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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 16:21
Me voici revenue de mes vacances qui ont duré un mois puisque partie le 25 janvier, je suis rentrée hier, le 27 février.

J'ai parcouru diverses provinces en commençant par le Yunnan dans le sud-ouest de la Chine pendant une dizaine de jours; j'ai ensuite pris l'avion pour rejoindre Ningbo (province du Zhejiang), une ville portuaire au sud de Shanghai où j'ai passé le Nouvel An chinois chez une amie chinoise. J'ai profité d'être dans cette partie de la Chine pour visiter des villes célèbres telles que Suzhou, Tongli, Nanjing (dans la province du Jiangsu); Shanghai; Hangzhou (dans le Zhejiang). J'ai également fait un détour par l'Anhui pour voir quelques uns de ses petits villages classés au patrimoine mondial de l'Unesco mais également et surtout - dirais-je- faire une magnifique excursion de deux jours au Huang shan, la plus belle montagne chinoise, dit-on.... Enfin, j'ai terminé en reprenant l'avion pour le sud à nouveau : direction Canton, Hong-Kong et Macao.

Voici le tout en image sur une carte (en orange les provinces que j'ai visitées) :

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Quel bilan tirer de ce voyage ? 

Que si j'avais l'impression d'aimer la Chine jusqu'à maintenant, c'est que peut-être je côtoie peu les Chinois, mis à part mes étudiants, s'entend... Ou alors c'est le syndrôme des 6 mois dans un pays qui me fait critiquer et juger plus sévèrement des comportements qui ne faisaient que m'interpeller au début et qui m'agacent profondément maintenant. Autrement dit, je reste toujours fascinée par les paysages, l'architecture, les jardins, les sites incomparables que l'on peut trouver en Chine; j'ai rencontré également des Chinois véritablement adorables mais il y a eu des moments où j'ai vraiment détesté certains autres. Finalement, je me dis que c'est une bonne chose que je n'aie pas visité le pays avant de venir y travailler car je ne suis pas sûre que j'en aurais eu envie malgré son patrimoine exceptionnel. N'allez pas croire pour autant que je regrette la France. Non, ce n'est pas le cas car dans ma vie quotidienne, en réalité, j'aime la petite vie bien tranquille que je mène sur le campus de l'université et je n'ai pas du tout les mêmes expériences que lorsque je voyage. Et donc, si les Chinois peuvent me sembler insupportables en voyage, dans ma vie quotidienne, je ne nourris pas les mêmes sentiments et donc j'aime toujours travailler ici.


Qu'est-ce que je reproche donc aux Chinois ?

Par où commencer ?.... mis à part qu'ils se mouchent de la même façon qu'ils crachent - c'est-à-dire dans la rue -  (ils se pincent les narines et expirent fort en se penchant vers le sol pour que les "sécrétions nasales"  tombent par terre - difficile d'exprimer élégamment quelque chose d'aussi trivial - et ils mènent cette opération très raffinée dans la rue juste devant ou derrière vous avec les bruitages qui l'accompagne, évidemment); donc mis à part cela, je ne vais pas reparler du fait qu'ils bousculent tout le monde pour s'engouffrer dans les trains (ce qui me dépasse car si dans certains trains, je comprends que certains se dépêchent pour tenter de trouver une place assise; dans les autres, tels que le TGV, il n'y a pas de problèmes de place; alors pourquoi vouloir se précipiter ??); qu'ils crient au téléphone ou lorsqu'ils parlent à leur voisin dans les moyens de transport; qu'ils coupent les files d'attente et qu'ils ne respectent aucune règle; qu'ils fument partout et tout le temps sans s'inquiéter des voisins... 

