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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:37

VIE PERSONNELLE


- Mariage : 1 (cf. article futur dans mon autre blog)


- Déménagement : 1 (de Shenzhen à la banlieue de Canton/Guangzhou)


TRAVAIL


- Travail quitté volontairement (la semaine dernière) : 1


- Etudiants diplômés : 33 sur 34... 


- Etudiants qui ne méritaient pas d'être diplômés : 26


- Etudiante de dernière année qui a tenté de faire jouer ses relations pour l'obtention de son diplôme : 1

(c'est la fille d'un(e) ami(e) d'un prof du département des langues étrangères; celui-ci a demandé à ma directrice si elle ne pouvait pas faire un geste - je ne sais pas comment il a présenté la requête; mais ma directrice m'a rapporté l'histoire en fulminant)


- Etudiant de dernière année qui a demandé l'obtention de son diplôme : 1

(il a contacté ma directrice en lui demandant de le laisser être diplômé - carrément - alors que c'est le pire étudiant de la classe ! cf. prochain article)


- Etudiants de 1ère et 2ème année qui ont échoué à mes examens ce semestre : entre 8 et 15 sur des classes de 30 à 37

- Etudiants que j'ai surnotés : tous (sinon ce serait 22 à 25 d'entre eux qui auraient échoué...)


- Travail trouvé (à partir de septembre à l'université de Guangzhou) : 1


- Différences dans l'organisation scolaire entre l'école à Shenzhen et l'université à Guangzhou : 0

(Si ce n'est le bon niveau de mes futurs étudiants. Pour le reste : mêmes incohérences. Formulaires à remplir pour l'administration que personne ne va lire; demandes urgentes au dernier moment pour le jour même ou le lendemain alors qu'une semaine plus tard, la personne n'a pas encore lu ce que je lui avais envoyé....)


- Aperçu d'un cours de politique : 1

(en passant dans un couloir en fin d'après-midi, à l'heure où je n'ai pas cours d'habitude, j'ai aperçu par les fenêtres d'une salle de classe un grand drapeau chinois; je suppose qu'il s'agit d'un de ces fameux cours de politique que mes étudiants trouvent ennuyeux au possible)

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ANIMAUX


1. Cafards :

- longs comme mon petit doigt et larges comme mon majeur

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- quotidiennement ou presque dans les couloirs de mon ancien immeuble, dans mon ancienne chambre (à ma décharge, il y avait au moins 2 cm d'espace entre le sol et ma porte; sans compter les ouvertures mal bouchées autour des tuyaux de l'évier, du lavabo, de la machine à laver...), dans certains restaurants...


2. Rats :

- plusieurs fois par mois sur le chemin de l'école quand j'étais à Shenzhen, près des poubelles sur mon ancien campus, dans les détritus à ciel ouvert jetés dans un bosquet,...


- une fois dans les tentures suspendues au plafond d'un restaurant

(le serveur a pris un bâton pour le faire descendre; il s'y ait tellement mal pris que l'animal a presque atterri dans notre assiette; et le comble, c'est qu'il l'a tabassé sous nos yeux à quelques mètres de nous; c'était l'une des 1ère fois que mon copain et moi sortions ensemble; charmant !)


- une fois dans un café

(c'est moi quil l'avais aperçu la première; le truc filait vite en rasant les murs; il est passé et repassé plusieurs fois sans que personne d'autre ne le remarque; nous avions rapidement fini d'avaler notre breuvage même si soudain il avait perdu de sa saveur...) 


3. Insecte E.T. :

insecte volant de forme assez ronde, brun à l'extérieur au sang et aux oeufs verts fluo, qui venait mourir sur ma terrasse au mois de mars / avril sans avoir oublié d'assurer sa descendance en me laissant en héritage une tripotée de minuscules oeufs fluos sur mes beaux vêtements blancs qui sèchaient au soleil...


