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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 17:07

 

Après les fêtes de fin d'année, les examens ont tout de suite débuté puisque dès le 2 janvier, mes étudiants avaient leur contrôle de civilisation - préparé par mes soins - que je surveillais. 

Avant de vous parler des examens, je vais pousser un nouveau « coup de gueule » contre l'organisation dans le département de français de l'université. Non seulement on ne m'a prévenue qu'une semaine à l'avance du début des examens mais jusqu'au dernier moment, personne n'était capable de me dire à quelle date exactement ils commenceraient. Ensuite, on m'a appris que j'étais censée donner une note d'évaluation pour chaque classe selon différents critères (sérieux, motivation, participation...). En fait, je ne sais pas exactement car personne n'a vraiment pris la peine de me traduire le document écrit tout en chinois, d'autant plus qu'en réalité, on ne m'a pas laissé le remplir. Ma directrice a dû le faire à ma place et on me l'a juste fait signer avant même qu'il ne soit complété. Il s'avère donc que j'ai signé pour quelque chose dont j'ignorais le contenu car je ne sais pas du tout quelles notes ont été données. Connaissant leur façon d'être, je ne m'inquiète pas trop, je suis certaine que l'évaluation était positive mais quand même ! Je ne supporte pas que l'on me traite comme une quantité négligeable, celle qu'on laisse sur le banc de touche, comme si je n'avais pas mon mot à dire ! Et lorsque j'ai essayé de leur expliquer que j'aimerais bien, si ce n'est remplir le document, au moins voir quelles notes avaient été attribuées, je ne sais comment, mais la directrice a réussi à ne pas répondre à ma question et à passer à un autre sujet. Ils sont impossibles ces Chinois ! Ggrrrrrr. 
Et le show continue car l'on m'a annoncé que je devais noter les examens (ils sont tous sur 100), bien sûr, mais également donner une note de comportement en cours sur 100 pour chaque étudiant dans chaque matière. La question est : comment fais-je pour la plupart des étudiants de 4ème année que je n'ai jamais vus en cours ??? La réponse : « Tu leur mets le minimum ». Question d'Armel : « Ce qui veut dire ? ». Réponse de la directrice : « Et bien, tu mets une très bonne note pour ceux qui viennent en cours ». Question d'Armel : « Une très bonne note, cela signifie-t-il le maximum ? ». Réponse : « C'est ça, oui, peut-être tu peux leur donner 100 points ». Question d'Armel : « Ah, je vois. Et le minimum, alors, c'est combien ? ». Réponse : « Moins de points que ceux qui viennent en cours ». Question d'Armel : « Oui, mais faut-il leur donner la moyenne ? ». Réponse : « On leur met le minimum, peut-être 60 ou 70... ». Et encore j'oublie des phrases mais les conversations avec la directrice sont toujours aussi pénibles et laborieuses pour obtenir une réponse claire. Quant elle ne renvoie pas la question aux calendes grecques, elle répond à côté ! J'ai eu de la chance d'obtenir une réponse cette fois-ci. 
Conclusion : on donne la moyenne à n'importe qui, donc pour les examens, ils auront forcément tous la moyenne, d'une façon ou d'une autre (même si on m'a demandé de préparer des « examens B » de rattrapage). Autrement dit, c'est du gros « foutage de gueule » si vous me passez l'expression. Ce n'est pas que je souhaite pénaliser mes étudiants et leur donner de mauvaises notes – je ne suis pas aussi sadique que cela ! - mais certains étudiants ne méritent vraiment pas la moyenne. Au séminaire des lecteurs de français à Pékin en octobre, j'avais entendu dire que les examens à l'université étaient pratiquement donnés aux étudiants mais je n'y croyais qu'à moitié. Et bien, non, c'est la même chose dans cette université, apparemment... Ce qui m'agace encore plus, c'est qu'ils font de ces examens un événement très sérieux. Je suis ainsi censée, après correction, remplir une feuille avec statistiques et analyses de l'examen en question pour savoir pour quelle raisons tel ou tel exercice a été bien réussi ou le contraire,... Je dois également noter sur une feuille le comportement des étudiants pendant l'examen. Il me semble que j'aie encore une autre feuille à remplir mais comme on m'a annoncé tout cela d'un coup avec beaucoup d'imprécisions, j'ai un peu de mal à tout comprendre ! Et encore une fois, personne ne m'avait dit que j'aurais tout cela à faire. Ne croyez pas que je rouspète parce que cela me fait du travail en plus, c 'est surtout que si l'on me l'avait dit dès le début de l'année, j'aurais peut-être été plus attentive au comportement, au sérieux, au travail des étudiants pour pouvoir noter de façon plus objective. Je connais bien mes étudiants (ceux qui viennent en cours, tout au moins) mais j'aurais pu noter des remarques qui m'auraient aidée à les évaluer de façon plus juste, peut-être. 
Bref, c'est du grand n'importe quoi, comme à l'habitude. Je me demande tout le temps ce que mon cher département va encore inventer. Et comme de bien sûr, je n'ai aucune idée de mon emploi du temps du second semestre : ce serait trop demander. J'imagine que je le saurai le 2 mars, veille de la reprise des cours....

Pour en revenir aux examens, c'est la première fois que je préparais des examens et j'avoue que je n'étais pas sûre de moi quant à la quantité ou la difficulté des exercices car, évidemment, on m'a laissée libre de faire les examens à ma guise. Pourquoi me plaindrais-je alors qu'on me laisse toute lattitude dans mon travail ? N'est-ce pas la belle vie ? Certes, je sais que je détesterais un chef inquisiteur mais je n'en déteste pas moins un chef indifférent.

