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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 16:32

Après avoir atterri à Lanzhou dimanche après-midi, j'avais le choix entre faire le sud-est du Gansu (que je ne savais pas, à ce moment-là, interdit aux étrangers, voir article précédent) et le nord, très loin. Il était trop tard pour rejoindre le village tibétain de Xiahe et puisqu'il tombait des trombes d'eau et que je craignais que le mauvais temps ne se dissipe pas d'ici le lendemain, j'ai choisi de tenter de gagner le nord de la province, c'est-à-dire la partie la plus aride et même désertique.

Après avoir bravé les bousculades de la gare, je suis finalement ressortie bredouille : plus de billets pour Dunhuang pour le soir-même. Je me suis donc précipitée à la gare routière toute proche et là, j'ai obtenu un billet très facilement. Le bus était déjà là et on pouvait s'installer sur sa couchette alors que le départ n'était prévu que 2h plus tard. Il pleuvait si fort que j'ai préféré rester à l'abri dans le bus tranquillement plutôt que de visiter Lanzhou, capitale du Gansu, guère intéressante et que j'aurai l'occasion de voir plus tard.

Le bus devait partir à 19h : à 20h, nous étions toujours dans la gare. Je pense que le chauffeur et les autres rabatteurs attendaient qu'il soit rempli. Vraiment, lorsque je voyage en Chine, je ne me sens jamais parfaitement à l'aise car je soupçonne toujours des traffics et des arnaques. Par exemple, pourquoi avant le départ, le chauffeur est-il venu demander à trois d'entre nous leur billet ? Il nous les a rendus après mais qu'en a-t-il fait pendant les 10 minutes où il s'est absenté ? S'il ne m'avait pas rendu mon billet, j'aurais pu penser qu'il l'avait revendu à un autre passager; cela n'aurait rien d'extraordinaire en Chine.

Reprenons le trajet. 

Peu après la sortie de la ville, sur l'autoroute, le bus s'est soudainement arrêté : embouteillage (dû à un accident ?). Nous avons été immobilisés presque une heure avant de finalement repartir. Et voilà, en route pour le nord du Gansu : 15h de bus couchette. Youpi ! En fait, j'ai déjà pris le bus couchette plusieurs fois et j'ai toujours bien vécu cette expérience : les gens sont plus silencieux que dans les trains, ils ne fument pas trop, ce n'est pas trop sale (on doit enlever ses chaussures à l'entrée du bus); non, sérieusement, ce n'est pas mal, si l'on excepte les coups de klaxons intempestifs.

 

Petite anecdote : vers 23h, pause toilettes. Le bus nous avait arrêté dans une station essence au milieu de nulle part, à tel point ... qu'il n'y avait pas de toilettes. Après avoir tourné en rond, j'ai posé la question à trois autres passagères qui m'ont confirmé qu'il n'y en avait pas. Elles m'ont gentiment servi de guide vers les toilettes locales : le talus. Je n'ai pas vraiment hésité surtout qu'il faisait une nuit sans lune, la station essence était plongée dans l'ombre; donc voilà, à la chinoise ! Pour être tout à fait honnête, je dirais même que c'est mieux que les "vraies" toilettes qui sont souvent d'une improbable saleté et qui dégagent une odeur repoussante. Ici, en pleine nature, rien de tout cela ! Cela peut paraître bizarre de consacrer des paragraphes sur les toilettes mais lorque l'on voyage hors des sentiers battus en Chine, il y a toujours beaucoup à dire sur ce sujet !

Je me suis réveillée de temps en temps et j'ai pu apprécier les variations du paysage car les nuages qui cachaient la lune se sont dissipés et peu à peu les montagnes ont cédé la place au désert.

A 9h30, nous avons enfin atteint Dunhuang à  environ 1000 km de Lanzhou. J'avais quitté cette dernière dans le froid et la pluie, je suis arrivée à Dunhuang par un beau soleil et sous une chaleur écrasante.

Oasis sur l'ancienne route de la soie, reliée depuis peu par une ligne de chemin de fer et par des autoroutes toutes neuves, c'est une petite ville touristique très pimpante que j'ai déccouverte. Je m'attendais à trois cabanes en terre perdues au milieu du désert. Mais pas du tout ! C'est une petite ville très tranquille, arborée, propre. Une vraie oasis ! Elle m'a enchantée.











Dunhuang est une ville importante surtout pour un site en particulier - à 25 km et en plein désert : les grottes de Mogao. Des centaines de cavités décorées de fresques et de statues bouddhiques plus splendides les unes que les autres qui retracent 1000 ans d'histoire (à partir du 4ème siècle). Le prix d'entrée est excessif surtout qu'on ne peut pas visiter les grottes tout seul, on n'a le droit qu'à 2 petites heures de visite avec un guide. Mais pour 20 yuans de plus, j'ai eu droit à un guide francophone pour moi toute seule et qui était vraiment intéressant.

