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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 09:57
Revenue à Lanzhou par le train de nuit depuis Dunhuang, je saute dans un taxi direction la gare routère sud pour essayer d'obtenir un billet pour Xiahe, ville à majorité tibétaine, ou à défaut pour Linxia, ville à forte minorité Hui (musulmane) d'où il est possible de trouver des bus pour Xiahe.

Les abords de la gare routière sud de Lanzhou sont incroyables : tous les hommes portent un petit calot blanc, toutes les femmes sont voilées, les moto-taxis se croisent dans tous les sens au milieu des klaxons, des effluves des brochettes sur les grills et du brouhaha des cris des rabatteurs. On est bien loin de la Chine des Han et de Beijing.

 





Je me dirige vers la billeterie à grands renforts de coups de coude et tente de trouver la file d'attente. Après m'être faite doubler une dizaine de fois, je finis par atteindre le guichet : pour Xiahe, "pas de bus" me répond l'employée désagréable. Soit, alors Linxia ? Elle me sort alors toute une tirade à laquelle je ne comprends rien. Elle répète de plus en plus énervée; ce qui ne m'aide pas à comprendre. Finalement, exaspérée et poussant un soupir à fendre l'âme, elle brandit un papier avec la photocopie d'un passeport étranger et d'un visa. Pas un mot d'explication et, hop, elle se tourne vers quelqu'un d'autre. Il est 10h du matin, je suis fourbue après une nuit blanche (rappel : 14h de train en assis dur), il fait déjà très chaud et, là en face de moi, cette employée irascible : je sens que la journée va être longue....

Je me dirige vers un autre guichet dont je n'arrive pas à déchiffrer les caractères, je ne les cherche pas dans mon dictionnaire, j'y vais directement. Je dois à nouveau subir ces maudits Chinois qui ne respectent pas la file d'attente (qu'ils soient Han ou des minorités, ils sont tous aussi irrespectueux des règles). Au guichet, l'employée beaucoup plus aimable me fait comprendre qu'il faut que je fasse deux photocopies de deux pages de mon passeport (photo et visa). A ce moment-là, je me souviens d'avoir lu sur internet que les étrangers doivent payer une assurance pour le bus de Linxia, Xiahe et dans toute cette zone (dans le Lonely, pas un mot). Je pensais qu'il suffisait juste d"allonger l'argent" et pas besoin de tout cette paperasse. Bon, ok, des photocopies, et vous ne pouvez pas les faire, évidemment ? Non, évidemment. Elle m'explique que je peux en faire de l'autre côté de la rue. Je m'y rends : je ne vois aucune boutique qui rende ce genre de serivce. Je me décide à demander à un agent de la sécurité à l'entrée d'une agence de je ne sais quoi : l'homme est très sympathique, il me demande ce que je veux photocopier et le nombre de feuilles, il se rend derrière l'un des bureaux et me scanne le tout, gratuitement.

Je retrouve ma bonne humeur et reviens dans la gare routière. Je donne les papiers demandés à l'employée qui regarde mon passeport avec suspicion : elle est persuadée que le passeport n'est pas le mien car elle ne me reconnaît pas sur la photo. Je suis généralement d'une patience à toute épreuve mais, là, j'avais des envies de meurtre. Au bout de longues minutes et après m'avoir dévisagée sous toutes les coutures; elle finit par accepter les photocopies. Peu après, elle me dit d'aller m'asseoir : je dois attendre. Quoi ? Mystère. Je reviens la voir 15 minutes plus tard : non, je dois toujours attendre. Mais que dois-je donc attendre ? Enfin, à 10h50, elle me tend un billet pour Linxia : 27,5 yuans. C'est bizarre parce qu'aucune trace d'assurance, le prix correspond uniquement au prix du billet normal. Euh.... Je lui demande donc si cela signifie que je n'ai pas besoin de photocopies de passeport pour aller à Xiahe ou Langmusi; elle me répond qu'elle n'en sait rien. Génial ! Le bus est à 11h, je n'ai pas le temps d'approfondir la question.

S'ensuivent 3h de routes montagneuses avec un chauffeur fou qui confond les freins avec le klaxon dans un mini-bus non climatisé avec des passagers malades à cause des virages....

Cela dit, le paysage est très intéressant : des villages à minorité Hui se succèdent et ce sont des dizaines de minarets et de dômes de mosquées qui défilent sous mes yeux. Beaucoup de paysans sont dans les champs pour faucher le foin tandis que de vieux messieurs sont assis à l'ombre des auvents et des arbres. Pas évident de faire des photos vu l'allure du bus.