TRANSPORT


- Accident de bus (à Hong-Kong) : 1

J'avais les yeux fermés, je ne les ai ouverts qu'au dernier moment quand le bus a freiné brusquement. J'étais assise au 2ème rang. J'ai vu un mini-bus à l'arrêt ou très lent sur lequel nous foncions. J'ai juste eu le temps de dire : "Mince alors, on ne va quand même pas se crasher !". Et bien si... Pendant quelques secondes, j'ai perdu la notion de tout et c'est une vive douleur dans la mâchoire qui m'a fait reprendre le sens des réalités. J'ai cru avoir la mâchoire en sang, mais pas du tout; je saignais juste un peu à l'intérieur de la bouche. Mes lunettes avaient volé au 1er rang mais elles étaient intactes. Le sol était jonché d'éclats de verre provenant de la vitre avant du bus. Personne n'était apparemment blessé. Nous nous étions plus cognés plus ou moins violemment; mais c'est tout. Quelques minutes plus tard, un policier a pointé le bout de son nez et a demandé si tout le monde allait bien (enfin, je crois). Puis, on nous a fait descendre du bus. Pendant que nous attendions qu'un autre bus vienne pour nous mener à notre destination, plusieurs passagers (dont moi) prenions des photos avec notre téléphone de notre bus et du mini-bus accidentés.


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(le volant est à droite, nous sommes à Hong-Kong, ancienne colonie anglaise; c'est pourquoi notre chauffeur n'a rien eu non plus)

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(le mini-bus que nous avons heurté a dû être poussé sur quelques dizaines de mètres sous le choc)


Finalement, je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur. Je m'en suis sortie avec une simple mais grosse douleur dans le menton. J'avais un peu l'impression d'avoir la mâchoire fracturée, mais comme j'ai pu faire cours le lendemain, ce n'était pas le cas ! Mes étudiants n'ont même pas remarqué la bosse que j'avais au menton. Ma prononciation devait quand même être un peu étrange, puisqu'une étudiante m'a demandé à la fin du cours si je n'avais pas attrapé un rhume. Pas tout à fait....


- Pannes de bus / Roue crevée (à Shenzhen) : 3 (cette année)


- Situations inédites en bus (à Shenzhen et dans les environs) :


1. Une roue de perdue

(Le truc amusant, c'est que nous ne nous en étions même pas vraiment rendus compte. Le bus s'était soudainement arrêté et c'est vrai que mon copain était à moitié écroulé sur moi; toutefois ce n'est que lorsque nous avons aperçu la roue qui déboulait à toute allure tout droit sur la route que l'on s'est dit que c'était peut-être pour cela que notre bus penchait... Heureusement, c'était à la sortie d'une petite ville et il y avait peu de véhicules, donc la roue qui a bien fait deux cents ou trois cents mètres n'a créé aucun accident.)


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(Au loin, on aperçoit notre bus. J'ai du mal à évaluer la distance; mais la roue a fait du chemin, non ?)


2. La vitre arrière d'un bus où je me trouvais s'est morcelée et a éclaté en mille morceaux après que le bus derrière nous n'a pas pu freiner à temps et nous a percutés. Le choc a été presque imperceptible; mais il a été suffisant pour briser la vitre arrière. Heureusement, le terminus était proche et notre bus pratiquement vide, donc personne n'a reçu d'éclats de verre.


3. Le vomi :

Les Chinois sont très souvent malades en bus (j'ignore si c'est dû à la qualité des repas ou à la conduite agressive des chauffeurs) et il y a toujours des sacs en plastique dans un coin des bus à cet effet. Combien de fois ai-je assisté à des scènes dont je me serais bien passé ? La scène qui m'a le plus répugnée, c'est une fois, lorsque j'attendais un bus à un terminus. Normalement, les chauffeurs font descendre les passagers, font une pause de quelques minutes et vont remplir quelques papiers; puis ils reviennent, ouvrent la porte pour permettre aux nouveaux passagers de monter. Ce jour-là, avant d'ouvrir la porte à tout le monde, le chauffeur a pris un genre de balai serpillière et s'est dirigé vers le milieu du bus, près d'un siège, où j'ai aperçu les restes d'un repas régurgité... Au lieu de nettoyer, il a simplement posé le balai par-dessus la scène peu ragoûtante; puis il est retourné s'asseoir et a ouvert la porte. Je n'ai pas hésité : je me suis écartée de la file et j'ai décidé d'attendre le prochain bus. Toutes les autres personnes sont montées...

