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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 17:58
Voilà, c'est la fin. Je quitte Qingdao vendredi. Mais je ne fais pas mes adieux à la Chine puisque, après quelques semaines de vacances en France, j'y reviendrai fin août, à Shenzhen.

Ces deux dernières semaines ont été ponctuées par les examens et les invitations par un peu tout le monde. J'avais 6 examens à préparer, à corriger et toute la paperasserie qui va avec, c'est-à-dire préparer et imprimer les corrigés, les notes, l'analyse des résultats, les examens de rattrapage (même si tous les étudiants ont réussi le premier examen), les corrigés de l'examen de rattrapage...

Les étudiants à leur habitude ont fait preuve d'une grande créativité à l'occasion des examens. Cette fois, je n'ai pas eu le temps de tout relever mais voici quelques exemples que j'ai bien aimés :

- "C'est un film très douché" (autrement dit "touché" et donc "touchant" dans cette phrase. Ah, le t/d !...)

- " Le héros est amusant surtout quand il pleut" ("pleure" évidemment; les étudiants confondent toujours pleuvoir et pleurer, je sais bien que dans les deux cas il s'agit d'eau, mais quand même...)

- "les feux d'artificiel" (personnellement, ce néologisme me plaît)

- "faire souffler sa voiture" (ce qui veut dire....? "klaxonner", bien sûr !)

- "c'est un film sur Sartre et Simon de Beauvoir" (le frère de Simone, sans doute...)

- "Il aime beaucoup son amende" (non, il n'est pas masochiste; il est juste amoureux : c'est son "amante" qu'il aime)

Entre deux copies, j'ai eu le temps de participer à quelques soirées et plusieurs déjeuners. Les moments les plus marquants sont évidemment les fêtes organisées par mes étudiants : une soirée "barbecue" avec mes 3ème année, une soirée "raviolis" avec mes 2ème année; un après-midi avec quelques 1ère année (pas facile de tous les voir car ils sont "délocalisés" sur un autre campus assez loin et ils ont beaucoup d'examen). Certains étudiants m'ont invitée à déjeuner en plus de ces soirées.

Barbecue sur la plage avec les 3ème année :

















Pas facile à allumer avec tout le vent.                                         Ca y est , enfin !



































Soirée raviolis avec les 2ème année :





























Les filles au travail                                                                            mais les garçons aussi !


















Voilà le résultat.                                                                            Il manque une dizaine d'étudiants sur la photo.




Lors du dernier cours, beaucoup d'étudiants m'avaient offert un cadeau (dont un collectif : un album avec des photos d'eux et un petit mot de chacun) car on n'a pas pu organiser une fête tous ensemble. J'avais invité à venir chez moi ceux qui avaient le temps; en voici quelques uns.










Je ne garde que de bons souvenirs de mes deux années à Qingdao et, surtout, de mes étudiants. Cette dernière semaine est un peu nostalgique : pas si facile de quitter tout le monde; en deux ans, j'avais eu le temps de créer des liens...

Mais, j'ai très envie de découvrir autre chose, un autre environnement et Shenzhen devrait être assez différente de Qingdao. Je l'espère, en tout cas, pour avoir de quoi alimenter mon blog !

Rendez-vous donc au 27 août pour suivre mes nouvelles aventures en Chine ! Bonnes vacances !
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 14:31
Une chose est certaine : je veux bien travailler en Chine en tant qu'enseignante, mais je ne ferai jamais d'affaires avec eux pour la simple et bonne raison que je redoute particulièrement .... les dîners officiels.

Au cours de mes 2 années ici, j'ai assisté à quelques uns de ces dîners et c'est toujours la même épreuve. En fait, c'est tout à fait personnel car tout est lié à l'alcool. Si vous êtes capable de vider verre sur verre, alors vous n'aurez aucun souci; mais en ce qui me concerne, c'est un calvaire.

Hier soir, j'étais conviée par la directrice de l'école primaire où j'ai enseigné ces deux dernières années à un banquet qui réunissait une dizaine de "leaders" (le chef du bureau de l'éducation du district du nord; le chef du bureau de l'éducation de je ne sais plus quoi, blabla...). Heureusement, j'étais assise à côté d'un Français que je connaissais. La prof d'anglais, Shen Kun, qui me servait d'interprète à l'école primaire était également présente et nous servait de traductrice ainsi que de conseillère interculturelle, si je puis dire.

