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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 08:21
Le 29 janvier, j'ai quitté Lijiang et ai pris le bus direction Qiaotou et les Gorges du saut du tigre. Longues de 16km et 3900m séparant l'eau des cimes enneigés, elles sont réputées comme étant parmi les plus profondes du monde.

Je ne regrette pas d'avoir fait le trek mais j'avoue avoir été un peu déçue, ce n'était pas aussi grandiose que je m'y attendais. Et puis, j'ai un sens de l'orientation assez défaillant, finalement, et donc tout ne s'est pas passé comme je le désirais, surtout au début.
En effet, dans les gorges du saut du tigre, on peut choisir de suivre la route en bas ou faire la randonnée en optant pour le chemin du haut. Or, sur le descriptif que j'avais en main, il était dit "longez le chemin des tracteurs sur 3 km puis suivez les flèches rouges indiquant Naxi Family Guesthouse".
Or, si j'ai bien vu les flèches au début, je les ai perdues de vue par la suite et je n'ai aucune idée combien font 3 km. J'étais bien consciente qu'il fallait que j'aille à droite à un moment donné mais à chaque fois, il s'agissait de cours de maisons. Donc, bref, à un moment, j'ai demandé à un jeune garçon où se trouvait le sentier. Il m'a fait signe de continuer un peu et de tourner à droite après. Effectivement, il y avait bien un chemin mais je tombais à nouveau dans un hameau où il s'arrêtait. Le jeune villageois qui m'avait rejointe à cet instant à commencer à me proposer de monter sur un cheval, puis devant mon refus, il a proposé de m'emmener jusqu'au hameau que je cherchais. Je ne l'ai pas entendu parler d'argent mais je suis sûre qu'il ne m'offrait pas ce service gratuitement. J'ai donc fait mine de ne pas comprendre (ça s'avère bien pratique dans ces cas-là) en continuant à lui montrer la carte pour qu'il me dise où j'étais. Peine perdue, il continuait à me soumettre l'idée du cheval ou de me servir de guide.
Ca commençait vraiment à me "gonfler" et finalement il s'est décidé à me montrer un vague sentier un peu plus haut qui était surement empreinté par les chèvres ou autres animaux locaux. J'ai donc commencé à grimper et me suis aperçue que le garçon me suivait toujours. Je n'étais pas spécialement inquiète mais j'avoue que c'est le genre de situation où j'aurais bien aimé avoir un(e) ami(e) pas très loin. Après quelques minutes, je suis arrivée sur une petite butte qui me permettait d'avoir une vue un peu plus globale sur la vallée. Le garçon m'a reproposé ses offres de service mais cette fois-ci je lui ai montré qu'il m'énervait et que s'il ne voulait pas me donner une simple indication, il pouvait toujours courir pour que j'accepte son maudit cheval. Je me suis sentie libre de l'envoyer "paître" car entre temps j'avais remarqué plus bas un sentier assez large, qui semblait fréquenté et vu sa hauteur, j'étais à peu près certaine qu'il s'agissait de celui que je cherchais. Le garçon a donc fini par repartir chez lui et je n'avais plus qu'à rejoindre le sentier. Malheureusement "plus qu'à" signifait redescendre de 300 ou 400 m sur un flan de montagne assez pentu. Heureusement que la terre était à peu près sèche car c'était relativement dangereux vu la raideur de la pente et heureusement que j'ai une certaine habitude de la montagne même si cela fait longtemps que je n'y suis pas allée car je savais à peu près trouver mon chemin et poser le pied là où il le fallait. En tout cas, lorsque j'ai rejoint le sentier - qui était effectivement le bon - je me sentais vidée. Et là, je suis tombée un peu plus tard sur un panneau qui indiquait qu'il me restait encore 7h de trajet pour arriver à la guesthouse que je visais.


undefinedOr, dans mes aventures, j'avais perdu plus d'une heure et il était déjà midi lorsque j'ai réellement commencé le parcours. Et le début n'est vraiment pas une partie de plaisir car il faut atteindre un sommet après "les 28 virages" (je n'avais pas la force de les compter, j'ignore s'il y en a vraiment 28). Mon sac pesait trois tonnes, je mourais de soif, puis il s'est mis à pleuvoir, j'étais toute seule sur le sentier et cette montée qui n'en finissait pas... les deux premières heures jusqu'au sommet ont été cauchemardesques. Je crois que j'aurais été prète à accepter de monter sur le premier cheval que j'aurais croisé ! J'ai quand même fini par atteindre le somment et ce avec une demi-heure d'avance sur le temps prévu (on parle de 2h, j'ai mis une heure et demie).











undefinedAu sommet, j'ai vu une vieille dame qui était assise là tranquillement comme en train de se reposer. Elle m'a souri et nous avons commencé à discuter. Elle était très sympa et j'ai vraiment cru qu'il s'agissait d'une habitante de la gorge (je suis d'une naïveté navrante parfois !). En fait, quand j'ai repris ma marche, elle m'a suivi car un peu plus loin se trouvait un stand de boissons dont elle s'occupait et surtout se trouvait un point de vue auquel on pouvais accéder ... après avoir payé 8 yuans. Ah, j'étais bien dépitée. Et moi qui croyais qu'il s'agissait d'une "honnête" femme. Finalement, elle m'a dit que c'était gratuit mais je lui ai quand même acheté une bouteille d'eau (il faut dire que j'étais assoiffée); elle fait partie des nombreuses personnes qui m'ont abordée avec un objectif commercial derrière leur apparente gentillesse.