Et évidemment, je déteste encore plus ceux qui tentent de profiter du fait que je sois occidentale. Bizarrement, lors de mon premier voyage en août, je n'avais pas du tout remarqué ce problème mais, cette fois-ci j'ai vraiment été choquée par le nombre de fois où les Chinois tentaient de profiter que j'étais une étrangère pour gonfler les prix. Je ne parle pas seulement des commerçants mais plutôt des transports ici. L'exemple le plus significatif fut à Kunming. Ce jour-là, je voulais me rendre à Shilin, la "forêt de pierres" et je n'ai pas réussi à trouver de bus "officiel" car même les employés des guichets à la gare routière m'ont dit de voir directement dans le bus. Or dans ces cas-là, pas moyen de savoir le prix car il n'y a pas de billets ou pas de billet avec le prix en tout cas. Bref, ne voyant pas d'autres solutions, je me suis rapprochée du bus avec la pancarte Shilin et là, une chinoise m'a halpaguée en me criant "Shilin; Shilin". Puis, elle m'a dit que le trajet était de 80 yuans l'aller-retour, j'ai dû prendre une mine horrifiée et elle a dû avoir peur que je ne fuis car elle a spontanément descendu à 60 yuans (ce qui aurait dû m'inciter à négocier mais je n'en avais pas le courage). Finalement, je suis montée dans le bus où attendait déjà un couple d'Anglais. Il était 8h30; or si elle m'avait affirmé que le bus partait à 9h; j'ai commencé à avoir de sérieux doutes lorsque les Anglais m'ont dit qu'elle leur avait assuré un départ à 8h30. Et voilà; j'ai commencé à me sentir très énervée de ne pas avoir trouvé de bus "officiel" car dans ce genre de mini-bus, ils peuvent nous faire attendre aussi longtemps qu'il n'est pas rempli. Finalement, nous sommes partis à 10h ! Mais le pire dans l'histoire; c'est que j'ai appris que les Chinois ne payaient que 40 yuans l'aller-retour (c'est ma voisine chinoise qui me l'a dit) alors que le couple d'Anglais et un autre couple, des Russes, avaient payé 80 yuans (par personne) l'aller-retour, soit le double. Lorsque ma voisine, très gentille, a demandé à la dame pourquoi le tarif était différent, celle-ci a répondu que c'était comme ça, c'est tout, juste parce qu'on est des étrangers... Finalement, je m'en sors bien avec mes 60 yuans. Si j'avais su cela plus tôt, j'aurais tenté de négocier pour obtenir le même prix que les Chinois. Et je n'évoque pas le nombre de fois où on nous demande toujours de payer un, deux ou trois yuans de plus (je parle toujours des transports du genre mini-bus pour des trajets pas très longs et pour lesquels aucun "vrai" guichet ne vend de billets). Parfois, j'obtiens le même prix que les Chinois lorsque je sais s'ils font le même trajet que moi et que j'entends le montant que leur demande l'employé; mais parfois je n'ai pas de point de comparaison et ne peut savoir si le prix est juste ou pas... J'imagine que la Chine n'est pas le seul pays à exercer ce genre de pratiques mais c'est la première fois que je l'expérimente et surtout que j'en ai conscience; je veux dire que je le sais puisque malgré mon faible niveau de chinois, je comprends quand même bien les chiffres et me rends compte si le prix est le même ou pas....