Les plats commençaient à s'accumuler sur la vaste plaque tournante au centre de la table. Aucun de ces chefs ne parlant anglais, je me savais condamnée à une soirée assez mortelle mais je comptais bien m'occuper en me délectant de tout ce qui défilait sous mes yeux. Malheureusement, j'avais à peine avalé une première bouchée qu'une femme s'est levée et s'est lancée dans un discours fleuve qui, à mon avis, se résume en trois mots : bonheur, amitié, bienvenue. Pendant ce temps-là, le serveur faisait le tour de la table pour remplir les verres de vin ou de bière. Connaissant les Chinois, je savais que j'aurais du mal à échapper à cette corvée. J'ai supplié Shen Kun du regard, mais elle m'a murmuré qu'il serait préférable que pour le premier verre, je trinque à l'alcool. Génial. La soirée s'annonçait mal.

Nous avons donc trinqué. Vous savez comment ça se passe quand tout le monde trinque en même temps ? Si on est trop loin pour faire tinter nos verres, on les frappe doucement contre la surface de la plaque vitrée devant nous. La femme a alors avalé son verre d'un coup et nous avons donc dû faire de même.
La même scène s'est renouvelée plusieurs fois, les différents protagonistes prenant la parole à tour de rôle et toute la tablée devant trinquer à l'unisson. Le cauchemar. Shen Kun a essayé de me venir en aide. A un moment donné, elle m'a pris mon verre et en a avalé le contenu à toute vitesse pendant que les autes finissaient le leur et me l'a remis aussitôt dans les mains. Ni vues ni connues. J'aurais bien aimé que la scène eut été filmée : j'imagine nos mines de conspiratrices...

Entre deux verres, j'essayais de grappiller quelques morceaux par-ci par-là alors que les autres convives ne semblaient guère s'intéresser aux plats.
Malheureusement, le supplice n'était pas terminé car, ensuite, chaque invité se levait pour trinquer avec chaque convive. La galère. Heureusement, moi, je n'avais pas besoin de le faire. Par contre, lorsque les autres venaient trinquer avec moi, il fallait bien que j'accepte les voeux et que je prenne mon verre.

Avec Shen Kun, nous avons élaboré et mis en oeuvre une véritable stratégie militaire pour me sauver :
- replis stratégiques aux toilettes pour se cacher provisoirement et gagner quelques minutes
- feintes pour tromper l'ennemi (j'avais commencé la soirée au vin blanc; or le thé qu'on nous servait aussi avait des nuances ambrées qui pouvaient faire illusion. De loin... et surtout que certains "ennemis" en question étaient déjà suffisamment éméchés pour ne pas distinguer le vrai du faux)
- drapeau blanc (Shen Kun a défendu mon cas en expliquant que je n'avais pas l'habitude; que j'étais une fille;etc)
- kamikaze (alors que l'un des chefs voulait absolument que je vide tout mon verre; elle lui a proposé que je boive une gorgée et qu'elle finisse le reste. Elle s'est ainsi sacrifiée plusieurs fois pour moi. Sauf que celui-là (le pire de la soirée) a refusé, en définitive. Intérieurement, je bouillais tellement d'indignation que je lui aurais bien brisé mon verre sur le crâne. Ca n'aurait pas été une grande perte pour l'humanité et, de toute façon, je suis certaine que c'est de la bière qui lui sert de liquide céphalo-rachidien.)

La soirée s'est donc écoulée péniblement à ce rythme. Pour que la soirée soit complètement gâchée, il ne restait qu'une chose : le karaoke. Ce qui n'a pas manqué. Mon tourmenteur a été le premier à s'emparer du micro, d'ailleurs. Il s'est avéré que le matériel avait quelques problèmes et au bout de trois ou quatre chansons sur lesquelles j'ai eu du mal à m'empêcher de me boucher les oreilles pour échapper à ses hurlements et ses aigus de fausset faussés, il a fini par renoncer. Ouf.
La trève fut de courte durée, cependant, car on nous a demandé de chanter quelque chose en français. On nous a suggéré un titre : "Hélène, je m'appelle Hélène" (m'expliquera-t-on un jour comment cette mièvrerie a atterri en Chine et est connue même de ceux qui n'ont jamais appris le français ? Pauvre culture française : voilà la "chanson" française la plus populaire parmi les Chinois...). J'ai regardé avec horreur l'autre Français; nous avons opté pour une chonson dont nous connaissions tous les deux les paroles.... "A la claire fontaine". J'admets que ce n'est pas très rock'n'roll, mais bon... De toute façon, les autes n'écoutaient pas : les uns étaient pris dans les vapeurs de l'alcool, les autres vociféraient - euh, discutaient-. Bref, nous sommes passés inaperçus.