undefinedLa suite de la balade s'est bien passée car après le sommet, le sentier est à peu près plat et j'ai rencontré un couple franco-espagnol avec qui j'ai pu pas mal bavarder ce qui faisait passer le temps. Je me suis arrêtée plus tôt que prévu à la guesthouse "Halfway" vers 17h après 7 bonnes heures de marche et les pieds en compote. Et là, heureusement que le Lonely Planet dit qu'il s'agit de la meilleure guesthouse de la gorge car je ne l'aurais pas imaginé.... La guesthouse en elle-même était à peu près convenable excepté que :


1) elle n'était que courants d'air et ce soir-là était particulièrement venteux
2) pas de chauffage évidemment mais un mini-brasero avec trois pauvres morceaux de charbon autour duquel nous étions un petit groupe d'étrangers assis tentant de nous réchauffer; ce qui fut en partie le cas car la chaleur humaine remplaça la chaleur corporelle...
3) les toilettes étaient en fait une rigole dans une petite cabane (bêtement, j'avais fermé la porte avec ce qui semblait tenir lieu de loquet; or soudain celle-ci s'est ouverte. Je m'apprètais à crier à la nouvelle venue qu'il y avait déjà quelqu'un - moi - avant de réaliser qu'en fait, les toilettes étaient prévues pour accueillir deux personnes en même temps puisque un muret en béton séparait le cabanon en deux.... Ce qui n'est pas si mal en réalité puisqu'il y avait un semblant de séparation alors que sur une station essence, je me souviens être entrée dans les toilettes avant... d'en sortir aussitôt lorsque j'avais vu que c'était à nouveau une rigole mais sans séparation et qu'il y avait déjà plusieurs femmes présentes. Il y a des choses auxquelles je ne pourrai jamais me résoudre.... D'ailleurs, les toilettes en Chine, c'est vraiment un vaste sujet. Il y a les gens qui ne ferment jamais les portes lorsqu'il y en a une; ceux qui ne tirent jamais la chasse d'eau alors qu'il arrive qu'il y en ait qui fonctionnent; ceux qui continuent leur conversation comme s'ils étaient au café....)
4) pas de douche chaude; l'eau était à peine tiède et encore fallait-il attendre une heure entre chaque personne
5) partage du dortoir glacial avec ..... une souris. Il était dans les 2h du matin lorsqu'un grand bruit m'a soudain réveillée. J'étais toute seule dans le dortoir et apparemment ce n'était qu'un courant d'air. Je me suis recouchée mais le bruit indéfinissable s'est reproduit plusieurs fois. J'ai donc tâtonné pour trouver la lumière. Quand ce fut fait, j'ai observé la pièce mais rien : j'étais bien toute seule et la porte était bien close. A ce moment-là, j'ai aperçu une forme mouvante qui a traversé la pièce et s'est glissée sous mon lit. Je me suis approchée doucement, me suis penchée et j'ai aperçu une souris en train de jouer avec un papier de Snicker. Elle a détalé et s'est réfugiée dans un trou dans le mur juste derrière mon lit. Et toute la nuit, elle n'a cessé de faire du bruit en grattant les murs, le sol ou le papier avec ses pattes. Cela me gènait un peu d'avoir une souris dans la chambre : je craignais surtout de la retrouver le lendemain dans mes bottes ou au fond de mon sac que j'ai à ce moment-là posés sur d'autres lits (je n'ai décidément pas de chance avec les animaux : les singes qui m'attaquaient à Nikko au Japon, les souris qui partagent ma chambre en Chine...)

Ainsi, vous comprenez que je ne partage pas vraiment l'avis du Lonely Planet qui décrit les lieux comme une "excellente adresse très fréquentée, cette petite pension douillette (???) est devenue l'un des principaux établissement de l'itinéraire".


undefinedLe lendemain matin, contente de quitter l'auberge, j'ai rejoint rapidement une autre auberge à partir de laquelle on peut rejoindre le bas des gorges. C'est vraiment génial car on peut choisir le sentier ou les échelles très abruptes, à la limite du vertige. C'est très impressionnant et c'est le passage que j'ai préféré dans les gorges : un peu de sensations fortes, chouette ! Ensuite, j'ai regagné l'auberge précédente où j'espérais trouver facilement un mini-bus pour regagner Qiaotou, la petite ville de départ. Or, alors que le Lonely Planet affirmait qu'il était très facile de trouver un véhicule pour retourner en ville (peut-être est-ce effectivement le cas en été), j'ai dû patienter plus d'une heure avant qu'une mini-camionnette pile devant moi lorsqu'elle m'a vue lui faire signe. Il y avait déjà 9 personnes entassés (pour 8 places prévus) mais ils ont acceptés de me prendre (du moment qu'on paye, en Chine, il y a toujours moyen d'obtenir ce qu'on veut...). Et je me suis donc retrouvée coincée  entre un couple de  Néerlandais et un Chinois à l'arrière du véhicule.


Heureusement que le trajet n'était pas trop long ! A l'arrivée, j'ai récupéré mon gros sac à dos que j'avais laissé dans une auberge au départ et j'ai rejoint la grand route pour essayer de trouver la billeterie pour obtenir un ticket à destination de Shangri La. J'ai tourné autour de la place principale mais pas moyen de la trouver; à ce moment-là j'ai aperçu un car qui venait juste de s'arrêter déposer des passagers et sur lesquel était indiqué les destinations : Lijiang-Shangri La. Sans plus attendre, je me suis précipitée et j'ai abordé le chauffeur en lui disant que je voulais aller à Shangri La mais que je n'avais pas eu le temps d'acheter de billet. Pas de soucis, me répondit-il, et moyennant 30 yuans que je lui payai directement, j'ai pu prendre place au fond du car où il restait quelques sièges vides. Et dire que je me faisais du soucis depuis la veille en me demandant comment j'allais faire... Il est des fois où tout se combine à merveille.

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Published by armel - dans Yunnan
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