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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 19:02
Le temps s'étant amélioré en cours de journée et comme j'avais fait le tour de Chengyang, je suis retournée à Sanjiang pour sauter dans un bus pour Longsheng d'où j'ai repris un bus pour les rizières en terrasses de Longji (du Dos du Dragon). Je me suis arrêtée à Ping'an, village habité par les Zhuang.

Le site est très touristique en général mais pas trop à cette saison (on ne peut voir les terrasses ni cultivées ni en eau). C'est peut-être pour cette raison que le logement est très bon marché (20 yuans ma chambre).

Arrivée en fin d'après-midi, je me contente de parcourir le village presque uniquement constitué d'hôtels et de restaurants dont la plupart sont fermés (comme dans beaucoup sites que j'ai visités, en fait, à la fois à cause de la fête du Printemps - terminée mais certaines personnes sont encore en vacances - et tout simplement parce que c'est la morte saison, j'imagine).









Une volaille toute fraîche pour le dîner, ça vous tente ?
















Finalement, j'opte plutôt pour la spécialité locale : du riz gluant cuit chauffé dans des bambous. C'est très bon mais cher  (15 yuans le bambou ou alors je me suis faite avoir mais j'ai quand même demandé à deux vendeurs différents...). Vous allez me dire que 15 yuans, cela ne représente pas grand chose mais cela me fait au moins deux repas, voire trois, si je me contente de bols de nouilles !









Le lendemain, je sors dès 7h pour admirer le lever du soleil.


Bon, comme d'habitude, mes photos ne sont pas terribles mais c'était superbe dans la réalité !















Voici ce que cela donne à l'aube depuis l'un des points de vue au-dessus du village.


































































On ne voit pas très bien, mais juste en-dessous de la terrasse la plus large, on peut apercevoir une forme marron : c'est un cheval qui trottait au petit jour.













Les rizières en terrasses de Longji sont divisées en deux secteurs : celui autour de Ping'an et celui autour du village Yao de Dazhai qui permet d'apprécier le paysage d'un point de vue plus haut (environ 1180m) que ceux de Ping'an.

Le village de Zhongliu qui se trouve à mi-chemin entre les deux secteurs.















A partir de ce moment, j'ai commencé à être de mauvaise humeur : j'ai croisé plusieurs femmes Yao très pénibles qui n'arrêtaient pas de m'interpeller : "Dazhai ? Dazhai ?" C'est vrai que je voulais y aller et j'ai voulu faire ma maligne mais j'aurais dû écouter mon guide spirituel (le Lonely Planet) qui prévenait que l'itinéraire n'était pas balisé et qu'il fallait se laisser guider car il était facile de se perdre. Me souvenant de cette remarque, j'ai quand même demandé le prix (car faut pas rêver, elles font tout payer : pour les photographier, pour servir de guide, etc... limite si elles ne vous feraient pas payer pour vous être assis sur un banc). 40 yuans ! J'ai aussitôt commencé à marchander (je déteste toujours autant cette démarche mais pas le choix); pas moyen de baisser le prix à moins de 30 yuans. Le prix d'entrée du site étant déjà de 50 yuans, je me refusais à payer un yuan de plus. J'étais persuadée que je parviendrais à trouver mon chemin toute seule. Mais, évidemment, je n'ai pas pu éviter de me perdre - il y avait des intersections un peu partout sans panneaux - et au moment où j'aurais été contente de croiser une de ses femmes, je n'en ai plus rencontré aucune....




Quelle galère ! Je n'étais pas inquiète car les chemins devaient bien déboucher quelque part. Le problème, c'était que j'avais laissé mon sac à dos à Ping'an et qu'il fallait donc que je retourne là-bas avant de reprendre le bus pour Longsheng et Sanjiang. Bref, l'heure tournait surtout que j'avais commencé ma promenade d'un pas d'impératrice. En début d'après-midi, j'ai décidé - piteusement, avouons-le - de renoncer et de rebrousser chemin pour retourner à Ping'an et récupérer mon sac. C'est ainsi que je n'ai pas pu voir le second secteur... Episode peu glorieux.






Mais, sous les rayons d'un soleil éclatant, le paysage à Ping'an était suffisamment splendide pour me consoler.
















































Il y a des jours comme ça où rien ne va comme vous le voudriez. En fin d'après-midi, je suis donc retournée à Sanjiang car sur ma carte la ville était placée en plein sur la route menant au Hunan (au nord du Guanxi). Ainsi, théoriquement, je me disais avec optimisme que je trouverais facilement un moyen de transport pour m'y rendre.

Première prospection : pas de bus pour Huaihua (la ville que je visais dans le Hunan). Soit, je reste sereine car je sais que Sanjiang est également desservie par le train. Et plusieurs personnes me confirment qu'il y a des trains pour Huaihua.