 

Climat


 - Inondations : 1

Pendant deux semaines en mai, on a subi des pluies de mousson ininterrompues. Le dimanche 11, après le déjeuner dans un restaurant au centre de Shenzhen, nous n'avons pas pu prendre le bus car il y avait des embouteillages - à ce moment-là, nous ignorions ce qui se passait. Nous avons opté pour le métro. Dans le métro, nous avons remarqué que plein de gens avaient leurs chaussures à la main et ne prenaient même pas la peine de se rechausser. Près des guichets, il y avait de grosses fuites d'eau qui venaient du plafond et les escaliers et escalators pour rejoindre la rue étaient transformés en cascades. Dehors : le choc. Toutes les voitures étaient arrêtées et certaines étaient abandonnées car il y avait trop d'eau.


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Nous avons rejoint mon campus à pied. De vrais torrents nous ont accueillis et l'eau nous arrivait jusqu'aux mollets. 

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J'ai bloqué mon esprit pour ne pas penser à tous les virus et maladies qui nous entouraient puisque les bouches à égoût dégorgeaient et faisaient des bulles adorablement répugnantes. A mi-chemin, mes sandales ont lâché; j'en ai perdu une dans le flot, la lanière de l'autre a cassé. Je me suis retrouvée pieds nus moi aussi. J'avais un peu peur de marcher sur des objets contondants ou coupants et de me blesser, mais après avoir jeté un coup d'oeil au lac près de mon bâtiment qui débordait, nous avons pu rejoindre sains et saufs ma chambre. Les torrents ont assez vite disparu en fait et, le soir, tout était redevenu calme - en tout cas, près du campus. Ca n'a pas empêché la moitié des étudiants le lendemain d'être en retards d'une heure ou plus en classe; soi-disant à cause du mauvais temps. Connaissant mes gugusses, j'ai tendance à douter de leur bonne foi...

 

Environnement


- pollution de l'air : ?

Dans ce coin de Chine, contrairement à ce qu'on pourrait penser, nous ne souffrons pas trop de la pollution. Nous voyons souvent le ciel bleu et je n'ai jamais senti de gêne respiratoire quand je suis dans la rue en dépit des embouteillages. 


- autres formes de pollutions : partout

C'est l'une des choses qui m'exaspère le plus : le manque de civisme des gens, notamment en ce qui concerne les déchets. Les gens, ici, ne font aucun effort.

Ils ont une bouteille en plastique à la main ? Que font-ils une fois qu'elle est finie ? Ils la balancent dans le bosquet voisin alors qu'il y a des poubelles tous les 30 mètres en Chine. Ils grignotent un encas dans un sachet en plastique ? Une fois dévoré, ils laissent le sachet tomber par terre à leurs pieds. Il y a des déchets dans le bus ? L'employée (qui vend les billets dans certains bus) les jettent dehors d'un bon coup de balai à un arrêt. Au passage, toujours se méfier en Chine : toujours regarder devant soi - crachats, détritus, sol mal pavé, flaques immenses, plaques d'égoût déplacées, trous béants,... -, derrière soi - véhicules en tout genre qui surgissent n'importe quand à n'importe quelle vitesse et qui ne freinent jamais-, sur le côté - quand il pleut, véhicules qui foncent dans les flaques n'hésitant pas à éclabousser les piétons sur le trottoir -, .... 

Pour en revenir à mon sujet, c'est juste incroyable. Vous allez dire que le comportement de quelques uns ne reflètent pas la société en général. Sauf que ... si, dans ce cas. Il n'y a pas un jour où je ne vois pas une personne agir de façon inconsidérée par rapport aux déchets polluants. 