4 heures plus tard, nous sommes enfin sortis du restaurant. Une des femmes chantait à tue-tête dans la rue; une autre s'obstinait à vouloir retourner dans la salle; certains hommes titubaient; d'autres avaient le visage rubicond... Ils avaient fière allure tous ces chefs. C'était d'un ridicule consommé. Pendant ce temps-là, Shen Kun courait de l'un à l'autre essayant de faire taire l'une , de faire monter
les autres dans leur voiture...
A ce moment-là, mon tourmenteur s'est rappelé mon existence et a proposé de me ramener. Je n'étais pas plus enthousiaste que cela surtout en voyant qu'il avait du mal à articuler trois mots, je me demandais donc s'il allait trouver le chemin et surtout s'il allait me ramener vivante. Déjà que sobres, les Chinois conduisent comme des sauvages; alors ivres...
Finalement, un autre homme (son chauffeur ? je ne l'avais pas vu auparavant) a pris le volant et j'ai été reconduite saine et sauve. J'étais soulagée de rentrer enfin chez moi et d'échapper à leur "enivrante" présence.

Vous me trouvez peut-être bien sévère. Qu'est-ce que c'est que quelques verres d'alcool ? Surtout qu'en réalité, je n'en ai pas trop absorbé : la plupart du temps, je ne faisais que tremper les lèvres dans mon verre. Mais je ne supporte pas cette obligation de boire; et surtout d'obliger à vider tout le verre ! Or, vous les verriez, ils se félicitent mutuellement lorsqu'ils vident leur verre et, limite, ils seraient capables de le retourner pour prouver qu'ils ont tout bu jusqu'à la dernière goutte !

Je sais qu'il faut s'adapter à la culture et aux coutumes des autres et je sais que c'est impoli de refuser de vider son verre si l'autre le fait. Mais, vous les verriez remplir les verres à ras bord, en verser le moitié sur la nappe ou le tapis; mélanger les alcools dans un même verre; devenir de plus en plus bruyants et ivres;... N'importe quel alcool pourrait faire l'affaire : il ne s'agit ni de goût ni de qualité mais uniquement de quantité. Plus on vide de verres et de bouteilles, plus la soirée est réussie. C'est plus fort que moi : assister à un tel spectacle me répugne. Comment des hommes et des femmes qui sont censés être respectables et avec des fonctions importantes peuvent-ils se livrer à une telle débauche ? En fait, ils ont l'habitude, je suppose, puisque c'est aller de banquet en banquet et s'enivrer fait partie de leurs attributions, si je peux dire. Le Français présent ce soir-là m'a confié que tous les repas avec des Chinois n'étaient pas forcément aussi arrosés mais les habitants de la province du Shandong respectent particulièrement cette tradition.
A se demander si finalement la citation "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" n'a pas été dite par un Chinois

Il est des expériences dont je me passerais bien, parfois... .


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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 10:23

Après une longue attente, un espoir déçu, une baisse de motivation, une remotivation, des recherches, des hésitations, des atermoiements, un choix, une annulation, une décision finale, je sais enfin où mes pas me porteront l'année prochaine.

J'ai trouvé un poste de prof à Shenzhen... Toujours en Chine, donc. Mais dans le sud cette fois. Pour situer rapidement, c'est entre Canton et Hong-Kong.

Je ne comptais pas rester en Chine cette année, j'avais d'autres projets ou plutôt une autre destination en tête (ceux qui me connaissent savent à quel pays je fais référence). Je ne désespère pas de retenter l'année prochaine, en attendant, j'ai décidé de trouver un poste toujours en Extrême-Orient (l'Inde me plairait beaucoup aussi).