Je ne suis pas plus rassurée que cela car, par les vitres sales, j'aperçois beaucoup de pare-chocs cassés et de verre brisé sur la route. J'entrevois même brièvement deux cyclistes face contre terre entourés par des badauds qui ont plus l'air de commenter l'événement que de leur porter secours.

 Arrivée à Linxia, je cherche la billeterie. A ce moment-là, une femme qui me voit tourner en rond, me demande où je veux aller. Lorsque je lui réponds Xiahe, elle me dit qu'il faut attendre un peu; or, à droite, je vois un bus sur lequel est marqué Linxia-Xiahe. Je lui fais donc remarquer qu'il y en a un et que j'ai juste besoin de savoir où est la billeterie. Elle ignore ma requête et me répète qu'il me faut attendre un peu. Attendre quoi ? Au moment où je songe à la planter là, un couple passe près de moi. Sac à dos et chaussures de marche : des routards étrangers. Chouette ! Je les aborde en anglais avant de remarquer à leur accent qu'il s'agit de Français : ils m'annoncent une terrible nouvelle. Impossible d'aller à Xiahe, c'est fermé pour les étrangers. En sont-ils sûrs ? Oui, car ils ont rencontré un habitant local qui parle anglais et qui leur a traduit les propos de l'employé. Dans la cour, nous aperçevons un autre couple étranger qui confirme cette catastrophe : la femme parle chinois donc, effectivement, il ne s'agit pas d'une erreur de compréhension; c'est la réalité. Par soucis de confirmation, je vais quand même au guichet voir si on refuse également de me vendre un billet pour Xiahe. En effet, c'est le cas.

 Rétrospectivement, je me fustige en me disant que j'aurais dû aller dès le premier jour dans une agence de voyage à Lanzhou pour m'informer sur la situation de la région (sauf que l'idée ne m'en serait jamais venue car je ne m'attendais pas à tout cela) mais je ne suis pas sûre que l'on m'aurait répondu car ils auraient tenté de me vendre un circuit en évitant mes questions trop précises et comme je ne les aurais pas crus, j'y serais sans doute aller quand même ! C'est drôlement bizarre tout cela parce qu'à la gare routière de Lanzhou, je suis sûre que l'employée savait que je ne pourrai pas poursuivre mon voyage au-delà de Linxia, alors pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Parce que je n'aurais pas compris ? Elle voyait bien que je parlais un peu chinois - mal, mais un peu. Et la femme à la gare de Linxia ? Je pense qu'elle était prête à me faire monter dans un bus malgré l'interdiction.

Finalement, les deux couples ont décidé de reprendre aussitôt un bus pour Lanzhou et essayer de trouver une place dans un train de nuit pour une destination quelconque; quant à moi, j'ai fait un petit tour dans Linxia avant de retourner également à Lanzhou.








Un après-midi chaise-longue sous un parasol ?

















Ah, non, oups ! l'après-midi farniente à l'ombre, c'est cette photo !


















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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 16:32

Après avoir atterri à Lanzhou dimanche après-midi, j'avais le choix entre faire le sud-est du Gansu (que je ne savais pas, à ce moment-là, interdit aux étrangers, voir article précédent) et le nord, très loin. Il était trop tard pour rejoindre le village tibétain de Xiahe et puisqu'il tombait des trombes d'eau et que je craignais que le mauvais temps ne se dissipe pas d'ici le lendemain, j'ai choisi de tenter de gagner le nord de la province, c'est-à-dire la partie la plus aride et même désertique.

Après avoir bravé les bousculades de la gare, je suis finalement ressortie bredouille : plus de billets pour Dunhuang pour le soir-même. Je me suis donc précipitée à la gare routière toute proche et là, j'ai obtenu un billet très facilement. Le bus était déjà là et on pouvait s'installer sur sa couchette alors que le départ n'était prévu que 2h plus tard. Il pleuvait si fort que j'ai préféré rester à l'abri dans le bus tranquillement plutôt que de visiter Lanzhou, capitale du Gansu, guère intéressante et que j'aurai l'occasion de voir plus tard.

Le bus devait partir à 19h : à 20h, nous étions toujours dans la gare. Je pense que le chauffeur et les autres rabatteurs attendaient qu'il soit rempli. Vraiment, lorsque je voyage en Chine, je ne me sens jamais parfaitement à l'aise car je soupçonne toujours des traffics et des arnaques. Par exemple, pourquoi avant le départ, le chauffeur est-il venu demander à trois d'entre nous leur billet ? Il nous les a rendus après mais qu'en a-t-il fait pendant les 10 minutes où il s'est absenté ? S'il ne m'avait pas rendu mon billet, j'aurais pu penser qu'il l'avait revendu à un autre passager; cela n'aurait rien d'extraordinaire en Chine.