Pour vous montrer un peu. Il y a quelques mois, ils ont réaménagé un côté de mon ancien campus en créant des parterres de fleurs. J'ai pris ces photos 3 ou 4 jours plus tard : regardez un peu ce que c'était devenu.

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Je ne suis pas en colère à cause de l'environnement, en fait. C'est juste que c'est sale !! Dans les grands boulevards de Shenzhen, tout est nickel car des dizaines de balayeurs sillonnent les trottoirs à longueur de journée; mais dans les autres rues : c'est vraiment sale ! Et quand il pleut, c'est immonde car comme l'eau s'évacue mal, on patauge toujours plus ou moins dans tout ça. Ce n'est que du plastique vous allez me dire, oui. Mais, les gens font aussi plein de choses pas très ragoûtantes : les grands-parents ou parents font faire pipi aux enfant un peu partout dans la rue sans se cacher dans un coin ou sans même se mettre sur le côté de la rue; il y a aussi souvent du vomi; les poubelles qui sont vidées ou lavées parfois n'importe où... Donc, voilà. En Chine, il est impossible de trouver un endroit propre. Et conseil : ne jamais vous asseoir nulle part dehors; on ne sait jamais ce qu'il y avait avant que vous arriviez. A l'inverse, le métro, par exemple, est beaucoup plus propre qu'à Paris : pas de miasmes nauséabonds, pas d'ivrognes, pas de gens louches, pas de resquilleurs qui passent sans payer, pas de saletés. J'imagine le choc pour les Chinois s'ils prennent le métro à Paris : ils doivent se demander s'ils n'ont pas été transportés soudainement dans un pays du quart-monde.

 

Ethique, morale et comportement en société


Mon thème précédent à un peu dévié à la fin car le fait de jeter des déchets partout et de faire un peu n'importe quoi dans la rue rejoint ce thème-ci. A chaque fois, je me dis de ne pas juger les Chinois selon les critères que je connais, mais à un moment donné on peut tout de même se poser la question : où se trouve la frontière entre différence culturelle et simple manque de respect des autres ?


La Chine s'est développée à une vitesse incroyable, les gens ont bien adopté le fameux slogan de Deng Xiaoping "Enrichissez-vous". Mais, à mon avis, c'est à cause de cela que la société chinoise n'est pas saine aujourd'hui. C'est un pays où ne peut faire confiance à personne et à rien. Pour survivre en Chine, il faut être individualiste et faire jouer la loi du plus fort ou ses relations. Je veux bien croire que ce soit dû à la population : comment une société peut-elle évoluer harmonieusement avec plus de 1 milliard d'habitants ? Mais je crois que la société chinoise souffre simplement d'une profonde perte de valeurs morales et éthiques. 


Pour prendre le bus ou le métro, si vous ne poussez pas les autres, vous serez le dernier à monter ou, quand bien même quelqu'un était derrière vous, il n'aura aucun scrupule à vous dépasser si vous ne vous battez pour ne pas le laisser passer. J'ai remarqué - étrangement - que je suis toujours la dernière à monter dans un bus ou dans une rame de métro (et, en plus, franchement, qui a envie de se coller aux autres pour ne pas perdre sa place quand il fait 32° C et 84% d'humidité ?).


Pareil quand on fait la queue. Ce n'est vraiment pas une légende : en Chine, ça commence à changer mais les gens ont bien du mal à respecter une file d'attente. A un guichet pour acheter un billet de train, même s'il y a des barrières de chaque côté pour tenter de canaliser le flux de gens et les obliger à faire une file, il y a toujours des malins ou des sans-gênes qui vont se glisser sur le côté sous le prétexte qu'ils sont en retard ou qu'ils veulent juste un renseignement ou simplement, ils ont la technique. Et même si le guichetier fait signe à ses personnes de faire la queue, ils vont rester là et prendre la place dès que quelqu'un se laissera faire.