Bien que je ne sois pas particulièrement intéressée par l'argent, je n'ai pas envie de me faire exploiter. Or, ce n'est pas évident de trouver des annonces qui soient raisonnables tant au niveau du salaire que du nombre d'heures de cours. Je me suis rendue compte que les conditions proposées en Chine ne sont pas si mal car dans la plupart des cas (sauf les Alliances françaises) le logement et le billet d'avion AR sont offerts. Certes, les salaires ne sont pas très élevés si on les compare à des salaires français mais ils sont largement suffisamment pour vivre en Chine.

Alors, finalement, je me suis dit que je pourrais bien faire un an de plus en Chine. Et voilà que j'ai trouvé un super lot de consolation : l'institut polytechnique de Shenzhen.
Attention, je vous préviens de suite : le nom peut sembler prometteur mais, en Chine, ce genre d'école est moins prisé et moins réputé que les universités. On m'a expliqué que ce sont les étudiants qui ne réussissent pas bien le concours d'entrée à l'université qui se retrouvent dans ces écoles privées. Vous savez qu'en Chine, le système universitaire est différent et que les universités fonctionnent un peu comme les grandes écoles en France. Elles sont classées et c'est en fonction des résultats au concours d'entrée que les étudiants peuvent y accéder. Ce concours est sur 700. Les meilleures choisissent les étudiants qui ont plus de 600; ceux qui ont entre 500 et 600 vont dans les autres; ceux qui ont moins de 500 n'ont pas le droit de prétendre à l'université. Ce sont donc de ces derniers que je vais hériter. Personnellement, cela ne me gêne pas : je ne crois pas que les résultats à ce concours reflètent leur compétence en langue française (d'autant qu'ils n'en ont jamais fait avant).

Ces écoles ont donc un profil différent de celui des universités. D'abord, le cursus n'est que de 3 ans au lieu de 4 ans pour obtenir une licence dans les universités. D'autre part, il s'agit d'écoles professionnelles alors que les formations à l'université sont plus généralistes. (je ne savais rien de tout cela avant; ce sont mes étudiants qui m'ont donné toutes ces informations depuis qu'ils savent où je vais).

En fait, ce qui m'a décidé à choisir cette école, c'est justement cet aspect professionnalisant. En effet, j'aurai 16 heures de cours dont 4h d'audiovisuel, 4h d'expression écrite mais surtout 8h de français des affaires. C'est la matière que je préfère car j'ai vraiment l'impression d'enseigner quelque chose d'utile, qui sert à quelque chose. Je ne dis pas que la littérature n'est pas utile mais.... Disons que je suis plus favorable à un usage pragmatique de la langue et que la littérature ou ce genre de cours ne me semble pas correspondre à ce critère.

Enfin, n'oublions pas la cerise sur le gâteau. J'avoue qu'en plus des cours qui m'intéressent, le salaire proposé est plus qu'appréciable : 8000 yuans (je deviens de plus en plus Chinoise : parler d'argent devient naturel....) ! Je me demande ce que je vais faire de cette fortune ! lol
Bon, c'est vrai que le billet d'avion n'est pas offert, mais le logement m'est payé et j'ai quand même une indemnité de voyage de 6000 yuans ainsi que d'autres allocations diverses (320 yuans par mois pour les repas; 2200 yuans d'allocation voyage;...). Sachant que mon salaire actuel n'est que de 3600 yuans, vous pouvez comprendre les raisons pour lesquelles j'insiste sur l'aspect financier de mon futur job... Et c'est pour vous donner une idée des disparités de salaire qui existent aussi d'une école à l'autre, d'une ville à l'autre.

J'ai commencé à m'occuper de mon déménagement. Les 2 ans de ma vie à Qingdao se retrouvent dans ces paquets...

Je les ai envoyés cet après-midi : cela me faisait trois gros sacs plus un carton de livres, le tout pesant .... 75 kgs !!! C'est fou ce qu'on accumule en si peu de temps ! Enfin, j'ai des excuses : il ne s'agit pas seulement d'affaires personnelles, j'ai envoyé beaucoup de matériel scolaire (livres, cahiers, poly,...) ce qui est très lourd.












J'aurais bien aimé changer de pays pour avoir des choses nouvelles à raconter dans mon blog l'année prochaine. Je crains qu'il ne finisse comme peau de chagrin.

En tout cas, j'ai une fin d'année bien occupée en perspective : dîners, cadeaux et photos d'adieux. Cela a déjà commencé cette semaine avec mon dernier cours à mes petits élèves dans l'école primaire où j'enseignais deux fois par semaine.