Reprenons le trajet. 

Peu après la sortie de la ville, sur l'autoroute, le bus s'est soudainement arrêté : embouteillage (dû à un accident ?). Nous avons été immobilisés presque une heure avant de finalement repartir. Et voilà, en route pour le nord du Gansu : 15h de bus couchette. Youpi ! En fait, j'ai déjà pris le bus couchette plusieurs fois et j'ai toujours bien vécu cette expérience : les gens sont plus silencieux que dans les trains, ils ne fument pas trop, ce n'est pas trop sale (on doit enlever ses chaussures à l'entrée du bus); non, sérieusement, ce n'est pas mal, si l'on excepte les coups de klaxons intempestifs.

 

Petite anecdote : vers 23h, pause toilettes. Le bus nous avait arrêté dans une station essence au milieu de nulle part, à tel point ... qu'il n'y avait pas de toilettes. Après avoir tourné en rond, j'ai posé la question à trois autres passagères qui m'ont confirmé qu'il n'y en avait pas. Elles m'ont gentiment servi de guide vers les toilettes locales : le talus. Je n'ai pas vraiment hésité surtout qu'il faisait une nuit sans lune, la station essence était plongée dans l'ombre; donc voilà, à la chinoise ! Pour être tout à fait honnête, je dirais même que c'est mieux que les "vraies" toilettes qui sont souvent d'une improbable saleté et qui dégagent une odeur repoussante. Ici, en pleine nature, rien de tout cela ! Cela peut paraître bizarre de consacrer des paragraphes sur les toilettes mais lorque l'on voyage hors des sentiers battus en Chine, il y a toujours beaucoup à dire sur ce sujet !

Je me suis réveillée de temps en temps et j'ai pu apprécier les variations du paysage car les nuages qui cachaient la lune se sont dissipés et peu à peu les montagnes ont cédé la place au désert.

A 9h30, nous avons enfin atteint Dunhuang à  environ 1000 km de Lanzhou. J'avais quitté cette dernière dans le froid et la pluie, je suis arrivée à Dunhuang par un beau soleil et sous une chaleur écrasante.

Oasis sur l'ancienne route de la soie, reliée depuis peu par une ligne de chemin de fer et par des autoroutes toutes neuves, c'est une petite ville touristique très pimpante que j'ai déccouverte. Je m'attendais à trois cabanes en terre perdues au milieu du désert. Mais pas du tout ! C'est une petite ville très tranquille, arborée, propre. Une vraie oasis ! Elle m'a enchantée.











Dunhuang est une ville importante surtout pour un site en particulier - à 25 km et en plein désert : les grottes de Mogao. Des centaines de cavités décorées de fresques et de statues bouddhiques plus splendides les unes que les autres qui retracent 1000 ans d'histoire (à partir du 4ème siècle). Le prix d'entrée est excessif surtout qu'on ne peut pas visiter les grottes tout seul, on n'a le droit qu'à 2 petites heures de visite avec un guide. Mais pour 20 yuans de plus, j'ai eu droit à un guide francophone pour moi toute seule et qui était vraiment intéressant.

J'ai déjà visité les grottes de Longmen, de Yungang mais celles-ci sont encore plus remarquables. Elles ont été incroyablement bien conservées, les détails des fresques sont d'une grande qualité, les couleurs encore éclatantes et on voit même deux grottes avec des bouddhas gigantesques de plus de 25 et 30m. Malheureusement, les photos sont interdites (on est même obligé de laisser notre appareil photo à l'entrée). En tout cas, je ne regrette pas d'être venue dans le Gansu rien que pour avoir vu ce chef d'oeuvre de l'art bouddhique.















J'ai poursuivi ma journée en revenant en ville pour reprendre un bus qui m'a menée (à seulement 4km) aux dunes de sable du Mingsha shan.















Ambiance Sahara assurée si l'on oublie le prix d'entrée et mis à part que les touaregs sont ici des touristes chinois aux protège-pieds orange fluo qu'ils louent pour ne pas souffrir du sable brûlant. Je voulais visiter tous ces sites dans la journée pour reprendre le train de nuit pour Langzhou le soir même (si j'avais su que je ne pourrais pas faire le programme que j'avais prévu, je serais restée ici plus longtemps ou j'aurais rejoint le Xinjiang), il était donc 16h lorsque j'ai posé le pied sur le sable effectivement cuisant.






Les dunes sont transformées en attractions tourisitiques avec promenades en chameau, luge sur les pentes des dunes,... C'est bien dommage mais cela plaît aux Chinois, à l'évidence. Il devient impossible de trouver un site naturel qui ne soit pas exploité à outrance en Chine....


