connaître cette compétition puisque, apparemment (saint wikipédia, amen), la France n'en a été l'hôte qu'une fois depuis la création (à moins que je n'aie sauté une ligne) et, en plus, dans les années 60; autant dire que cela remonte aux calendes grecques.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Et alors pourquoi en parle-t-on autant à Shenzhen ? Tout simplement parce que la ville reçoit l'événement cette année (en août). La Chine semble avide d'organiser ce genre de grands rassemblements internationaux et de mettre les petits plats dans les grands à chaque fois pour impressionner les visiteurs. Après Beijing et les Jo en 2008; l'Expo universelle à Shanghai et les jeux Asiatiques à Guangzhou en 2010; voici donc les Universiades à Shenzhen en 2011. Certes, tout le monde s'en fiche (pour ce dernier en tout cas), mais  n'empêche que ça fait bien sur le CV "je-suis-une-grande-puissance-et-je-vous-le-prouve-nananère" ou sur le CV "regardez-comme-on-est-super-fort-et-que-nous-d'abord-on-est-capable-de-faire-des-supers-cérémonies-et-de-développer-des-supers-infrastructures-et-d'accueillir-plein-de-gens-et-de-vous-en-mettre-plein-la-vue-na !"

 

C'est vrai que c'est impressionnant. Je ne sais pas pourquoi mais cela ne m'avait pas particulièrement frappé à l'époque où je résidais à Qingdao, mais maintenant, je suis estomaquée par la frénésie de la Chine pour développer ... tout, à tout va. Dans presque toutes les grandes villes que j'ai récemment visitées, on voit que des lignes de méto sont en construction; les routes et les autoroutes s'entrecroisent à n'en plus finir, les immeubles poussent comme des champignons; et le train à grande vitesse aussi (vous avez peut-être entendu parler du Shanghai-Beijing qui roule à plus de 300 km/h; il devait aller plus vite mais les autorités ont décidé de limiter la vitesse pour des raisons de sécurité; n'est-ce-pas rassurant ? mouais....). Bref, on rase, on détruit, on casse, et puis on reconstruit, on rebâtit plus haut, plus grand, plus moderne. Et si vite ! Et puis cela s'effondrera un jour car il suffit de voir que certaines parties du trottoir nouvellement refait après la construction du métro aux abords de mon école commencent déjà à se déformer et que des ornières se sont déjà formées (en moins d'un mois...). Enfin, cela est un autre sujet.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/a4/SZMetro_RtDig.pngPour en revenir aux Universiades de Shenzhen, je voulais donc souligner que la ville s'y prépare depuis 2007 et qu'elle a été un véritable chantier dernièrement pour terminer en hâte les travaux de rénovation et constructions diverses faites à l'occasion de cet événement.

Avant, c'est-à-dire jusqu'à cette année, nous n'avions que deux lignes (une partie de la verte) et la rouge, 5 stations uniquement). Voyez un peu le changement !

 

Et la bonne nouvelle, c'est que nous héritons donc d'une ligne de métro près de notre institut; ce qui manquait cruellement.

 

 

 

 

 

 

Je me focalise surtout sur le métro car c'est le seul changement dont je vais égoïstement profiter, le reste - les stades, les autoroutes, les malls et autres - ne m'intéressent t pas vraiment.

 

Sinon, comme pour tous les autres événements de ce genre, il y a bien sûr les bénévoles / les volontaires chargés de guider et d'informer les visiteurs. Enfin, les "volontaires".... Ma collègue chinoise au collège où j'enseigne quelques après-midis par semaine m'a confié en soupirant qu'elle n'allait pas pouvoir rentrer dans sa province natale cette année pour voir sa famille car elle "était obligée d'être volontaire" pour cet été. D'autant plus qu'elle parle français, cela fait donc d'elle une valeur assez importante puisque les bénévoles sont notamment là pour aider les étrangers ou faire de la traduction / interprétation. "Devoir être volontaire" est un bel oxymore, n'est-ce-pas ? En tout cas, cela résume la situation de beaucoup de Chinois et, en particulier, de beaucoup de mes collègues chinois qui travaillent dans le domaine des langues étrangères. Sur le site officiel, j'ai noté que "Comme le bénévolat est une tradition à Shenzhen, les gens de différents milieux et de diverses organisations s’engagent activement à servir l’Universiade 2011 et cela apporte une autre excellence à la ville de Shenzhen, connue pour son innovation." Mouais, si vous le dites... D'après ce même site, le nombre de ces bénévoles serait maintenant de  1 270 000 !!  Quoique vu à l'échelle de la Chine....

