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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:10
J'ai mentionné l'importance de l'interculturel et à quel point il pouvait se faire sentir dans les cours. Je vais  donner aujourd'hui quelques nouveaux exemples d'interférences culturelles.

Tous les vendredis, j'ai un cours sur la presse et la plupart du temps, je choisis un ou deux articles d'actualité. La semaine dernière, nous avions parlé de la victoire d'Obama contre Clinton et des impacts possibles s'il est élu président des Etats-Unis.
Pour continuer sur cette thématique, j'avais choisi hier un article de Courrier International d'un journaliste anglais qui dénonçait la discrimination raciale en France en prenant l'exemple d'une jeune femme d'origine étrangère qui vit en banlieue et qui vient de publier son troisième roman. Les étudiants ont été très intéressés et la séance de débat/discussion a duré près d'une heure (ils sont beaucoup plus actifs lorsque je leur soumets des articles qui critiquent la France ou d'autres pays - du moment qu'il ne s'agit pas de la Chine !).


Lors de cette discussion qui parfois déviait un peu par rapport au sujet original, une étudiante m'a demandé comment étaient considérées les "ethnies" en France. Ah, ah, question intéressante. Evidemment, elle a dit le mot "ethnie" car c'est le terme utilisé pour qualifier les populations minoritaires qui ne sont pas d'origine "Han" en Chine. Cela dit, les Mao, Dai, Naxi ou Dong sont quand même considérés comme Chinois.
Ainsi, sur qui portait la question de mon étudiante ? Les immigrés ? Ou alors parlait-elle des Français d'origine étrangère ? J'ai tenté de lui faire expliciter sa question, mais je ne suis pas parvenue à réellement la comprendre même si je crois qu'elle faisait plutôt référence à la seconde hypothèse.

Autre question, autre sujet bien chinois : les paysans. En effet, une autre étudiante m'a demandé si les gens dans les banlieues étaient plus pauvres que les paysans. Euh... Je n'avais jamais pensé à comparer les deux. Je lui ai dit que, de mon point de vue, les habitants des banlieues sont ceux qui connaissent le plus de difficultés sur tous les plans et que les agriculteurs en France ne sont pas considérés comme pauvres.
Evidemment, en Chine, qui dit "pauvreté" dit "paysans ou travailleurs ruraux"; elle a transposé une réalité chinoise qui ne correspond en rien à la société française actuelle. Elle semblait vraiment avoir du mal à concevoir cette situation et elle a poursuivi ces questions en me demandant comment était perçue la campagne en France. Je lui ai répondu que les Français l'apprécient et que, d'ailleurs, beaucoup construisent - s'ils en ont les moyens - une maison secondaire à la campagne ...
Elle n'arrivait pas à croire qu'une telle chose soit possible. Il est vrai qu'en Chine, si "campagne" = "pauvreté", "ville" = "modernité" et c'est ce que recherchent tous les Chinois. Un certain nombre de mes étudiants viennent de la campagne et je sais qu'ils n'envisagent pas d'y retourner : tous espèrent bien trouver un travail rémunérateur dans une grande ville si possible (Shanghai à la faveur de la plupart d'entre eux, car elle symbolise la réussite économique et la modernité). La campagne est vraiment perçue négativement en Chine et mes étudiants en parlent en connaissance de cause.

Il me semble qu'il s'agit-là d'un des sujets où la vision entre les deux pays ne pourrait pas être plus diamétralement opposée.

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