Au contrebas des dunes, on peut se reposer à l'ombre bienfaitrice des arbres bordant le lac du Croissant de lune, petite oasis. Je pense que les gens qui aiment la nature et connaissent déjà le désert seront très déçus par ces dunes mais j'ai apprécié ma visite : même si je savais qu'à l'ouest de la Chine, on trouvait un désert, je n'y avais jamais vraiment associé d'images et me dire que je me trouvais en Chine alors que s'étendaient devant moi d'impressionnantes dunes de sable était très déconcertant. L'idéal est de venir au crépuscule lorsque le thermomètre descend , mais en plein après-midi, je n'ai pas eu le courage de monter sur l'une des dunes : j'étais complètement sans forces à cause de la chaleur. Aucune idée de la température, mais je parierais pour un bon 40°C ou en tout cas, c'était mon impression. A tout prendre, cela reste une chaleur relativement agréable contrairement à celle de Guangzhou, par exemple, à laquelle se mèle une forte dose d'humidité.

Avant de reprendre le train, je suis revenue en ville faire un petit tour au marché, le temps également d'apercevoir la première mosquée de ce voyage.
Lors de mon petit tour dans le marché, j'ai vu deux femmes choisir un poulet parmi la volaille dans une cage. Le marchand l'a alors saisi, l'a pesé et d'un geste vif a sorti un couteau et je crois bien qu'il lui a tranché la gorge. J'étais déjà un peu loin et n'ai pas bien vu la scène mais j'ai cru voir du sang gicler.

A 19h, je me suis rendue à la gare : la plus belle gare de toute la Chine, à mon avis. En plein désert (à 12km du centre de la ville), avec ses belles pierres blanches, elle est resplendissante, pimpante à l'image de la ville. Il faut dire qu'elle est pratiquement neuve, le parking est d'ailleurs toujours en construction. Et à 19h25, j'étais dans le train : 14h en assis dur. Et oui, je n'avais pas réussi à trouver de couchette. Je peux supporter des 15h ou 20h de train ou de bus si je suis allongée mais assise, je ne peux pas. Impossible de fermer l'oeil, impossible de s'étaler, des voisins bruyants évidemment et surtout mal partout, douleur atroce aux jambes, au cou, ... Quand les vacances finissent en cauchemar ! :-)



Heureusement, j'ai pu me distraire jusqu'au crépuscule en contemplant le coucher de soleil sur le désert (photo du train : pas évident avec les reflets et les vitres sales ....) et essayer de dormir en repensant aux sites que j'avais vus dans la journée.

Bilan de ma journée à Dunhuang : un arc-en-ciel de couleurs, le ciel azuré, le sable doré, la (rare) végétation émeraude, les grottes ocres et multicolores à l'intérieur, le désert miroitant dans la chaleur,...

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 15:28


































Tout d'abord, une petite carte pour situer les choses. J'avais 5 jours de vacances devant moi après les examens et avant de rentrer en France pour l'été. J'ai déjà parcouru plusieurs provinces en Chine donc mon choix était relativement limité : je n'ai pas choisi le sud à cause de la chaleur et de l'humidité, j'ai décidé de garder l'ouest pour plus tard car les distances sont trop grandes pour moins d'une semaine, le nord n'est pas très intéressant; le Sichuan aurait été parfait mais à cause du séisme, je préférais éviter (non pas à cause des répliques; mais les infrastructures doivent être très endommagées et déjà que les transports sont généralement lents en Chine....). Donc; tout ça pour expliquer mon choix qui pourrait paraître étrange car qui connaît le Gansu ?

En vérité, le Gansu n'est pas dénué d'intérêt : le nord avec ses déserts et ses grottes bouddhiques; le sud avec d'autres grottes et surtout, ce qui me motivait, c'était le sud-est, à la frontière avec le Sichuan et le Qinghai, pour voir quelques typiques villages tibétains et l'un des plus grands monastères tibétains.

Peut-être ai-je fais preuve d'imprévoyance ou de naïveté; toujours est-il qu'au terme d'un voyage éprouvant dont vous aurez les détails plus tard; je me suis vue refuser le droit d'acheter un billet de bus pour la région que je convoitais.

Adieu rêves champêtres de balades à vélo dans les hautes prairies, adieu rêves de boire du thé au beurre de yak; adieu rêves de contempler les étoiles bercée par les moulins à prière et les psalmodies des moines....