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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 07:03
Tout à l'heure, je suis allée faire des photos d'identité. Je pense que mes étudiants connaissent des lieux meilleurs marché mais la boutique que je connais fait bien les choses. En fait, le photographe retouche complètement la photo. Bon, j'exagère : je me reconnais quand même.

C'est vrai que c'est plutôt une bonne idée d'enlever toutes les rougeurs, boutons et autres imperfections de la peau, mais de là à effacer les grains de beauté ! J'avais un mini coup de soleil dans le cou et, hop, en un clic de souris, il l'a fait disparaître. Je me suis donc retrouvé avec un visage bien lisse, bien blanc,...

Idem pour les cheveux : toutes les petites mèches qui volètent autour du visage, il les a gommées. Il a également modifié la forme de mon crâne en rajoutant quelques cheveux sur les côtés pour étoffer un peu là où ma coiffure était trop plate.

Je craignais qu'il ne finisse par me raccourcir les oreilles ou  me modifier le nez, mais heureusement il s'est arrêté. Je suis sortie 10 minutes plus tard avec 12 photos, le tout pour 30 yuans (3€).

Je me demande si en France certaines boutiques où l'on fait des photos d'identité procèdent également à des retouches...
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 12:30
Il est de ces jours où vous savez avant même de vous lever qu'ils vont être maussades. Encore allongée dans votre lit, vous entendez la pluie qui tambourine sur les vitres. Réveillée depuis une heure - puisqu'ici le jour se lève plus tôt qu'en France - mais toujours ensommeillée, vous voudriez rester éternellement dans votre cocon. Cependant, la routine finit par reprendre ses droits.
Assise dans le bus, vous regardez sans le voir le paysage urbain, grisâtre sous l'averse, défiler sous vos yeux. Alors que vous voudriez profiter de ces quelques minutes de tranquillité, vous sentez une main vous tapoter doucement l'épaule. Vous vous retournez et vous vous retrouvez face au visage souriant d'une jeune Chinoise qui vous demande directement : "Where are you from ?" Vous levez les yeux au ciel, exaspérée de devoir répéter une fois de plus les mêmes banalités à un(e) parfait(e) inconnu(e). Un autre jour, vous auriez peut-être envisagé la situation plus positivement, mais aujourd'hui, votre avez décidé de vous montrer antisociale. Mais polie. Aussi répondez-vous - en souriant à votre tour - "France". La seconde question inévitable ne se fait pas attendre "Are you a student ?" Dans votre for intérieur, vous poussez un soupir à fendre l'âme. Quoi ? Même les talons et le tailleur noir que vous portez ce jour-là ne vous vieillissent pas suffisamment ? Vous précisez donc que "No, I'm a teacher." Ne voulant pas paraître désagréable, vous vous permettez la toute aussi attendue question "And you, what do you do ?". Elle vous apprend qu'elle est étudiante en économie, elle vous donne son prénom (anglais), vous demande le vôtre. Et, soudainement, elle déclare qu'elle voudrait que vous soyiez amies. Il ne manquait plus que cela ! Combien de fois vous a-t-on fait cette proposition ! Comme si l'amitié se décidait et s'annonçait : "Soyons ami(e)s !"
Agacée, vous souriez néanmoins d'un air policé, sans vous engager. Elle prend votre silence pour un acquiescement et vous demande votre numéro de téléphone. Vous songez le temps d'un souffle à lui en donner un faux mais avec ces maudits portables, beaucoup de gens ont l'habitude d'enregistrer votre numéro et vous appelle immédiatement pour que vous puissiez enregistrer le leur à votre tour. Ce qu'elle fait. Evidemment. Peu de temps après, avant de descendre, elle vous promet qu'elle vous téléphonera prochainement. Mais, vous vous dites avec soulagement qu'elle ne le fera sans doute pas pour la bonne raison que son anglais semblait très limité et que vous vous êtes bien gardé de mentionner que vous pouviez balbutier quelques mots en chinois.
Vous n'êtes pas complètement antisociale et vous n'avez rien contre le fait de discuter avec des inconnu(e)s mais vous ne supportez pas qu'on vous impose quelque chose - comme cette soi-disant "amitié".

