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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 15:57
Après le Yunnan, je me suis rendue chez une amie à Ningbo pour fêter le nouvel an chinois que je vous raconterai un peu plus tard car je continue la suite de mon récit de voyage. De Ningbo, j'ai pris un bus pour Tunxi, petite ville pas très loin du Huang shan (la "montagne jaune") dans la province de l'Anhui. Avant de grimper le Huang shan, j'ai d'abord passé une journée à visiter deux villages inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco - Xidi et Hongcun - où l'on peut y voir d'anciennes résidences représentatives de l'architecture traditionnelle de la région. Contrairement à Dali et Lijiang, il s'agit ici véritablement de villages et finalement assez peu touristiques (bien que j'ai quand même croisé des petits groupes de Chinois avec un guide et son "indispensable" microphone).

Toutefois, j'ai eu quelques déboires ce jour-là au niveau des transports. Tôt le matin, je me suis rendue à la gare routière de Tunxi pour trouver un minibus qui  me conduirait à Hongcun. Au guichet, on m'a fait comprendre qu'on ne vendait pas de ticket et qu'il fallait voir directement dans le bus. Encore une anarque en prévision, me suis-je dit in petto, mais pas le choix. Alors que j'essayais de trouver le bus en question, j'ai vu un homme qui criait "hongcun, hongcun" en désignant un minibus derrière lui. Pour vérification, je lui ai fait répéter et comme cela semblait correspondre, je suis montée dans le véhicule. Nous sommes partis peu de temps après et au bout de près de deux heures, le chauffeur a crié vers moi "hongcun, hongcun" et je suis donc descendue.
Je me trouvais sur une grande route un peu au milieu de nulle part avec juste quelques maisons mais aucune indication de la direction que je devais prendre. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui clochait. Ca ne ressemblait pas du tout à un village, je ne voyais aucune indication de billeterie, pas de touristes.... J'ai commencé à suivre la route vers la gauche à tout hasard parce que cela ne servait à rien que je reste plantée là; Un peu plus loin, j'ai aperçu un bus d'où est sorti un groupe de Chinois bien couverts avec bonnets, anoraks, gants, et bâtons pour certains.
A cet instant un doute énorme m'a assailli, je ne pouvais pas croire que j'avais pu me fourvoyer à ce point. Je me suis donc précipitée vers eux en leur demandant où ils allaient; "Huang shan" m'ont ils répondu. Et là, j'ai compris que cela faisait 3h que ce que j'avais pris comme étant "hongcun" était en fait "huang shan". Vous allez me dire aue ça ne s'écrit pas du tout pareil et que la prononciation doit être différente. Certes, excepté que dans la région, ils ont tendance à prononcer le "sh" comme un "s" ce qui se rapproche du "c" de "cun" et que entre "huang" et "hong" pour une oreille pas très familière avec l'accent local la différence n'est pas vraiment notable. Je ne vais pas chercher des excuses, je dois bien admettre avoir été très mauvaise sur ce coup-là, mais je suis tombée des nues.
J'étais bien ennuyée : je me trouvais au pied du Huang shan, à une bonne vingtaine de kms de ma destination prévue. Alors que j'errais ne sachant que faire, une femme m'a abordée en me demandant où j'allais. Je lui ai expliqué que je cherchais à me rendre à Hongcun et Xidi (j'ai rajouté le nom de l'autre village pour éviter tout nouveau quiproquo); ce à quoi elle m'a répondu qu'un minibus pouvait m'y emmener : 100 yuans. "Très drôle" ai-je pensé, pas amusée du tout. Enervée, je l'ai plantée là sans même lui répondre. Je ne sais pourquoi mais elle m'a finalement dit, du bout des lèvres, qu'il y avait quand même un bus qui menait aux villages et qui partait à 10h, 20 yuans. Voilà qui était nettement plus raisonnable. Il me restait à découvrir où se cachait la gare routière, chose que mon interlocutrice ne m'a pas vraiment indiquée (ou n'a pas voulu???). Après avoir demandé plusieurs fois, je l'ai enfin trouvée et j'ai pu effectivement acheter un billet pour 10h.


undefinedJe n'étais cependant pas au bout de mes peines car le minibus jouait au taxi et s'arrêtait à tout instant pour faire monter des villageois; on était entassés les uns sur les autres et c'est là que l'une des roues du bus a crevé. Dans notre malheur, nous avions quand même de la chance car nous nous trouvions tout près d'un minuscule hameau où par je ne sais quel miracle se trouvait une sorte de garage.
Notre chauffeur gardait le moral puisqu'on le voit ici  à droite en train de dévorer des nouilles tandis que le mécanicien providentiel s'affaire sur la roue.






J'ai enfin atteint Xidi, 11h passées, soit 4h après mon départ de Tunxi (qlors que seulement une quarantaine de kms séparent les deux sites)... Que de temps stupidement perdu ce jour-là.

Xidi compte de nombreuses résidences remontant aux dynasties Qing et Ming et que l'on peut visiter pour certaines. Les ruelles du village semblent être restées les mêmes que les siècles précédents. Je ne sais trop à quoi je m'attendais mais j'ai été un peu déçue en arrivant dans le village. Les murs de nombreusx bâtiments sont abîmés de même que l'intérieur de certaines résidences ouvertes au public. Pour moi, les villages de Xidi et Hongcun ne valent pas Lijiang mais pour leur défense, on peut préciser qu'ils sont habités et sont donc plus authentiques que la trop parfaite Lijiang. Toujours ce dilemne entre la beauté et l'authenticité....

undefinedA l'entrée du village, le Huwenguang Paifang est une belle arche ornementale Ming  trois niveaux qui témoigne de l'importance passée de Xidi.





















undefinedLes portes ornées de linteaux sculptés, les toits couverts de tuiles, les étroites ruelles, les murs surmontés de pignons en forme de têtes de cheval sont des caractéristiques du style Huizhou, architecture représentative de la classe des marchands qui domina cette partie de la région sous les Ming et les Qing.










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Le village de Hongcun que j'ai finalement atteint (après avoir dû prendre un mini-bus jusqu'à la ville de Yixian pour reprendre un autre mini-bus pour Hongcun...) est bordé par un lac qui lui donne plus de cachet que Xidi.

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undefinedLe bassin de la lune, très populaire et très photographié.


















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En y repensant, ces villages ont en fin de compte beaucoup de charme. Ils n'ont pas la perfection de Lijiang mais on peut sentir toute l'histoire dont ils sont porteurs. Se promener dans le labyrinthe de leurs ruelles, c'est comme replonger plusieurs siècles en arrière et tant pis si les touristes Chinois sont en train de brailler dans leur micro ou de poser sur des photos, les habitants, eux, continuent de laver leurs légumes ou leur linge dans l'eau des petits ruisseaux ou de faire la cuisine sur des cuisinières d'un autre âge...
Il faut dire aussi que le cadre est très beau : ces villages sont vraiment perdus au coeur du sud de la région, entourés de rivières et de montagnes, loin des grandes villes. On n'est pas très loin de Shanghai mais c'est un autre monde, une autre Chine : celle des villages, celle d'une vie simple et rustique, et qui recèlent certainement plein de secrets et de découvertes pour ceux qui prendraient le temps de s'y intéresser...


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Published by armel - dans Anhui
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