Il y a un aspect que je n'ai pas encore évoqué (que j'avais déjà rencontré lors de mon premier voyage en août) qui cette fois-ci m'a véritablement rendue méfiante et désormais distante envers les Chinois : sous l'abord de conversation et de curiosité amicale, il s'est souvent avéré que mon interlocuteur (trice) était soit un rabatteur pour tel ou tel bus ou bateau ou cherchait en fait à m'amener dans sa boutique dissimulée un peu plus loin... Bref, notamment dans le Yunnan, il n'est presque pas un jour sans que je me sois faite piéger de la sorte. On ne me forçait à rien et je n'ai pas perdu d'argent ni rien, c'est juste que je me sentais vraiment dépitée : alors que je croyais naïvement avoir rencontré une personne sympathique avec qui échanger en chinois, il s'avérait en fin de compte que le seul objectif de cette personne était de discuter avec moi pour m'amener petit à petit à me vendre tel trajet ou tel objet ou dieu sait quoi...
Je me souviens d'un exemple dans un village près de Dali. Je cherchais à traverser le lac Erhai mais n'avais trouvé qu'un embarcadère où le prix était monstrueux (150 yuans !!). Je me suis dis que dans le village devait sûrement se trouver des petits embarcadères avec des bateaux plus économiques et alors que je me promenais dans le village, j'ai croisé deux vieilles femmes en habit tradtionnel qui m'ont souri gentiment. Et puis; elles ont commencé à me parler dans un mandarin que j'avais bien du mal à comprendre mais elles étaient vraiment sympas. Evidemment, au cours de la conversation, elles m'ont demandé où j'étais allée et où j'allais. Je leur ai alors expliqué mon projet et en ai profité pour leur demander s'il y avait d'autres embarcadères dans le village. Et là; elles se sont lancées dans de grandes explications auxquelles je n'ai rien compris. En fin de compte, l'une d'elle a disparu dans une maison un peu plus loin et a réapparu quelques minutes plus tard en brandissant un carte de la région puis elle a m'a menée dans une ruelle un peu plus loin où elle m'a montré une belle voiture. Puis elle a parlé de 150 yuans en me montrant la carte et la voiture. En gros, elle proposait que quelqu'un me conduise dans différents villages autour du lac. Le problème; c'est que le matin même, j'avais déja vu l'un de ces villages et qu'il était déjà 15h ou 15h30 et que la nuit arrive vite en hiver. Enfin; si le prix n'était finalement pas si élevé que cela vu ce qu'elles proposaient, je n'avais quand même qu'une confiance limitée en elles. Et puis; comme je ne comprenais pas tout ce qu'elles me disaient, je craignais de ne laisser échapper quelques détails importants dans leur proposition et qui risquaient peut-être de poser problème ensuite. Ainsi, même si j'ai réussi à faire tomber le prix à 80 yuans, j'ai décidé de renoncer à ce projet. Peut-être tout ce serait-il très bien passé, sans "entourloupes", mais j'ai rencontré pas mal de voyageurs qui se sont fait arnaquer; ce qui n'aide pas à avoir confiance....

Ce n'est qu'une petite anecdote parmi de nombreuses autres mais c'est pour dire que maintenant, lorsque je voyage et que des Chinois se montrent amicaux, je mets beaucoup plus de temps qu'avant à répondre à leur gentillesse. Cela dit, j'ai rencontré des Chinois très serviables et très sympathiques; ce qui permet de rééquilibrer un peu la balance mais malgré tout ce n'est pas suffisant pour changer mon opinion. Exemples de Chinois sympas et DESINTERESSES (ce qui est une qualité très rare ici) : un couple de Chinois à Yuanyang qui m'a invitée à dîner avec eux après nous être rencontrés par hasard dans la rue et qu'ils cherchaient leur chemin tout comme moi et avec qui j'ai passé une partie de la journée suivante; un autre couple de Chinois,  des touristes, à la recherche de la gare routière (comme moi) et avec qui j'ai fini la journée et qui m'ont offert plein de choses à manger; une autre chinoise près de Kunming qui m'a prise sous son aile.... En fait, la plupart étaient souvent des touristes, des gens assez ouverts et qui parlaient plus ou moins anglais. Par contre, je n'ai pas rencontré de villageois, par exemple, qui se montrent amicaux (alors que le Lonely Planet dit que, dans les villages à l'écart des touristes, il serait étonnant que l'on ne vous invite pas à partager un repas); ils refusaient d'ailleurs d'être pris en photo ou demandaient de l'argent en contre-partie. 
Le Chinois le plus sympa et désintéressé que j'ai recontré est en fait un commerçant ! C'est un vieil homme qui s'occupe d'une boutique de peintures et de calligraphies dans le joli village de Tongli (près de Suzhou). Alors que je flânais dans la rue en essayant de ne pas trop regarder les étalages des boutiques pour que les commerçants ne m'interpellent pas pour me proposer leur marchandise, le vieil homme assis près de la devanture de sa boutique m'a demandé en anglais si j'étais Française. Et après avoir répondu que oui, il a entamé une vraie conversation (plutôt en chinois) car il adore le français et il connaît très bien un Français dont il m'a montré des lettres et tout ça. Bref, il était ravi de parler avec une représentante de ce pays ! Il était très amusant car il essayait de prononcer des mots de base en français mais avec un accent tellement fort que je ne parvenais même pas à deviner s'il s'agissait de mots français ou pas. A la fin, il m'a proposé de calligraphier mon prénom en le transcrivant avec des caractères chinois (il a un livre spécial où un nombre impressionnant de prénoms français sont répertoriés auxquels correspondent la transcription phonétique en caractère chinois), le tout gratuitement évidemment. Bref, cette anecdote est assez marquante car rencontrer des Chinois qui ne cherchent pas à tirer profit de vous est déjà rare mais qu'en plus ce soit un commerçant !!! Ainsi, presque chaque jour, j'ai quand même eu la chance de faire de jolies rencontres, mais si elles méritent d'être citées c'est qu'elles tranchent avec l'attitude des autres...