Vous rentrez chez vous, épuisée après une journée de cours. Vous tentez vainement de vous connecter à certains sites : ils ne s'affichent pas. Tiens, aujourd'hui, c'est RFI. Encore un site censuré par la Chine ou le site est-il indisponible en raison de la grève dont vous avez eu l'écho en lisant Courrier International ? (d'ailleurs, si quelqu'un peut vérifier s'il s'affiche en France ou ailleurs, merci de me le faire savoir). Vous vous énervez une fois de plus : comment pouvez-vous préparer vos cours correctement si la seule ressource que vous ayez à disposition (ce ne sont pas les quelques pauvres manuels de la "bibliothèque" qui ont plus de 20 ans qui vont vous aider) ne fonctionne qu'à moitié ? Ainsi, ne plus pouvoir accéder à des sites comme Dailymotion ou Youtube (toujours censuré depuis mars, je crois) est un handicap car on peut y trouver des bandes-annonces de films, des publicités, des clips de chansons, des extraits de films ou de séries télé,....


Cela dit, il est des jours - la plupart, en fait - où tout va bien.

Ces jours-là, vous vous levez en chantonnant et vous vous rendez en cours sous un soleil lumineux.

Vous appréciez de vivre en Chine et de pouvoir consommer à des prix imbattables : 7 yuans (70 centimes d'euro environ) la coupe de cheveux à l'université (20 à 30 yuans dans les salons de coiffure en ville); 19 yuans la paire de chaussure de vos rêves; 39 yuans une jupe...

Vous aimez prendre le bus le vendredi pour vous rendre sur le "campus est" car la route longe la mer et, pendant 15-20 minutes, vous pouvez admirer l'eau qui miroite sous le soleil chatoyant.

Vous vous amusez de petits détails :
-Vous vous apercevez que le compteur de vitesse du bus dans lequel vous vous trouvez est caché par une image représentant bouddha ou un de ses avatars.... Vous comprenez pourquoi les Chinois respectent si peu les limitations de vitesse : Bouddha les protège.
- Vous ne pouvez vous empêcher de sourire lorsque vous croisez un homme (les jours de beau temps) qui a roulé le bas de son t-shirt pour le ramener sous la poitrine laissant ainsi, à découvert, un ventre - souvent bedonnant.
- Vous émettez également des réserves sur l'élégance des femmes et ne pouvez vous empêcher d'observer dubitativement celles qui portent des chaussettes couleur chair (comme les collants ou les bas) - mais visibles - avec des jupes ou des pantalons courts.

Vous riez avec vos étudiants lors du coin français en évoquant différents sujets.
Ainsi, jeudi dernier, les étudiants ont montré un article en chinois qui évoquait le possible achat par Carla et Nicolas Sarkozy de l'ancien appartement de YSL, situé dans le même immeuble que Mick Jagger qu'a fréquenté Carla Bruni auparavant. Les étudiants avaient surtout relevé ce détail !
Les étudiants ont enchaîné en parlant du vice-président chinois, Xi Jinping, futur président de la Chine en 2012 (on le sait déjà) et surtout de sa femme qui est......une chanteuse célèbre. Voilà qui devrait définitivement réchauffer les relations franco-chinoises si Sarkozy est réélu : Carla et Mme Xi pourront faire des concerts ensemble.

Ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs ?



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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 15:36
Officiellement, toujours aucun cas ici. Cependant, tous les soins sont pris pour éviter tout risque. L'université a été jusqu'à annuler le week-end à Penglai (dans le nord de la péninsule du Shandong).

Voici le courriel que nous a adressé la responsable du bureau international :


Dear friends,

 

As we all know , H1N1  influenza outbreak recently in the world. China Health Bureau has adopted very strict measures to prevent people from the influenza A virus. Considering the health of our foreign teachers, we decide to cancel the trip to Penglai in case teachers get infected in the restaurant, hotel, tourism site or other place where is crowded.

 

I am sorry for the cancellation of this trip. We hope you enjoy a good health.


Comme s'il y avait plus de danger là-bas qu'à Qingdao. Penglai, c'est quand même un "trou" et on a sûrement bien plus de risques d'attraper le virus à Qingdao. Enfin, ça m'est égal puisque je suis déjà allée à Penglai l'année dernière !

Dans le hall de notre bâtiment, une note a également été rédigée en anglais à l'attention des étrangers pour leur dire de "bien se laver les mains, bien manger, bien se reposer..." et d'éviter les lieux bondés.