J'ai déjà visité les grottes de Longmen, de Yungang mais celles-ci sont encore plus remarquables. Elles ont été incroyablement bien conservées, les détails des fresques sont d'une grande qualité, les couleurs encore éclatantes et on voit même deux grottes avec des bouddhas gigantesques de plus de 25 et 30m. Malheureusement, les photos sont interdites (on est même obligé de laisser notre appareil photo à l'entrée). En tout cas, je ne regrette pas d'être venue dans le Gansu rien que pour avoir vu ce chef d'oeuvre de l'art bouddhique.















J'ai poursuivi ma journée en revenant en ville pour reprendre un bus qui m'a menée (à seulement 4km) aux dunes de sable du Mingsha shan.















Ambiance Sahara assurée si l'on oublie le prix d'entrée et mis à part que les touaregs sont ici des touristes chinois aux protège-pieds orange fluo qu'ils louent pour ne pas souffrir du sable brûlant. Je voulais visiter tous ces sites dans la journée pour reprendre le train de nuit pour Langzhou le soir même (si j'avais su que je ne pourrais pas faire le programme que j'avais prévu, je serais restée ici plus longtemps ou j'aurais rejoint le Xinjiang), il était donc 16h lorsque j'ai posé le pied sur le sable effectivement cuisant.






Les dunes sont transformées en attractions tourisitiques avec promenades en chameau, luge sur les pentes des dunes,... C'est bien dommage mais cela plaît aux Chinois, à l'évidence. Il devient impossible de trouver un site naturel qui ne soit pas exploité à outrance en Chine....


Au contrebas des dunes, on peut se reposer à l'ombre bienfaitrice des arbres bordant le lac du Croissant de lune, petite oasis. Je pense que les gens qui aiment la nature et connaissent déjà le désert seront très déçus par ces dunes mais j'ai apprécié ma visite : même si je savais qu'à l'ouest de la Chine, on trouvait un désert, je n'y avais jamais vraiment associé d'images et me dire que je me trouvais en Chine alors que s'étendaient devant moi d'impressionnantes dunes de sable était très déconcertant. L'idéal est de venir au crépuscule lorsque le thermomètre descend , mais en plein après-midi, je n'ai pas eu le courage de monter sur l'une des dunes : j'étais complètement sans forces à cause de la chaleur. Aucune idée de la température, mais je parierais pour un bon 40°C ou en tout cas, c'était mon impression. A tout prendre, cela reste une chaleur relativement agréable contrairement à celle de Guangzhou, par exemple, à laquelle se mèle une forte dose d'humidité.

Avant de reprendre le train, je suis revenue en ville faire un petit tour au marché, le temps également d'apercevoir la première mosquée de ce voyage.
Lors de mon petit tour dans le marché, j'ai vu deux femmes choisir un poulet parmi la volaille dans une cage. Le marchand l'a alors saisi, l'a pesé et d'un geste vif a sorti un couteau et je crois bien qu'il lui a tranché la gorge. J'étais déjà un peu loin et n'ai pas bien vu la scène mais j'ai cru voir du sang gicler.

A 19h, je me suis rendue à la gare : la plus belle gare de toute la Chine, à mon avis. En plein désert (à 12km du centre de la ville), avec ses belles pierres blanches, elle est resplendissante, pimpante à l'image de la ville. Il faut dire qu'elle est pratiquement neuve, le parking est d'ailleurs toujours en construction. Et à 19h25, j'étais dans le train : 14h en assis dur. Et oui, je n'avais pas réussi à trouver de couchette. Je peux supporter des 15h ou 20h de train ou de bus si je suis allongée mais assise, je ne peux pas. Impossible de fermer l'oeil, impossible de s'étaler, des voisins bruyants évidemment et surtout mal partout, douleur atroce aux jambes, au cou, ... Quand les vacances finissent en cauchemar ! :-)



Heureusement, j'ai pu me distraire jusqu'au crépuscule en contemplant le coucher de soleil sur le désert (photo du train : pas évident avec les reflets et les vitres sales ....) et essayer de dormir en repensant aux sites que j'avais vus dans la journée.

Bilan de ma journée à Dunhuang : un arc-en-ciel de couleurs, le ciel azuré, le sable doré, la (rare) végétation émeraude, les grottes ocres et multicolores à l'intérieur, le désert miroitant dans la chaleur,...

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Published by armel - dans Gansu
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