Le lendemain, je prends donc une sorte de tuk tuk : la gare est éloignée de la ville (environ 15km peut-être) et semble située en pleine campagne. Mais le plus étrange, c'est lorsque le tuk tuk m'arrête devant une sorte de ruelle boueuse en me disant que nous sommes arrivés. Je pense aussitôt qu'il ne m'a pas comprise, je lui pose donc la question "C'est bien la gare ? Pour prendre le train (sait-on jamais...) ?". "Oui, oui." Bien...

Je descends donc du véhicule de fortune (un assemblage de tôle avec des roues), monte la ruelle et découvre effetivement la gare. Je suis  sidérée : je découvre un quai vide, sale, balayé par le vent qui fait voler des papiers; sur l'une des voies, un vieux wagon rouillé semble n'avoir pas bougé depuis des dizaines d'années; la salle d'attente ne comporte que quelques sièges et le guichet est vide. Le spectacle est déconcertant : une gare en Chine est toujours un des lieux les plus animés de la ville où se croisent, bousculent, précipitent des centaines de personnes. Ici, je ne vois que deux personnes. Je me dirige aussitôt vers une femme et lui demande si elle sait s'il y a un train pour Huaihua; elle l'ignore. Je vais poser la même question à l'autre personne présente sur le quai. L'homme me répond qu'il croit qu'il y a un train le soir et lorsque je lui demande où s'achètent les billets, il me fait un long discours auquel je n'ai rien compris mais cela ne paraissait pas simple. Fallait-il attendre que le guichet ouvre ? (j'en doute vu l'état dans lequel il semblait : presque aussi rouillé que le wagon sur le quai) Fallait-il acheter le billet directement dans le train ? (Je n'ai jamais vu faire cette pratique mais comme c'est un petite gare, peut-être cela est-il possible.)

Je suis retournée dans la salle d'attente pour réfléchir à la situation. J'y ai aperçu un tableau avec le nom des villes et les horaires de passage. Apparemment, un train semblait passer vers .... minuit pour arriver à Huaihua vers 4h. Mais les chiffres étaient écrits à la main et à moitié effacés.

Tout cela me paraissait scabreux : attendre un hypothétique train dans une gare perdue au milieu de la nuit sans avoir de billets - donc peut-être se voir refuser l'accès au train - et arriver dans une ville à 4h et où aller en attendant l'aube ? D'autre part, il n'était que 6H30 et il pleuvait : comment allais-je occuper ma journée jusqu'à minuit alors que j'avais visité les sites importants dans le coin ?
Non, décidément, ce plan me semblait bien incertain. Il me restait encore une solution :
1) prendre le bus pour retourner dans le Guizhou d'où je savais pouvoir trouver de bus pour Huaihua
2) prendre le bus pour me rendre à Guilin et espérer y trouver un bous pour Huaihua

La solution 1 présentait l'avantage de la sécurité car je savais qu'il y avait des bus pour Huaihua à Kaili mais cela me semblait bien long : prendre un bus pour Congjiang (environ 2 ou 3h), puis pour Kaili (7h environ) et enfin pour Huaihua (2 ou 3h peut-être).

La solution 2 était moins certaine car je n'étais pas assurée que Huaihua soit desservie depuis Guilin mais sachant que c'est quand même une des plus grandes villes dans la région, j'avais bon espoir qu'il y en ait au moins un par jour. Par contre, la situation me semblait stupide car, en regardant les routes sur une carte, il m'apparaissaît clairement que la plus directe pour Huaihua passait par Sangjiang. Si c'était le cas, cela signifiait que j'allais devoir faire 4h de route pour gagner Guilin avant de refaire le même trajet en sens inverse !

Malgré tout, j'ai opté pour cette idée. Je suis arrivée à Guilin à 14h (le bus s'arrêtait toutes les 5 minutes pour prendre des passagers en plus qu'il faisait descendre et remonter en fonction de l'emplacement des points de contrôles policiers comme je l'ai déjà expliqué). Exaspérant !
Par chance, le bus est arrivé dans la bonne gare routière et, par chance, il se trouve qu'un bus pour Huaihua partait à 14h10 ! Malheureusement, nous avons pris la route avec deux heures de retard ! C'est plutôt rare en Chine, les trains et bus respectent généralement les horaires. Peut-être attendaient-ils qu'il y ait plus de passagers (nous n'étions que 6 à 14h).

Nous sommes donc partis vers 16h et avons atteint Huaihua à ... 2h du matin ! Par contre, j'ai économisé une nuit d'hôtel car il s'agissait d'un bus couchette et lorsqu'on arrive aussi tard dans la nuit, le chauffeur permet aux passagers de finir la nuit à l'intérieur. Il ne faisait pas froid et la couchette n'était pas trop inconfortable, j'ai bien dormi d'autant que j'étais soulagée d'être enfin parvenue à mon but après tant d'incertitudes !...





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Published by armel - dans Guanxi
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commentaires

Maï 14/02/2009 14:50

Episode mouvementé, mais tu nous as ramené des supers photos !

armel 14/02/2009 16:53


Merci ! Effectivement, c'est un lieu magnifique. Quant aux épisodes mouvementés, l'intérêt c'est que l'on s'en rappelle avec humour à notre retour.


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