 

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 09:12
Je l'ai déjà dit : Qingdao n'est pas forcément intéressante pour des touristes occidentaux car elle n'offre guère de curiosités touristiques mis à part l'ancien quartier allemand, le (mont) Laoshan et son bord de mer.

Mais, elle est très appréciée des Chinois. Il faut voir ce week-end à l'occasion des 3 jours de vacances pour le 1er mai : les plages et les parcs sont pris d'assaut par des cars entiers de touristes chinois; d'autant plus qu'il fait très beau depuis hier.

Après avoir "baroudé" un peu partout en Chine, je comprends les sentiments des Chinois. Qingdao est vraiment une jolie petite  ville, agréable et propre. Ses villas au bord de la mer lui confèrent beaucoup de charme et même un certain cachet.

Cela faisait déjà longtemps que je voulais les prendre en photo car je passe souvent devant. Enfin, voilà, j'ai profité de ce dimanche ensoleillé pour enfin le faire.
J'aime particulièrement celles qui ont un style colonial.





























































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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 16:07
Je n'ai aucun intérêt pour tout ce qui est militaire mais, cet après-midi, l'occasion m'a été donnée de visiter une frégate française. Ce n'était pas inintéressant et l'équipage était sympathique.

Alors, qu'est-ce que fait ce navire en Chine ?

A l'occasion du 60ème anniversaire de la fondation de la marine chinoise qui tombe le 23 avril, une revue navale a lieu à Qingdao ces jours-ci. 21 navires étrangers sont présents dont le Vendémiaire, une frégate française.


















Le navire est armé (un canon, des missiles, des mitraillettes) mais c'est plus dissuasif qu'autre chose. Nous avons aperçu les cuisines (il y a même une boulangerie; ils sont plus gâtés que nous puisqu'ils peuvent manger du pain frais tous les jours), la salle des machines, celle des commandements (ci-dessous)...



















Construite en 1993 à St Nazaire, il s'agit d'une frégate de surveillance. Ses missions sont principalement : la surveillance des espaces océaniques, le contrôle des ZEE, la police et la surveillance des pêches. Le navire s'occupe de la zone pacifique (son port-base se trouve à Nouméa).

L'équipage est composé de 92 marins dont 12 femmes.















Les navires repartent demain.



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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 08:20
J'ai profité de la matinée ensoleillée pour aller faire un tour du côté de Taidong (un quartier commercial) dont l'une des rues comporte une vingtaine de bâtiments recouverts de décors peints (je pense que c'est assez récent car j'y suis allée il y a un mois et je n'avais rien remarqué).

















Cela représente tout de même 40 000 mètres carrés de fresque axées sur les thèmes de la mer, la mode, le folklore (par exemple, les masques d'opéra comme ci-dessous).






































































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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 10:27
Ca y est ! Enfin les vacances !! Je n'ai pas vu le semestre passer; néanmoins, j'accueille les vacances avec plaisir car mis à part les 7 jours de la première semaine d'octobre et les 3 malheureux jours du 1er janvier, la fatigue commence à se faire sentir. Cela dit, je ne suis pas sûre que mes 6 semaines (et oui, quelle chanceuse, quand même) de vacances vont être de tout repos car je vais partir à la conquête de régions inexplorées... Bon, ok, j'exagère; mais je vais aller me perdre dans les petits villages et les montagnes au sud de la Chine.

Le thème de mon voyage : les minorités. Je vais commencer par le Sichuan; traverser la ville-province de Chongqing; puis le Guizhou, le nord du Guanxi, le Hunan, je vais traverser le Jiangxi pour finir dans le Fujian.

































Je n'ai rien réservé à l'avance mais de toute façon, en Chine, pour le train, c'est presque impossible. J'aviserai mais je ne me fais pas trop de soucis car l'année dernière, j'ai souvent pris le bus et je ne vois pas de raisons de ne pas pouvoir faire de même cette année. Quant aux hôtels, l'année dernière non plus, je n'ai jamais eu de problèmes pour trouver une place dans les hôtels bon marchés ou les guesthouses. Alors, de cette manière, je vais pouvoir adapter mon circuit selon mes désirs. Mais ce ne seront pas des vacances de tout repos puisque les distances sont assez affolantes, mine de rien, surtout vu la grande lenteur des transports en Chine. Je me paie le luxe d'un trajet d'avion Qingdao - Chengdu (capitale du Sichuan) mais pour le reste, je compte bien voyager de façon économique. C'est pourquoi plusieurs semaines ne seront pas de trop pour parcourir toutes ces provinces ! Je ne suis pas sûre d'avoir le temps de mettre à jour mon blog pendant mon voyage mais je le ferai à mon retour; donc vous saurez tout tôt ou tard !