Je me souviens d'une fois où je faisais la queue pour passer la frontière entre Shenzhen et Hong-Kong. A chaque fois, c'est la foire d'empoigne. C'est pénible car les Chinois ne laissent pas de distance entre eux et ils se collent aux autres pour être certains de ne pas se faire piquer leur place et/ou pour tenter de piquer la place du voisin de devant à la moindre occasion. Imaginez les coureurs du Tour de France au sprint final, c'est celui qui peut se glisser parmi la masse compacte qui gagnera. Et bien, c'est ainsi en Chine. Sauf que c'est à tout moment, dans toutes les situations et partout. Donc, ce samedi-là, j'étais dans la file. Comme il y a trop de monde, on est parqués comme à l'entrée des attractions de Disney : un vrai labyrinthe de barrières qui font des tours et des détours. Non seulement, mon voisin de derrière me collait tellement que je n'arrêtais pas de recevoir des coups dans le dos chaque fois qu'il manipulait son téléphone ou bougeait dans un sens ou dans l'autre, mais en plus, il a essayé à chaque tournant de me dépasser. Je sais que c'est puéril mais il m'a tellement agacé que je me faisais une joie de lui bloquer le passage en prenant bien toute la place. Le truc, c'est qu'une personne normalement constituée comprendrait le message; mais non, pendant la dizaine de tournants, il est toujours apparu à la périphérie de mon regard sur ma gauche ou sur ma droite après m'avoir bien écrasé les talons, avant qu'il ne retourne derrière voyant qu'il ne pouvait pas me doubler. Bienvenue à Crazyland ! 


Dernier exemple, quand on prend le taxi, on court toujours le risque d'être tué. Les chauffeurs chinois ne supportent pas d'être dépassés par les autres; de sorte qu'ils n'hésitent pas à doubler et à redoubler en coupant les voies à droite ou à gauche si jamais un véhicule a eu le malheur de le dépasser avant. Je m'étonne qu'il n'y ait pas de champions de Formule 1 chinois, ils feraient des compétiteurs incroyables, pourtant. 


Comment qualifier tous ces comportement ? Est-ce une question de "face" - concept que je ne saisis toujours pas bien ?


Et puis, il y a le bruit. Partout, incessant. La sonnerie des téléphones; les glapissements des gens - les ménagères de plus de 50 ans, souvent- qui "parlent" dans la rue/au restaurant/au téléphone/aux toilettes/dans le bus/ dans le train; les dialogues et les musiques des films que certains regardent sur leur téléphone ou tablette tout fort sans utiliser d'écouteurs; les klaxons des véhicules en tout genre; les raclements de gorge avant les crâchats; les vociférations des vendeurs et chauffeurs qui vous interpellent à longueur de journée quand vous marchez dans la rue; le tapage des jeux dont les vendeurs font la démonstration dans la rue; le crissement des roues des véhiculent qui freinent brutalement; les rugissements des vendeurs dans leur mégaphone pour faire la publicité de leurs produits sur le trottoir; la musique poussée à fond dans certains magasins ou sur certaines places dehors;... 


Comment les Chinois ne sont-ils pas incommodés par tout ce vacarme ? Le silence est une denrée rare en Chine... Je classe aussi cela dans le manque de respect car tout le monde n'a pas envie de savoir ce que raconte telle ou telle personne dans son téléphone. Sauf que quand on est dans le bus et que c'est le passager à côté de vous qui hurle dans son appareil, on ne peut pas y échapper. Avec le fait de jeter des trucs dans la rue, c'est la deuxième attitude qui me tue le plus en Chine. Est-ce qu'ils ont conscience que tout le monde les entend ? Est-ce qu'ils s'en fichent ? Mais, surtout, comment se fait-il qu'ils parlent si fort ???? 


Le manque d'éthique et de respect des autres est fortement lié à l'argent - simple poursuite de son enrichissement personnel, corruption, ... . Cela crée de graves problèmes comme ceux des scandales alimentaires ou de la non-assistance en danger.