Je pensais que mes examens étaient plutôt faciles mais il faut croire que je les avais mal calibrés. En tout cas, en les corrigeant, j'ai appris beaucoup de choses ! 
Ainsi, à la question, « citez deux pays qui ont été des colonies françaises », j'ai appris que l'Italie, l'Allemagne, les Etats-Unis, la Suisse, l'Egypte et Monaco étaient d'anciennes colonies. Mais la palme revient certainement à cette réponse qui est revenue dans au moins 4 copies : la Chine. Sachant que l'on m'a également proposé l'Inde et l'Indonésie, je soupçonne mes étudiants d'avoir fait un amalgame avec le mot « Indochine ». J'ai également eu droit à une réforme de l'orthographe du mot « Algérie » que j'ai retrouvé écrit de façon très originale : Algie, Algire, Argien, Amien, Alegique.... Je sais que les étudiants connaissaient la réponse mais – et c'est là l'un des gros problèmes des étudiants chinois en général – ils ont toujours une orthographe très approximative. Ils photographient le mot globalement (si j'avais posé cette qestion en QCM ou vrai/faux, ils auraient tous su la réponse) mais lorsqu'il s'agit de restituer le mot avec son orthographe exacte, on obtient des réponses qui, parfois, deviennent très farfelues. Il va falloir que je trouve un moyen de les aider à s'améliorer dans ce domaine.

 

Autres jolies perles :
  

1) à la question : « Qu'est-ce que le PACS ? » J'ai obtenu des réponses assez amusantes telles que « Avant l'union libre, les amoureux écrivent un traité qui peut les aider à vivre ensemble, plus stablement » (j'ai corrigé les fautes). On voit que l'étudiant a appris son cours et qu'il voulait parler d'un contat mais ne se souvenant sans doute plus du mot, il l'a remplacé par « traité » ce qui donne un sens assez drôle à la phrase); ou encore « Quand deux personnes sont amoureuses mais ont le même sexe, on les appelle le PACS ».

2) à la question : « Que fête-t-on lors de la fête nationale, le 14 juillet, en France ? », un étudiant a répondu « l'indépendance de la France » et celle qui m'a faite le plus rire « la prise de la Pastille » !! Ah, là, là, la phonétique ! Le « p » et le « b » font partie des grandes difficultés phonétiques des étudiants chinois qui ont beaucoup de mal à faire la différence entre les deux. Le problème, c'est qu'encore une fois, je vois que l'étudiant sait la réponse mais je ne peux pas lui accorder le point car la phrase perd tout son sens avec ce mot. Et pour chaque question, ce dilemme se pose : je vois qu'ils savent la réponse mais ils l'écrivent avec une orthographe incorrecte, donc je ne ne peux pas vraiment compter cela comme bon. Mais si j'enlève des points pour ce genre de fautes, et bien... il ne reste pas beaucoup de bonnes réponses ! 

3) Autre question : « Que signifie le sigle de la région PACA? », je suis tombée sur cette réponse originale « Province Autour de la Côte d'Azur » ou « Pyrénées Alpes Côte d'Azur » ou « Provence Alpes Cannes ». 

4) A la question : « Citez 3 éléments qu'une personne invitée chez des amis peut faire/dire ou ne pas faire/dire en Chine et en France. », une éudiante a répondu, de façon un peu mystérieuse : « Ne tenez pas la poule ou les autres volailles aux doigts, à table ». Je pense qu'elle voulait dire qu'il ne faut pas manger avec la viande avec les doigts... Autre réponse « En France, le maître reste dans la maison et laisse le guest retourner seul ». Joli mélange linguistique ! Autrement dit, le maître de maison ne raccompagne pas les invités jusqu'à la porte. J'ignore où l'étudiante a été chercher cette idée... Et encore, « En France, on fait la bise et on ne demande pas l'âge à une femme. En Chine, on tient la main et et on demande toutes les informations sur elle ». Vous allez tout de suite penser que les Chinois sont des dragueurs invétérés mais non, il s'agit ici de simples maladresses d'expression, « tenir la main » étant « serrer la main » et « demander toutes les informations » signifie « il n'y a pas de sujets tabous ». Autre réponse amusante : « En Chine, la modestie est une bonne manière si on dit que tu es jolie, tu dois dire : « non, je ne suis pas jolie ». Mais en France, tu peux dire « Merci beaucoup ». Autre étudiante : « En Chine, les bonnes manières, c'est : arriver à l'heure à une soirée, dire à ses invités « Désolée, je n'ai pas bien préparé » malgré une bonne préparation; être toujours modeste et discret. Mais en France, c'est poli d'arriver en retard de 15 minutes, de dire « J'ai tout préparé spécialement pour vous », d'être sympathique et pas discret. C'est la différence culturelle. » Si c'est elle qui  le dit, c'est que cela doit être vrai.... 

 Lorsque je lis ces réponses, je me demande si j'avais bien les mêmes élèves en cours.... Ils font de simples remarques des affirmations, des vérités. Il faudra que je leur apprenne la nuance ! Quoi qu'il en soit, ce n'est pas très facile à corriger mais c'est intéressant à lire. J'aurai certainement l'occasion de vous proposer un autre recueil lorsque tous les examens seront passés.

P.S : ne croyez pas que je me moque de mes étudiants. Je serais bien incapable de répondre à toutes ces questions si elles étaient en chinois. C'est simplement que les erreurs des apprenants sont en partie dues à la structure de leur langue et qu'elles nous renseignent donc, d'une certaine façon, sur la langue et la mentalité chinoises; ce qui est intéressant !

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commentaires

Miyu-chan 08/01/2008 06:09

Hm ... mais pourquoi on ne pourrait pas mettre une bulle aux étudiants qui ne viennent pas, tout simplement ? cela pourrait les "motiver" pour venir en cours (niark niark) !

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