Il me reste encore une hésitation : j'ai envie de faire un tour au Tibet. Cela me fait rêver depuis longtemps; et même si je sais que c'est nul de devoir payer pour les permis; de devoir être accompagné par un guide chinois et de ne pas pouvoir se déplacer librement où on le souhaite; de ne pas pouvoir communiquer avec les Tibétains,.... j'ai néanmoins envie de profiter d'être en Chine pour y faire un tour car de Chengdu, je serai toute proche. Je n'ai pas envie de faire de la politique et certains m'ont dit qu'ils n'iront jamais au Tibet tant qu'il ne sera pas libre; mais à ce moment-là, je doute qu'on puisse jamais s'y rendre.... Bref, ce qui me retient encore c'est le prix car, puisqu'il s'agit - par la force des choses - d'un voyage organisé, les prix sont forcément élevés... Une fois rendue à Chengdu, je ferai une prospection auprès de différents organismes et hôtels et j'aviserai en fonction de ce qu'on me propose.

Quelques petites remarques avant de boucler mon sac-à-dos :

- il y a des jours où j'adore la Chine : par exemple, l'autre jour, j'ai acheté un gros gilet, un pull, un pull à col roulé et un jean pour 311 yuans (sans parler des extras comme les chaussettes et les gants)... 30€ environ, ça va, non ? Il faut dire qu'en ce moment, c'est la période idéale pour faire des achats de vêtements car la tradition à la Fête du printemps (le nom que donnent les Chinois au "nouvel an chinois"), c'est d'acheter des nouveaux vêtements pour symboliser qu'une nouvelle année débute. Donc, les magasins font des réductions très intéressantes en ce moment. On voit aussi beaucoup de sous-vêtements rouges car c'est important de porter du rouge même s'il s'agit de chaussettes ou de culottes !

- il y a des jours où je déteste la Chine - ou plutôt le système chinois - ou plus précisément l'organisation du système à l'intérieur du département de français de l'université de Qingdao ! J'ai toujours l'impression d'être la cinquième roue du carrosse (ce qui n'est pas qu'une impression, malheureusement, mais je peux me consoler en me disant que les lecteurs dans les autres universités vivent la même situation) : on ne me convie jamais aux réunions, je suis toujours la dernière au courant des dates importantes; .... Bref, cette année, on m'a annoncé que les étudiants qui avaient moins de 60 à l'examen devaient passer le rattrapage même si leur note totale (avec celle de la participation en classe) dépassait 60. Or, l'an dernier, j'ai souvent évité les rattrapages en relevant la deuxième note puisque de toute façon, on doit donner l'examen sans ou avec le rattrapage; alors à quoi bon se casser la tête à organiser des rattrapages ? Mais, malheureusement, on ne m'a prévenu qu'une fois les notes enregistrées; et donc impossible de les changer. Je devrai donc faire des rattrapages à la rentrée. Quelle galère ! Si j'avais su avant, j'aurais noté de façon plus cool.

- Et il y a aussi l'histoire de l'étudiant fantôme de deuxième année qui sèche tous les cours. Il n'est pas venu à l'un de mes examens et à l'autre, il a évidemment tout raté. Même mes collègues chinoises lui ont mis moins de 60 (mais quand même dans les 50); ce qui prouve à quel point il n'est pas au niveau ! Evidemment, j'ai posé la question qui fâche : que se passera-t-il s'il échoue également aux rattrapages ? (je ne vois pas comment il pourrait les réussir). J'ai réussi à extorquer une réponse improbable : apparemment, il lui restera une chance en 4ème année... Euh, est-ce à dire qu'il pourra passer en 3ème année malgré tout ? On ne m'a pas répondu non, donc cela signifie que oui.... Ah, cela prouve à quel point les examens à l'université en Chine sont une vraie mascarade.

Enfin, heureusement que les vacances arrivent pour que j'oublie ces sujets qui m'énervent au plus haut point !
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Published by armel - dans Vie à Qingdao
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