A ma décharge, je peux préciser que je ne suis pas la seule à être repartie dépitée : nous nous sommes retrouvés 5 étrangers obligés de revenir penauds sur nos pas. Tout cela est très confus car d'une part, le Tibet est réouvert aux étrangers; d'autre part, avant de partir en voyage, j'ai surfé sur le site internet d'un des villages qui présentait les moyens de transport pour y accéder et qui précisait même que si l'accès à ce village était compromis depuis le Sichuan à cause du séisme, l'accès depuis Xining ou Lanzhou (respectivement capitales du Qinghai et du Gansu) était toujours possible; or je venais de Lanzhou. Pas un mot sur la fermeture de la région aux étrangers ! Enfin, un couple français que j'ai rencontré avait parié qu'avec les JO, les autorités seraient souples avec les touristes étrangers; donc aucun problème pour voyager où l'on veut. Mauvais calcul, apparemment !

Bravo la Chine ! Son leitmotiv pour les JO : donner une bonne image. C'est réussi ! C'est quoi ce pays qui interdit la liberté de circulation aux touristes ? Et qu'on ne me parle pas de sécurité ou autre fadaise : si les Tibétains ont envie de s'attaquer à quelqu'un, ce serait plus aux Chinois Han qu'aux occidentaux qui la plupart les soutiennent...

Qu'est-ce que la Chine veut cacher ou veut empêcher les étrangers de voir ou faire ? Communiquer avec les Tibétains ? Ont-ils donc des révélations si terribles ? 

Le couple français m'a donné d'autres infos qui vont dans le sens d'une Chine autrement plus fermée qu'avant : ils ont tenté d'aller au Tibet, qui certes est réouvert aux étrangers, mais où l'accès est strictement encadré. Ainsi, les étrangers ne peuvent plus y aller qu'en groupe (c'était difficile mais possible d'y aller en indépendant auparavant) avec un guide pour 5 jours et à un prix exorbitant (dans les 8000 yuans). En tout cas, le couple à qui j'ai parlé s'est renseigné à plusieurs reprises dans différents lieux et finalement, il a renoncé à y aller cette année. De même, ils ont tenté d'aller à Tongren, village tibétain dans la province du Qinghai, pas plus de réussite que dans le Gansu. Il est donc clair que les autorités ont bouclé la région que l'on tente d'y pénétrer par l'ouest, le nord ou le sud.

Enfin, le couple a précisé aussi qu'il a été très surpris de voir si peu de touristes dans la région par rapport à 5 ou 6 ans lorsqu'ils avaient fait le même voyage à la même période. La raison : probablement des difficultés d'obtention de visa. Le couple lui-même a dû modifier son voyage : ils avaient prévu un voyage de 5 semaines et pris le billet d'avion aller-retour; or peu après, ils ont appris que les visas n'étaient plus délivrés que 30 jours avant la date de départ (au lieu de 90 jours) et qu'il n'étaient plus valables que 30 jours (au lieu de 90 jours); ils ont donc été obligés de modifier leur date de retour et de revoir leurs plans.

Voilà des exemples concrets qui montrent que la Chine file un mauvais coton. Bientôt, je vais vous lister une dizaine de mesures que les autorités ont prises pour les JO. J'en ai déjà présentées quelques unes mais la liste est affolante.

Foutus JO ! Si seulement, on était certain que tout revienne "à la normale" (si tant est que l'on puisse parler de "normale" en évoquant la Chine) l'année prochaine après les JO. Les autorités chinoises vont peut-être être bien contentes de conserver des mesures sévères qu'elles ont réussi à instaurer en utilisant l'excuse des JO.

Ma colère n'a d'égale que ma profonde déception car mon voyage était prévu sur mesure pour cette région. Avec si peu de jours devant moi, je ne pouvais guère improviser autre chose surtout que mon billet d'avion retour était déjà pris. Finalement, je suis revenue plus tôt que prévue à Qingdao puisque je pouvais changer gratuitement mon billet (à condition de partir de la même ville) et que je n'avais plus rien à voir dans le Gansu. 

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 12:27



         















































































Alors, je suis, je suis .... ?

Allez, une dernière petite photo pour vous aider :

Une structure à l'architecture chinoise surmontée par un croissant de lune ? Hum... c'est bizarre...

Et non, je suis toujours en Chine mais j'ai fait un petit tour dans la partie ouest, le Gansu, une des provinces les plus pauvres de la Chine. Région désertique au nord, montagneuse au sud, riche de plusieurs minorités notamment les Tibétains et les Hui (musulmans).

Dans mes prochains articles, vous n'aurez de commentaires que sur la partie musulmane du Gansu pour la bonne raison que je ne suis pas allée dans la région tibétaine. Pour savoir pourquoi, lisez mon coup de gueule dans l'article à venir !
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