 

Bon, encore une fois, je m'emporte et me montre critique envers mon pays hôte. Mais, c'est vrai que cela me hérisse le poil toutes ces démonstrations de puissance, les slogans grandiloquents, la démesure. J'ai vraiment du mal avec les gens - ou les pays, en l'occurrence- qui ont font trop (la France n'échappe pas à la critique, entendez bien, mais restons concentrés sur la Chine). Cela me paraît incroyable que la ville dépense tant pour ce qui reste un événement sportif assez mineur, reconnaissons-le. Sérieusement, je doute que les autres pays rediffusent des épreuves ou même évoquent le sujet aux infos. Certes, c'est important pour les participants (est-ce le cas, d'ailleurs ? S'agit-il de futurs athlètes ou justes d'étudiants qui aiment le sport ?), mais franchement, on s'en fiche, non ? Alos qui la Chine, Shenzhen cherche-t-elle à impressionner ? Les Chinois, sans doute. Après tout, depuis l'antiquité romaine, on sait que ce qui importe pour gouverner, c'est "du pain et des jeux". Parfois, j'ai le sentiment que la Chine se lance dans des projets titanesques qu'elle achève plus (en apparence) ou moins (dans les détails) juste pour  "faire bien". Elle possède un côté terriblement "bling bling" et "m'as-tu-vu" et cela m'agace car cela se révèle souvent être un gâchis, une dépense inutile et mal pensée. Je prends pour exemple un stade qui a été construit dans la banlieue de Guangzhou pour les Jeux Asiatiques à l'automne dernier. Il n'a servi que pour cette occasion et depuis ... rien ! Un beau stade tout neuf, dans une zone défrichée exprès, desservi par de larges routes toutes neuves....mais rien. C'est vide, c'est mort. Personne ne passe à proximité, aucune activité n'y a été organisée depuis. Et le plus incroyable, c'est qu'on ne peut même pas approcher , ils ont installé des barrières à quelques centaines de mètres du stade qui empêchent le passage; du coup, l'impression de vide est renforcée. Je me demande ce que les autorités comptent faire... le détruire, peut-être ? Donc, voilà, le gaspillage et le manque de planification, ce sont des notions qui m'agacent.

 

Enfin, les relents patriotiques et sécuritaires, j'ai beau faire, cela me donne toujours envie de me boucher le nez et de m'enfuir en courant (oui, je sais la précision est inutile, mais aujourd'hui c'est la leçon "figures de style", donc un petit exemple de pléonasme). Comme pour les jeux Asiatiques de Guangzhou, Shenzhen a eu la merveilleuse idée d'installer des détecteurs aux rayons X à chaque entrée de chaque station de métro. L'autre jour, ils contrôlaient même l'identité de chaque passager qui voulait entrer. Super ! Vous allez trouver que je suis une vraie râleuse et qu'après tout, un acte terroriste est toujours à craindre dans notre monde dépravé. Certes. Sauf que ça m'énerve parce c'est, encore une fois, juste pour les apparences. Ce jour-là, je n'avais pas mon passeport (et pour une bonne raison puisqu'il était "en stage" chez la police pour le renouvellement de mon permis de résidence); donc lorsque j'ai vu qu'ils contrôlaient l'identité des voyageurs qui voulaient prendre le métro, j'étais bien embêtée. Je me résignais déjà à retourner sur mes pas pour prendre le bus; sauf que, après avoir dit que je n'avais pas de pièce d'identité, le garde m'a laissée passer. Et, voilà, c'est exactement ce genre de chose qui m'exaspère. Soit il l'a fait parce que je suis une étrangère (et c'est vrai que les étrangers sont souvent traités plus gentiment que les Chinois par les Chinois); soit il l'a fait parce que je n'avais pas l'air d'une terroriste, peu importe la raison au final, c'est juste que les passe-droits, les exceptions, cela ne devrait pas être possible s'il s'agit vraiment d'assurer la sécurité, par exemple. C'est typique de la Chine, je trouve, ce genre de situation. "On fait genre". Donc, soit ils contrôlent, soit ils ne contrôlent pas. Auquel cas, qu'ils ne nous fassent pas perdre trois heures à faire la queue pour monter dans une rame !

 

Désolée pour ce réquisitoire. J'ai l'impression de passer pour une personne aigrie qui a vécu trop longtemps loin de son pays; alors qu'en fait, je m'accommode encore très bien de ma vie en Chine. C'est juste que les défauts sautent souvent plus facilement aux yeux que les qualités, non ? Promis, un de ces jours, je serai dithyrambique sur les avantages et les bons côtés de la vie en Chine. Sérieusement, je ne pense pas être plus anti-chinoise que anti-française. Il s'avère que mon blog est plutôt centré sur la vie en Chine; mais si je m'attaquais à la France (surtout quand on la voit avec un peu de recul depuis l'étranger et que l'on discute avec des expatriés d'autres nationalités), je ne serais pas plus tendre.

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Published by armel - dans Vie à Shenzhen
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