Mes étudiants m'ont dit qu'en Chine, peu de gens osent intervenir lorsqu'il y a un accident de peur qu'ils ne soient accusés de l'avoir provoqué et qu'ils doivent payer des réparations, par exemple. Les médias chinois ont rapporté plusieurs cas de ce genre ces dernières années. Evidemment, les Chinois ne sont pas tous à blâmer personnellement; mais ils vivent dans une société où l'on ne peut faire confiance à personne et à rien, comme je le disais au départ.


De même, la presse chinoise ou étrangère évoque souvent les problèmes du riz au cadminium, des oranges teintées chimiquement, de la viande de rat vendue comme étant du boeuf ou du mouton - j'ai arrêté de manger du boeuf en Chine depuis quelques années car je trouve qu'il a un goût dégueulasse, tu m'étonnes... -, des choux aspergés au formol pour préserver leur fraîcheur, du lait en poudre mélaminé, des desserts dont la gélatine a été obtenue à partir du cuir de vieilles chausures, de faux oeufs qui rebondissent comme des balles; de faux miel fabriqué à partir de sirop de maïs, de malt d'orge et de mélasse et, le pire, l'huile récupérée dans les égoûts près des restaurants.


 En même temps, je n'ai jamais souffert d'indigestions. Cela dit, je fais plus attention à ce que je mange et j'achète aussi. Mais quand on mange à la cantine ou même au restaurant qu'il soit chic ou pas, comment savoir d'où viennent les produits ? Et même si on achète des produits soi-disant de meilleure qualité, comment s'en assurer vraiment ? C'est pourquoi beaucoup de Chinois s'ils en ont les moyens vont à Hong-Kong pour acheter du lait en poudre, entre autres. 


Plus que dans beaucoup de pays, me semble-t-il, l'argent est roi. Ici, il contrôle et achète tout. En France, on connaît aussi les scandales alimentaires; mais le problème c'est qu'en Chine, on ne peut pas faire confiance aux contrôles et aux contrôleurs puisqu'on sait que l'un des plus grand maux de la société chinoise actuelle est la corruption. Forcément, quand des gens commencent à mourir, c'est plus difficile d'étouffer les affaires scandaleuses. Mais, on sait très bien qu'on ne sait rien de tout ce qui se trame et se passe vraiment en Chine. 


Il ya toujours le système officiel et les combines. Les règles et les exceptions. En fait, la Chine ne manque pas de règles, c'est juste que personne ne les suit et personne ne les fait appliquer. C'est chacun pour soi et personne pour les autres... 


Toujours par rapport à cette idée de méfiance envers tout, c'est vrai qu'on ne peut faire confiance à aucun produit en Chine. La nourriture est le cas le plus flagrant. Mais, la réputation négative du "made in China" n'est pas usurpée. Lors de ma première année en Chine, je m'émerveillais du bas prix de beaucoup de produits. Cependant, les semelles qui lâchent, les bandoulières des sacs qui craquent, les vêtements qui déteignent, les produits électroniques qui tombent en panne, etc, on finit par se lasser. Alors, bien sûr, on peut y mettre plus le prix sauf que la qualité ne suis pas forcément. C'est pourquoi, les Chinois achètent souvent des produits à l'étranger (par exemple, les Chinois qui voyagent au Japon achètent en masse.... des autocuiseurs !). Si vous avez de l'argent, c'est sûr que vous pouvez obtenir ce que vous voulez; sinon...


Quand à la méfiance par rapport aux gens, il y a bien sûr tous les comportements que j'ai relevés un peu plus haut.


Il y a aussi tout une gamme de comportements relatifs au fait d'être un étranger. En premier lieu, le marchandage. Je n'essaie même plus; je ne sais jamais combien j'ai perdu; alors je préfère me passer de tel ou tel produit ou l'acheter plus cher dans un magasin où les prix sont affichés. Cela dit, j'ai lu sur internet des étrangers qui semblent se réjouir de cette activité et qui en parlent comme s'ils allaient en guerre. C'est sans doute un peu le cas pour pouvoir bien négocier mais je suis une pacifiste, donc j'ai renoncé. A quoi bon ? Même si on négocie comme un forcené, je doute qu'on parvienne à des prix comme en obtiendraient des Chinois.... Le problème, c'est quand on doit négocier le prix des transports (moto-taxi ou faux taxi; j'évite mais parfois ce sont les seuls qui sont disponibles). Là, je ne peux pas y couper et je sais que je vais me faire avoir.