Pour finir cette introduction, je dirais que, depuis ce voyage, je sais de moins en moins ce qu'est la Chine et qui sont les Chinois. Il n'y a aucun point commun entre les immeubles ultra-modernes de Shanghai et les masures délabrées des villages perdus du Yunnan, il n'y a aucune ressemblance entre les femmes élégantes et branchées des grandes villes et ces femmes en costume traditionnel dans les villages. Pour ma part, je ne considère pas le Yunnan comme une province chinoise tant il est vrai que les différentes minorités qui la constituent ont leur propre culture (coutumes, vêtements, architecture... ) et surtout une langue qui n'a rien à voir avec le mandarin. Ce n'est certainement pas évident pour le gouvernement central de Pékin de s'imposer dans ces provinces lointaines que sont le Yunnan ou le Xinjiang (sans parler du Tibet). Avant de venir en Chine, je ne m'étais jamais vraiment intéressée en détail à ce pays et pour moi la Chine, c'était uniquement celle des Han, la Chine que l'on connaît plus ou moins, celle de Pékin, de la muraille de Chine, de l'armée de terre à Xi'an ou des jardins chinois de Suzhou et si, effectivement, cette Chine est superbe et très riche sur le plan culturel; j'ai vraiment eu un coup de coeur pour le Yunnan. Je pense que les provinces voisines où habitent de nombreuses minorités sont aussi trés intéressantes à voir et qu'elles offrent ce même contraste saississant avec la Chine des Han. 
Donc à la question, qui sont les Chinois ? Je n'ai pas de réponse. Le pays est si vaste, ce n'est donc pas étonnant qu'il y règne une telle hétérogénéité entre les peuples, les paysages et les modes de vie.

Depuis que je suis en Chine, j'ai vraiment le sentiment d'un pays de contrastes mais maintenant j'ai tendance à penser que cela va même au-delà et que c'est un pays de contradictions... d'où la fascination qu'il exerce sur chacun...  Et, au final, ce que je ressens pour la Chine au bout de six mois s'apparente à un "je t'aime moi non plus"...

 

 

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Published by armel - dans Généralités
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commentaires

Miyu-chan 02/03/2008 11:18

Aaaah, enfin de retour !!! Et c'est parti pour de nouveaux articles (l'attente fut longue !)

armel 02/03/2008 11:45

Et oui, désolée, mais je n'aime pas écrire sans les accents (déjà que je fais pas mal de fautes !) et comme j'ai tendance à être bavarde, c'est difficile de monopilser un ordinateur suffisamment longtemps dans les auberges de jeunesse (à moins d'aller dans un cybercafé). 

Maïwenn 28/02/2008 14:05

Il y a beaucoup de Chinois dans ma fac, et ce que tu dis maintenant se rapproche de l'idée que j'en ai, malheureusement... A vrai dire je me demandais comment toi ou Alex pouvaient apprécier un séjour là-bas, vu l'image que j'avais de vos hôtes. Donc maintenant on est sur la même longueur d'onde...En même temps, je suis triste de savoir que tu as trop frotté le vernis et qu'il est parti, j'espère que ça ne va pas trop entâcher ton enthousiasme pour la fac de Qingdao ! :-)

armel 28/02/2008 17:59

Et bien, comme je l'expliquais plus ou moins, dans ma vie quotidienne en Chine, tout se passe très bien car j'ai la chance d'avoir des étudiants très agréables. D'autre part, malgré tout, je me vois bien rester encore un an de plus en Chine. Cela me désole de donner une mauvaise image des Chinois alors qu'il y en a qui sont si gentils, mais effectivement j'ai peut-être trop frotté le vernis. Je conserve néanmoins tout mon enthousiasme; donc tout va bien !

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