Ensuite, il y a aussi cette fausse gentillesse ambiguë qu'ont les Chinois envers les étrangers. Je l'ai déjà dit, les étrangers (occidentaux) sont plutôt bien vus dans la rue en Chine, contrairement aux étrangers en France. Mais, je ne qualifierais pourtant pas leur attitude de "gentille". Je ne me souviens pas d'avoir rencontré un Chinois qui m'abordait sans arrière pensée. Quelquefois, pour me demander de me prendre en photo avec leur femme/mari/bébé; souvent, pour être mon "ami(e)" (= je veux pratiquer l'anglais avec toi); parfois pour me vendre quelque chose. En plus, ils sont très directs et si j'essaie de leur faire comprendre que "non-merci-je-ne-suis-pas-très-intéressée-car-je-suis-suffisamment-occupée-et-je-ne-vous-connais-pas"; ils ne comprennent pas les sous-entendus (problèmes de langage, peut-être). Du coup, je suis obligée de faire mon occidentale prétentieuse et malpolie; et ça m'embête car je ne veux pas être désobligeante; mais je ne suis ni un dictionnaire ambulant ni une potiche décorative pour arrière-plan de photo.


Mais, pour en revenir au manque d'éthique lié à l'économie, c'est, à vrai dire, la même chose dans les autres pays; l'argent change la personnalité et le comportement. Ainsi, en France, les difficultés économiques rendent les gens de plus en plus violents dans leurs actes comme dans leurs propos, et le pire, c'est qu'on s'en prend souvent aux étrangers et immigrés, alors que c'est nous - Européens et Américains - qui avons imposé au monde les modèles éducatifs, sociaux, financiers, économiques et monétaires qui règnent en maîtres actuellement. S'il y a des problèmes en France, c'est à nous qu'il faut d'abord s'en prendre, à ce qu'on a instauré, à ce qu'on en a fait, à la façon dont on l'exploite et dont on essaie d'en tirer profit. L'immigration dans tout ça n'est qu'une goutte d'eau.


Donc, voilà, aucun pays n'est parfait sinon on le saurait. A mon avis, la France n'est pas un pays facile à aimer si on y vit en tant qu'étranger (gros problèmes de discrimination; mauvaises services; agressivité inconsidérée d'un certain nombre de gens; grèves; lourdeur de l'administration; ... ); mais la Chine n'est pas un pays plus agréable pour un étranger non plus, bien que pour des raisons différentes. 


Au final, mes critiques sur la Chine n'ont pas changé depuis mes articles assassins rédigés lors ma première année ici. J'aurais aimé tracer un portrait plus positif de la Chine. La civilisation chinoise est admirée par nombre de chercheurs; mais j'ai vraiment du mal à la faire coller avec ce pays qui perd sa culture au profit d'une modernisation mal pensée, de la défiance que l'on cultive à l'égard de tout et tout le monde, d'une organisation sociale bancale et injuste, de cette recherche du profit à tout prix, de cette nouvelle culture où seules les apparences comptent alors que le reste ne suis pas (je ne parle pas du physique des gens; je parle plutôt, par exemple, des nouveaux immeubles tout pimpants qui poussent comme des champignons alors qu'ils ont déjà des fuites à la première grosse averse; de ces belles et larges avenues qui ne sont pas fonctionnelles; de ces restaurants bien décorés mais dont la vaisselle est sale; de ces trains qui roulent vite mais qui ont des accidents, de ces villes au milieu de nulle part qui restent inhabitées; ...)


Pour résumer, disons que je n'aime pas ni plus ni moins ce pays. Ce n'est pas plus facile ou difficile qu'en France - disons que les difficultés ou les avantages sont différents. Belle phrase de langue de bois ! lol    

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Published by armel - dans Vie à Shenzhen
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